Reviews

Viewing posts from the Reviews category

15.04.2014 : Orangerie (Botanique). Wild Beasts : dualité contrôlée

En une petite dizaine d’années et quatre albums remarquables – dont le dernier opus Present Tense sorti le 24 février de cette année – Wild Beasts s’est imposé comme une des formations incontournables au Royaume-Uni. Une notoriété qui s’est étalée bien au-delà de la Manche et jusqu’en Belgique, réunissant sur son passage quelques centaines de fans venus assister à la cinquième performance des bêtes sauvages à l’Orangerie.

Read More

19.03.14 : Jel + The Notwist @ Orangerie (Botanique, Brussels)

Du hardcore à l’expérimental en passant par le rock, cela va faire 25 ans que The Notwist explore le spectre musical à coups de virages à 180 degrés. Tantôt adulés (“Neon Golden”), tantôt dédaignés, cette fois ils reviennent avec un album à la geekerie hybride qui doit encore faire ses preuves sur scène. Verdict ?

Read More

Tinariwen @ l’Ancienne Belgique : 09/03/2014

Nous sommes dimanche soir, 19h30, heure fatidique à laquelle le petit peuple se prépare mentalement à encaisser une nouvelle semaine de dur labeur. Et bien ce soir, je romps la malédiction et m’offre un échappatoire de deux heures dans la chaleur aride du Sahara. En effet, c’est en grandes pompes que l’Ancienne Belgique accueille Tinariwen, piliers du Blues Nord-Malien.

Read More

Clear Soul Forces @ Atelier 210 – 05/03

La nouvelle recrue du prodigieux label hip-hop Fat Beats est venue se présenter mercredi soir au public belge pour présenter son deuxième album Gold PP7. Un titre on ne peut plus évocateur, recréant parfaitement  l’atmosphère dans laquelle baigne notre collectif américain.

Read More

Danny Brown & Vic Mensa @ Botanique : 28/02

Danny Brown

L’incontestable pluie belge nous a ramené des tréfonds de Detroit un homme revendiquant une excentricité hors norme, devenue symbole de son authenticité. Daniel Dewan Sewell aka Danny Brown, est un rappeur au vécu plus que rebondissant. Dès son plus jeune âge, il alterna entre une vie de dealer de came dans les ruelles les plus sombres de la ville fantôme et une vie carcérale. Malgré ce passé dévastateur, une passion florissante pour le “hip-hop” baigna le quotidien de Daniel dès son plus jeune âge. Ce ne sera qu’en 2007 que la conscience de celui-ci reprit le dessus et l’amena à s’investir pleinement dans la pratique de ses lyrical skillz. Ce sera dans ce cadre-là qu’il sortira les 4 mixtapes “Detroit State Of Mind” où l’on peut remarquer la présence de producteurs tels qu’ Apollo Brown, J Dilla, Black Milk, Waajeed, DJ Babu et bien d’autres encore.

In kindergarten I’d say I wanted to be a rapper and people’d just laugh at me. ‘That’s a pretty funny job,’ they’d say.

2010 fut l’année “révélation” pour Danny, l’année où il découvrit sa nouvelle identité vocale (une voix pitchée rendant sa voix bien plus aiguë qu’à son habitude). Ce passage est caractérisé par sa track : “The Hybrid”. Une reconversion totale de rappeur thug addict aux blunts & instrumentales J-Dilla à un rappeur cyborg-addict aux substances chimiques & aux beats grime-electronic. A partir de ce moment-là, son ascension ne se fait plus attendre. Refusé sur le label G-Unit à cause de ses tenues vestimentaires trop “extravagantes” pour l’image du label, il se fait repêcher par le label Fool’s Gold du producteur DJ A-Trak. Dès lors, Danny enchaîne albums (“The Hybrid”, “XXX” et “Old”) et EPs (“The OD EP”, “The Bruiser Brigade” & “Black & Brown”) qui s’ensuivirent d’un succès international affolant.

La marque Carhartt WIP décida alors d’organiser la tournée européenne de Danny Brown afin de promouvoir son dernier album en date: “Old”. Celui-ci se réfère à l’expérimentation musicale à laquelle est sujet Danny Brown tel que sur son morceau “Dubstep”, sans oublier ses bonnes vieilles habitudes de rappeur du Michigan comme on peut le remarquer sur “The Return” avec le rappeur de Chicago Freddie Gibbs. C’est avec grande impatience que l’Orangerie s’apprêtait à nous dévoiler ses invités américains.[soundcloud id=’114413750′ width=’100%’]

Vic Mensa

Le rappeur Vic Mensa fit alors irruption sur scène, tandis que le DJ essayait de chauffer la foule en vain. En effet, les américains n’ont pas l’habitude des publics européens qui ont cette caractéristique d’être moins excités qu’aux USA. C’est à travers des mouvements et gesticulation à tout va que notre jeune talent de Chicago a pu prouver à son public que même un lutin est largement capable d’assurer un show de qualité. En effet, ce rappeur a déjà parcouru un bout de chemin avec son ancien groupe Kids These Days et s’est lancé récemment dans une carrière solo avec une première mixtape gratuite “INNANETAPE” où apparaissent des artistes tels qu’Ab-soul, Thundercat, Jesse Boykins et bien d’autres encore. Il marqua tant bien que mal le public par son énergie débordante, sa manie d’arroser la foule d’eau et ses tatouages: “1993” et “Still Alive”. Mais ce n’est pas tout, mes yeux furent également témoins d’une scène portant une forte connotation symbolique: un fan n’ayant pas supporté l’idée de se faire arroser, a donc riposté en lançant à son tour de la bière sur Vic Mensa. Morale de l’histoire : on n’arrose pas le public belge d’eau minérale mais bien de bière !

[soundcloud id=’113270970′ width=’100%’]

Une tension se fit sentir à l’intérieur de la salle de concert, tout le monde attendait avec impatience l’arrivée du porte-parole de cette nouvelle vague de hip-hop. Dès son arrivée sur scène, le public s’est rapidement plongé dans l’univers tordu de Danny en adoptant la “flexin’ attitude” tout en se bousculant d’un côté comme de l’autre de la salle à travers des pogos. Après quelques tracks, celui-ci énonça d’une voix nasillarde : “Hiiiiiiii, I’m Danny Brown and I’m happy to be here”  suivi d’une intervention portant sur son intention de finir rapidement son show pour profiter de la nightlife bruxelloise. On entendra lors de sa performance des sons tels que “Jealousy”, “Blunt After Blunt” ou encore “25 Bucks”. Hormis le caractère délirant de son show, une petite déception contamina l’assemblée. En effet, le public s’attendit à un rappel de l’artiste qui ne reviendra finalement pas, le concert se termina donc brutalement. C’est avec un goût amer que les fans partirent ce soir-là malgré l’euphorie provoqué par ces courts instants. La suite de cette soirée ne pouvait, selon nous, finir que d’une seule façon…

[soundcloud id=’114413768′ width=’100%’]

Et pour les plus intéressés d’entre vous, voici un documentaire sur la ville de Detroit où Eddie Huang rencontre l’univers dans lequel baigne Danny Brown.

 

Shlohmo @ VK – 28/02

Après avoir raté son concert au festival de Dour, je ne pouvais que me réjouir d’assister à la deuxième apparition sur notre plat pays du jeune Shlohmo, DJ prometteur de la scène Hip-Hop experimental. Et pour tout vous dire, j’en ai encore les oreilles qui sifflent.

Read More

ABBota 2014

Comme chaque année, l’ABBota nous sert une affiche alléchante pour tous les amateurs de musique rock-pop-alternatif! Les artistes choisis pour cette nouvelle saison sont les dix meilleurs groupes belges du moment (nous en présenterons cinq ici, en l’occurrence). De ce que mes oreilles en ont entendu, et de ce que mon corps en a ressenti, la sélection est excellente!

Oh man… Comment vous décrire ce que nous a concocté cette collaboration annuelle entre l’Ancienne Belgique et le Botanique…? Ce fut explosif et jouissif!

Le coup de feu est lancé à 19h à la Rotonde avec le quatuor dynamique de Billions of Comrades avec leurs compositions aux styles éclectiques: electro, indie, groovy, underground et à la fois rock (pas évident, en effet)! C’était le premier groupe de la soirée, et l’on comprend tout de suite pourquoi ces jeunes gens (originaires de Tubize) ont remportés le premier prix lors du Concours Circuit (pop-rock) de 2012! Le groupe nous enchante en débutant quelques morceaux avec des mélodies presque trop douces pour du “rock”, pour ensuite switcher avec une nuance plus prononcée pour la batterie. La voix puissante du chanteur nous entraine tous, même si la salle n’est malheureusement pas encore très remplie à cette heure-ci, il a une présence scénique qui nous emporte malgré tout. Sur toutes les chansons proposées pour ce début de soirée, Billions of Comrades nous démontre qu’il y a une recherche très affirmée sur la rythmique de la batterie et que l’accent est mis sur la voix du chanteur. Sur l’une des dernières chansons, on a l’impression de pouvoir se laisser mourir juste en l’entendant et que tout a été dit et ressenti: la montée en crescendo accompagnée du jeu de lumières à nous rendre épileptique, clôturent ces premières quarante minutes de rock où tous se dandinaient volontiers! Les forts applaudissements suivirent et étaient amplement mérités!

Billions of Comrades

http://soundcloud.com/billionsofcomrades

https://www.facebook.com/pages/Billions-Of-Comrades/173571389332320?fref=ts

http://billionsofcomrades.bandcamp.com

Il est ainsi temps de tous se diriger tel un troupeau de moutons vers l’Orangerie pour découvrir Hittsville Drunks, un petit quatuor assez folk et rock qui nous vient tout droit de Flandre et dont leur premier album “Sincerely Average” est disponible depuis février 2014. Le ton est donné par la voix assez particulière du chanteur! En effet, avec son petit grain dans la voix il nous fait penser à un crooner américain et même presque à Bono (U2). Le rythme dansant de leurs compositions emportera toute la salle. On cerne vite qu’ils ont un faible pour les mélodies amoureuses lorsqu’on discerne bien les mots “true love” et “the one I’ve loved” entre autres. Ce romantisme est agréablement accompagné de solo à la guitare très travaillé et technique, délibérément introduit par le chanteur. Nous découvrons également une seconde partie avec des reprises de morceaux tels que “Crackin’ up”. Les notes finales de leurs morceaux sont assez sonores et harmonieuses, bien maîtrisées (on sait prédire que la chanson se termine et que l’on peut se préparer à applaudir! Ce n’est pas toujours manifeste chez d’autres artistes.). Entre chaque chanson, le chanteur tient à avoir un contact avec son public en leur présentant le titre ou le style du morceau suivant, ce qui est toujours très apprécié par le public en général.

 

Hittsville Drunks

https://www.facebook.com/HitsvilleDrunksfeat.MauroPawlowski?ref=stream

Le troisième artiste de la soirée à nous étonner est Nicolas Michaux qui sort clairement du lot! De par son style, sa présence incroyable sur scène, faisant presque l’amour à son synthétiseur et/ou micro, et ses mélodies enchanteresses, cet artiste est un ovni qu’on est ravi de revoir et ré-écouter! Dans cette petite salle qu’est la Rotonde du Botanique, le public y avait pris place en s’asseyant sur les marches ou à même le sol, pour mieux écouter les balades rock-folk et admirer Nicolas. Car au fond, on s’y sentait comme dans un showcase privé, proche de l’artiste. Et quand bien même lorsque les agents de la sécurité ont fait  se relever ce public émerveillé, même debout les corps se balançaient de gauche à droite. Lorsque la voix très douce et agréable du chanteur se pose sur des paroles version française, on penserait presque à Saez. Le romantisme frais qui se dégage des mélodies et des paroles (Fr-Angl) de Nicolas Michaux nous donne l’envie de fermer les yeux et de sentir le soleil d’été sur notre peau. Le chanteur n’hésite pas à remercier son public d’accepter sa composition “Imposteur” dont il la définit comme étant érotique avec des paroles telles que “je cours entres tes jambes” ou encore “je ne suis nulle part sauf en toi”. Finalement, avec “Les îles désertes n’existent plus” sur un ton pêchu et très dansant, le public était totalement conquis!

Nicolas Michaux

21h30, apparait Mintzkov… ALORS LÀ…! (Mes notes sont anormalement longues pour ce groupe-ci…)
Premières secondes de musique, premier arrêt dans ma respiration! Celles-ci donnaient déjà un très bel aperçu du potentiel de ce groupe venant de Lier (Anvers) et qui a remporté en 2000 le Humo’s Rock Rallye! On place la barre haute, sachant qu’ils viennent de sortir leur quatrième album “Sky Hits Ground”. Ce groupe au look assez rock-dandy nous font penser aux groupes british tels que The Klaxons ou Artic Monkeys, mais à la belge! On note un très beau mix entre le rock attendu et l’accompagnement au synthé qui donne une touche d’originalité sans pour autant tomber dans un son de clavier banal et robotisé. Leur façon d’exprimer le style rock’n roll est électrisant, le ryhtme est soutenu avec une belle justesse. Tout cela réhaussé d’un peu de son punchy et groovy. La bassiste en tant que vocals renvoit un équilibre parfait entre une batterie chargée et prête à éclater et une mélodie aux paroles murmurées de sa voix fraiche, ce qui peut ressembler à la configuration des Smashing Pumpkins. Les mélodies sont élaborées et pointilleuses sur les pitch. La voix à la fois légère et nasiarde du chanteur emblématique ressemble par moment à celle d’Anthony Sinatra (Hollywood Pornstars). Ce groupe a définitivement su dompter la scène de l’Orangerie, ainsi que son public en feu!

Petite surprise à l’annonce d’une reprise provenant d’une chanson francophone: “You were wonderful, I was a wandering fool…” mais bien sûr! Le célèbre “Formidable” de notre Stromae! En rock live, me demanderez-vous? Hell yes, they did it and it was perfect!

 

Mintzkov

http://www.mintzkov.com

http://www.myspace.com/mintzkov

http://www.facebook.com/#!/pages/Mintzkov-official-fanpage/164401484644

Et pour clôturer cette soirée, les incroyables jeunes hommes de The Sore Losers, qui nous présentent du rock très “made in U.S.”. Mention spéciale pour les parties solo qui étaient affolantes et endiablées, comme du Rage Against the Machine (si si!). Au début on se dit que le solo lead guitar est maitrisé sur une ou deux compositions pour donner un bel effet, mais en fait non, celui-ci est parfait sur TOUTES les compo! Comme preuve d’emballement, tout le public hoche la tête et tape des mains (du début jusqu’à la fin) sur la rythmique travaillée, car ils nous donnent du vrai rock comme on l’aime! Aucune fausse note, tout était électrique et entrainant, surtout lorsque le lead guitar fait son solo quasiment couché sur le dos, en osmose avec sa guitare, conscient que ce moment est le sien. Sa dextérité était impressionnante et envoutante à la fois. Les riff ont été peaufinés pour que l’on se souvienne de chaque morceau. Ces jeunes savent profiter de la scène, ils s’éclatent, nous donnent envie de danser et ça on adore! Empressez-vous d’aller découvrir leur album “Roslyn”!

The Sore Losers

http://www.thesorelosers.be

https://www.facebook.com/thesorelosers

http://www.youtube.com/user/MySoreLosers

 

L’ABBota nous aura convaincu que la scène belge est une valeur sûre dans le rock-pop, et que la concurrence est rude!

Vivement la sélection de l’année à venir!

Girls in Hawaii @ Depot 20.02.

C’est avec un concert de nouveau soldout que les Girls in Hawaii marquent leur grand retour après la disparition brutale de Denis, batteur de la formation originelle et frère du chanteur Antoine Wielemans, il y a désormais près de trois années… Une renaissance ancrée d’une mélancolie qui hante les membres du groupe tout au long de leur prestation mais d’où émane également une force particulière qu’on ne leur connaissait pas.

Girls in Hawaii live

En effet, on dit souvent que c’est dans les coups durs que le musicien se rend compte à quel point son art occupe une place essentielle dans son cœur et dans son existence afin d’en dégager la force nécessaire à remonter la pente, celle de l’Everest, qui symbolise l’ascension presque insurmontable qu’a dû affronter le groupe après la disparition de Denis, mais qui symbolise aussi le nouvel album présenté sur scène ce jeudi au Depot.

C’est sans surprise que mes attentes quant à une ambiance pesante et intense ne font que se confirmer avec « Wars » en premier lieu, suivi de « Not dead » , titre phare de cet album, où l’on comprend que la passion et la vie ont pris le dessus. « Until I sleep, I’ll forever walk », comme ils le disent si bien.

 

Malgré cette nostalgie constante se hissent néanmoins des morceaux comme « Sun of the sons », « Time to forgive the winter » ou encore le morceau caractérisant le succès de leurs débuts « Found in the ground », qui nous rappellent la frénésie dont peut encore faire preuve Girls in Hawaii et qui est une esquisse de ce que représentait leur univers avant la tragédie, un univers de pop solaire et enjouée.


C’est ensuite avec leur morceau d’une beauté glaciale « Misses » ou encore «  Switzerland » et « Rorscach » que le groupe nous emmène d’une période à l’autre d’une manière envoûtante, entre recueillement et déchaînement.

Mais quel bonheur d’être transporté dans les méandres des souvenirs et des rêves de Girls in Hawaii le temps d’un set sensationnel de près d’1h45. C’est enfin avec leurs classiques comme « Birthday Call », « This farm will end up in fire » et le puissant « Flavor » que le set se clôture, un sourire jouissif exprimant tantôt allégresse, tantôt la tristesse toujours présent sur le visage du public.

Girls in Hawaii live 2

Plus qu’un concert, c’était également une leçon de vie : l’importance après la chute de pouvoir trouver la force de se relever. C’est cette capacité à pouvoir puiser dans l’absence, le deuil et la douleur une énergie éclatante qui fait de Girls in Hawaii un groupe à voir absolument sur scène et à bien sur écouter sans modération. Jamais la beauté du groupe n’avait atteint pour moi de tels sommets.

http://www.girlsinhawaii.be/

Fafa Legrain 13/02 @ Rock Classic Bar

Imaginez… Un café dans Bruxelles aux allures mystiques et chaleureuses. De la bonne musique rock en fond sonore berce l’endroit d’une ambiance joyeuse et agréable en attendant que l’artiste invité du jour monte sur scène…

Read More