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Les Nuits 2014 – Botanique 16.05.2014

A peine arrivée sur le site du Botanique à 19h18 que son parc est déjà bondé, l’ambiance estivale est toute dessinée. C’est dire! L’affiche de cette première nuit d’ouverture est presque parfaite, et connaissant l’organisation pour ces Nuits Botanique (devenues incontournables) il est préférable de venir à l’heure!

Ainsi à 19h30 tapante, ALB entre en scène sous le chapiteau, un jeune duo nous venant tout droit de France, composé de Clément Daquin et son batteur Raphaël. Dès les premières secondes, la batterie expérimentale raccordée au jeu de lumières nous électrifient et nous font entrer dans le monde particulier d’ALB. La voix puissante et suave du chanteur nous fait penser à un jeune chanteur rock made in US, mais avec une écoute plus attentive on peut palper toute la sensibilité de cette voix, passant ainsi d’une voix lisse sans défaut à des variations beaucoup plus recherchées et travaillées. Clément Daquin a ce timbre de voix particulier qui pourrait être comparée à celle de Mr. Hudson (US)! Et bizarrement, cette voix rock se marie à merveille avec leurs compositions electro-pop. Sur leur seconde chanson proposée, la guitare folk du chanteur donne un effet “dandy” à leurs ballades dynamitées, très rythmique et soutenue, elle nous fait sentir le soleil sur notre peau ainsi que le sable qui se glisse sous nos orteils tellement cette ballade est légère et parfaite pour les beaux jours d’été à bord d’un mini van. Sur “Ashes” la synchronisation entre le synthé et la batterie est bien rodée, si bien que ça part sur des tonalités un peu psychédéliques très appréciables. ALB a un léger penchant pour des morceaux romantiques, d’amoureux déchirés ou d’amants. On ressent tout de suite une belle cohésion entre le chanteur et son batteur, tout en accordant pas mal d’importance à leur présence scénique. Mention spéciale pour l’une de leur composition avec comme leitmotiv le son mythique de Mario (Nintendo) qui s’assimile fort au style de Totally Enormous Extinct Dinosaurs (UK).

http://albwhispers.com/

Les Nuits 2014 - Botanique 16.05.2014

Les Nuits 2014 - Botanique 16.05.2014 -2

Première petite entracte auditive en attendant le second round. Posée sur les marches du Botanique, appréciant ce soleil tant attendu, je capte des bribes de conversations “Cats on Trees ça va être génial, tu verras!”, “Cascadeur te surprendra”, “Si c’est comme ça durant les dix jours des Nuits, je referai entièrement ma bibliothèque musicale”,… haaaaa MERCI Bruxelles!

Deuxième artiste de la soirée: Mark Daumail, chanteur pop français de la configuration Cocoon (avec Morgane Imbeaud). Il nous présente ce soir son premier EP “Mistaken“, essentiellement des compositions légères, calmes et amoureuses. Toute l’impulsion est mise sur sa voix nasillarde qui pousse volontiers dans les aigües, un peu comme Adam Levine des Maroon 5 (US). Le chapiteau du Botanique est rempli pour cet artiste connu qui se lance à présent en solo, le public l’acclame et est très réceptif face à l’émotion de l’artiste. “Coconut” est LA chanson retenue par l’audience, ses sonorités un peu rétro l’émoustillent et le fait danser au fur et à mesure que les derniers rayons de soleil transpercent la tente du chapiteau. Cette chanson tant appréciable qu’appréciée reprend le chorus de “What I like about you” (The Romantics – 1979)(US) que tout le monde reconnait bien évidemment! Les dernières compositions proposées par Daumail sont très langoureuses et mélodieuses, l’ambiance y est tamisée pour clôturer son set rafraichissant. Très bel envol, majestueux et enchanteur!

https://www.facebook.com/markdaumailofficial

Les Nuits 2014 - Botanique 16.05.2014 - 3

 

En vingt minutes (le temps de changer d’équipe pour la régie) la foule s’amasse aux entrées du chapiteau pour attendre impatiemment Cats on Trees (FR), duo mené par Nina Goern et Yohan Hennequin. Même après leur tube “Sirens Call” , le public belge ne cesse de vouloir s’entasser sous cette tente soudainement devenue trop étroite face à un tel engouement! Cats on Trees semble nous ramener quelques années en arrière au temps de Cocoon (FR) avec “Chupee” et de The Dø (FR) avec “On my shoulders“, mais tout en étant plus sophistiqués, autant dans les mélodies que dans la technique vocale des deux artistes. Une belle symbiose se créée entre le groupe et ses spectateurs, ceux-ci chantent en chœur et applaudissent en rythme sur quasiment toutes leurs chansons. Les artistes sont à la fois émus et ravis de leur public belge conquis. Tout va en douceur et en simplicité et c’est bien ça la clé du succès pour emmener cette foule vers un dandinement quasi permanent, ils l’ont bien compris! C’est alors que Cats on Trees proposent de nous faire découvrir un tout nouveau morceau, pour la première fois en français, “Les bateaux“, que d’émotions. De nombreuses autres critiques musicales vous le prouveront, le succès de ces deux “chats” ne cessera de les mener vers les plus hautes cimes!

http://catsontrees.com/

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Dernier artiste attendu pour finir cette première soirée en beauté: Cascadeur, cet ovni français qui vaut largement l’attente (et le soucis technique avec l’ingénieur du son qui a duré quinze minutes)! Déjà, de par son entrée nébuleuse, on le trouve énigmatique cet Alexandre Longo. Car ceux qui ne l’ont jamais vu, ce jeune homme se produit sur scène arborant un casque de pilote mystique avec effets lumineux divers, accompagné de ses musiciens masqués également (à savoir un masque de catcheur ou de hockeyeur, au choix, recouvrant entièrement leur tête) et en combinaison de pilote de chasse. Et ils ont bien raison de miser sur le visuel car l’intrigue maintien le public alerte, la position de profil du bassiste et celle de dos du claviériste interpellent particulièrement. Mais c’est surtout les sons hypnotisants façon maison hantée, raccordés au jeu de lumières très sombres (toujours dans la pénombre, et lampes torches) qui nous laissent scotché par cette performance mélancolique hors du commun. Ensuite, il y règne une ambiance TERRIBLE à faire peur, les sons de clavecin ou encore la distorsion vocale sur “Walker” nous font frémir de bonheur. On note une très belle fluidité et émotion dans la voix d’Alexandre Longo lors de “The Odyssey” , joint par un petit son de clochette en fond qui donne un effet fantastique à tout ce mélange d’effets très calculés. Suivi d’un changement de ton assez radical sur “Ghost Surfer” où il laisse place à un beau solo de guitare rock, il nous montre qu’il joue sur l’inattendu. Cascadeur nous fait par moment penser à IAMX (UK) dans cette catégorie pop/indie, notamment sur “Baby Lone” , titre assez expérimental mais en gardant ce qu’il faut de douceur. Le meilleur moment fut lors de “Into the wild” où l’énergie se recentre tout à coup sur le chanteur, ses musiciens troquent leur instrument pour faire les chœurs, positionnés juste derrière le piano, le jeu de lumières y est sublime. Finalement, il remercie ce public belge en le qualifiant de “surréaliste”, car comme lui, nous avons des goûts musicaux éclectiques. Le compliment est retourné!

https://www.facebook.com/cascadeursound

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Pour conclure sur cette première des Nuits2014: ce fût définitivement trop court! Mais ils tiennent décidément toujours parole ces organisateurs en misant sur de belles line-up! Satisfaction garantie.

Et pour vous prouver que je ne mens pas, voici la petite vidéo résumant (en très gros) cette première nuit au Bota, publiée par Botanique Bruxelles: “Nuits 14 – first day” !

jagwar@Les nuits du bota-17.05.2014

Après un single et un premier album Howlin, le groupe Jagwar Ma – band tout droit venu d’Australie – s’est imposé comme les nouveaux Foals et tend à devenir la nouvelle sensation du moment outre-Manche. Composé de Jono Ma, de Gabriel Winterfield et de Jack Freeman, ce groupe vit le jour en 2011 et connait déjà un succès grandissant. Ce vendredi 17 Mai, BeatChronic était présent au Bota pour assister au live  du groupe Jagwar Ma, venu mettre à l’épreuve Howlin pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

Il est 22h35 et après une journée plutôt mouvementée, je me dirige vers le chapiteau hâtivement, entendant déjà vibrer de loin les premières notes de What Love, me maudissant intérieurement pour ma tendance à toujours être en retard. Me remettant petit à petit de ma course effrénée, je me fraye un passage parmi la foule afin d’être aux premières loges. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je constatai qu’en plus d’être bondé, le chapiteau n’était pas seulement empli de jeunes, mais également de personnes déjà dans la fleur de l’âge, preuve que la musique de Jagwar Ma plait à toutes générations confondues.

M’habituant petit à petit aux sonorités vibrantes des basses, je me concentre enfin sur les 3 artistes sur scène qui s’agitent nous envoyant des sons rythmés jalonnés par la voix de Gabriel Winterfield. Le groupe enchaîne avec la chanson Uncertainty, les premières paroles sont douces et plates nous mettant dans une ambiance mélodramatique avant de monter avec un refrain effréné. Le jeux des lumières et l’ardeur que le chanteur met dans chaque chanson change radicalement chaque chanson de l’album lui donnant un peps insoupçonnable.

Le rythme retombe un peu avec Exercise : on passe à une ambiance psychédélique où le chanteur joue avec son synthé vocal tout en maintenant cette connexion avec la foule. La fin de la chanson me surprit avec ses tonalités mi-orientales mi-tribales, on a vraiment l’impression de changer d’environnement musical en l’espace de 30 secondes.

 

Petite pause pour Jagwar Ma, un fan en profite pour glisser une lettre au guitariste. Gabriel Winterfield prend le micro et lance

Jagwar Ma - Nuits du Bota 17.05.2014

timidement deux trois mots en français et nous annonce la suite avec Let Her Go. Cette chanson a inexorablement eu le pouvoir de réveiller le reste de la foule et les connaisseurs commencent alors à entonner les paroles. Le guitariste se fait plaisir et se lâche complètement bondissant en jouant des sons qui rivalisent avec les basses de la chanson.

“You’re not the man I need, that’s what you said to me” rejoint le registre de la chanson précédente. Quelques fans se tentent à des pas de dance endiablés. Le guitariste suit la cadence à coup d’accord subtils nous plongeant dans un trip pop. On atterrit dans la version édulcorée et indie de Howlin.

Vers la fin du live, Jagwar Ma en vient à jouer Come and save me, le morceau qui fit connaître le groupe.

Les petits comiques nous font alors croire que c’est leur dernière chanson et s’en vont avant de lâcher “It was amazing! We really need to make a second album” avant de revenir après quelques minutes d’interminable doute et nous annonçant la suite et fin avec The Throw. Pure vision de bonheur ce track, une belle façon de finir en beauté un concert. Une track qui envoie tous nos doutes aux oubliettes laissant les coups de synthés emplir nos corps et nous laissant voguer avec la voix du chanteur. Ce fut la cerise sur le gâteau.

En deux mots : ces mecs sont incroyables : ils ont réussi à transformer les chansons sur scène de sorte à leur donner un côté éléctro et dance qui n’est pas sans déplaire. Et je ne remercierai jamais assez la personne qui m’a faite découvrir ce groupe!

Jagwar Ma - Nuits du Bota 17.05.2014. 2

 

 

 

AsideB, une nouvelle perle belge

Le 3 avril 2014, une perle vit le jour sur les réseaux sociaux. Le nouveau groupe AsideB sortit le teaser de son premier album Massalaow qui s’annonce plein de surprises. Avec un style décalé et mélangeant subtilement différents styles de musique, AsideB possède toutes les qualités d’un groupe prometteur.

J’ai tout d’abord découvert le groupe via une de leur première chanson Traviata sorti en avril dernier. Immédiatement transportée par le début instrumental de la chanson, je fus agréablement surprise en découvrant que le groupe avait magistralement su allier hip-hop, rap et acoutique.

Le début de la chanson pourrait faire penser aux ryhtmiques que l’on retrouve dans l’univers de Fakear qui est un artiste que j’affectionne particulèrement. Retrouver les mêmes percusions envoûtantes dans les chansons de ce nouveau groupe belge m’a tout de suite séduite et donné l’envie de me plonger dans leur univers poétique.

Il faut dire que ce groupe belge ne manque pas d’audace. Toutes leurs chansons sont une nouvelle surprise composées de styles que l’on aurait jamais imaginés interposer ensemble. L’exemple parfait de cette impeccable symbiose entre différents style est repris dans leur titre Assaï Dy Bé. La cadence de l’instru et de la guitare donne un côté doux à la chansons qui contraste avec les paroles : “I don’t give a fuck” scande-t-il, une chanson qui te pousse à te lever au nom de la liberté d’expression mais qui le fait tout en apaisant ton esprit contestataire.

AsideB revient en force en 2015 avec leur nouvel album composé de 6 titre lancés un par un chaque semaine afin de rassasier l’auditeur. Leurs morceaux sont en plus téléchargeables gratuitement sur Bandcamp.

Leur premier morceau Naka annonce bien la couleur et promet un second album surprenant. La chanson démarre avec une instru chill pour poursuivre avec un rap fluide mené par le chanteur Massa et enfin terminer par une drum and bass mais qui ne tranche pas avec l’allure menée jusqu’ici par les jeunes artistes.

Le reste de leurs tracks est actuellement disponible sur leur page facebook https://www.facebook.com/asideb ainsi que sur leur site Bandcamps.

 

 

Phat Kat @ Bravo – 9/05/14

“En mai, fais ce qu’il te plait”. Tout le monde aura été d’accord avec ce dicton vendredi dernier, car c’est bien l’un des artistes les plus proches du défunt génie musical J Dilla qui s’est produit dans la magnifique salle du Bravo. Vous n’y étiez pas ? Beatchronic est là pour vous replonger cette ambiance !

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Born To Use Mics

Pour bien vous ambiancer dès le début.

Au mois d’avril 1994, un jeune rappeur noir originaire du Queens (NYC) changeait la face du hip-hop en sortant un des albums les plus acclamés par les critiques de sa carrière, et considéré par beaucoup de rappeurs comme un pilier, si ce n’est un évangile : Illmatic, le premier album de Nas, sortait tout frais tout chaud du Chung King Studios  D&D Recording, Battery Studios, et du Unique Recording Studios, sous le label Columbia Records. Pour souffler la vingtième bougie (Et oui, 1994 c’était déjà il y 20 ans) de la sortie d’un album cité par certain comme les 40 meilleures minutes de l’histoire du hip-hop, un documentaire nommé Time is Illmatic est annoncé durant le courant de l’année 2014 (Il fit l’ouverture du Tribeca Film Festival le 16 avril dernier). Le documentaire retracera la vie du jeune “Nasty” Nas, a.k.a Nastradamus, depuis son rapide décrochage scolaire jusqu’à la sortie d’un album qui allait marquer à jamais l’histoire du rap.

“Supreme ill. It’s as ill as ill gets. That shit is a science of everything ill.”

– Nas, à propos du titre de son premier album.

L’occasion parfaite pour votre humble serviteur de vous replonger dans l’ambiance des quartiers de New-York en 1994, dans les bas-fonds des ghettos du Queens. Sortez vos capuches et bandanas, aujourd’hui on se met en mode East coast rap. Aight !

“I don’t know where to start this shit, yo”

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Le début des années 1990 s’annonçait plus que mouvementé pour le monde de la musique. Depuis l’émergence des raves anglaise dans le Berkshire jusqu’à l’explosion du grunge de Seattle en passant par ma naissance, la décennie s’annonçait décidément très prometteuse.

Enfin, sauf pour le rap East coast, qui se prenait à l’époque une rouste de son frère ennemi, le diabolique (mais néanmoins foutrement bon) rap West coast. Il faut dire, avec la sortie du légendaire Straight Outta Compton de la N.W.A en 1988 et de la pépite The Chronic de Dr.Dre sur son label DeathRow Records en 1992, le East coast avait du mal à suivre la cadence. Mais c’était sans compter sur le souffle créatif qui allait déferler sur le mouvement hip-hop de la grosse pomme dans les années à suivre.

“REPRESENT, REPRESENT !”

Un des premiers albums à se démarquer du mouvement rap hardcore de NYC fut Enta da Stage, des Black Moon, sorti en 1993 et dont est issu la petite merveille auditive que je vous ai servie en début d’article. On notera aussi durant cette même année la sortie d’Here Comes The Lords , le premier album des Lords of The Underground . L’année suivante (1994 pour ceux qui ont du mal avec les chiffres) fut un excellent cru pour le hip-hop New Yorkais, voyant venir au monde Ready To Die du regretté Notorious B.I.G, ainsi que Ill Communication des Beastie Boys, et bien-sûr Illmatic, de Nas. L’excellent album The Infamous, du duo Mobb Deep sortit un an après, en 1995. Autant dire que le rap West coast avait retrouvé un adversaire de poids. Le rap East coast comptait bien revendiquer que lui aussi, il savait manier le mic’.

“Nobody’s getting any bigger than this !”

il etait une fois dans le queen

… ou plus précisément dans le quartier de Queensbridge (Pour la petite histoire, Queensbridge est aussi le ter-ter de Havoc de Mobb Deep, de Blaq Poet, et aussi du Roi Heenok. Il faut bien un vilain petit canard…). Violeurs, meurtriers, voleurs, taux de chômage plus qu’élevé et bien-sûr des quantités astronomiques de crack, le quartier n’est pas exactement ce que l’on peut définir comme une charmante petite banlieue. Rongé par ses problèmes sociaux, l’endroit est fui comme la peste par les riches familles blanches, et seules restent les familles défavorisées, majoritairement afro-américaines. Durant la crack era, de 1983 à 1990, le quartier était une des principales places de vente au détail pour les dealers de crack. Ça y est, vous entendez les grondements des rails du métro et l’agitation des accros aux cracks sans-abris sous les arcades du chemin de fer de Long Island City ?

“Queensbridge, that’s where I’m from

The place where stars are born and phony rappers get done”

C’est dans ce sombre contexte qu’un jeune noir de moins de 20 ans, fils d’un musicien de jazz et déscolarisé assez jeune, se fera remarquer dans la scène hip-hop new-yorkaise en 1992 grâce à un couplet qu’il performe sur le morceau Live At The Barbeque du groupe The Main Source. Déjà comparé par certains au digne successeur du très talentueux Eric B. Rakim, il mettra deux ans à enregistrer son premier album, Illmatic, qui verra le jour le 19 avril 1994. 

 

 

 

“Back in 83′ I was an MC sparkin’

But I was too scared to grab the mics in the parks and

Kick my little raps cause I thought niggers wouldn’t understand !”

ilmatic

Très vite, Illmatic se fait encenser par la critique, et pour cause. Produit par plusieurs des plus grands noms de la scène hip-hop U.S (Large Professor de Main Source, Dj Premier de Gang Starr, Q-Tip  de A Tribe Called Quest,  ainsi que L.E.S) et , porteur d’une vision extrêmement réaliste de la vie quotidienne des ghettos, l’album est vite considéré comme un masterpiece. Abordant des sujets d’apparence classique dans le milieu (la religion, le deal, les meurtres, la violence, le bien, le mal, ta mère) d’une manière intelligente et parfois qualifiée de poétique, Nas réussit à expliquer la difficile condition sociale dans laquelle il vit à un large public tout en restant crédible auprès de ses pairs, et met ainsi la barre très haut dès le début de sa carrière (Le saviez-vous ? L’album fut parfois surnommé d’album “maudit”, comme étant le point culminant de la carrière de Nas qu’il n’a jamais réussi à égaler par la suite. Maintenant, vous pouvez vous la péter en soirée avec cette anecdote). Alignant jeux de mots, rythmiques, textes engagés, ainsi  que d’innombrables références au cannabis (Nas “Escobar”  s’est mis un point d’honneur à faire d’ailleurs référence au Buddha, argot américain pour le cannabis, dans chacune des chansons) l’album se place désormais parmi les grands classiques du hip-hop. Un livre est d’ailleurs sorti sur l’album, Born To Use Mic, analysant chaque chanson de l’album.

“When my rap generation started, it was about bringing you inside my apartment. It wasn’t about being a rap star; it was about anything other than. I want you to know who I am: what the streets taste like, feel like, smell like. What the cops talk like, walk like, think like. What crackheads do — I wanted you to smell it, feel it. It was important to me that I told the story that way because I thought that it wouldn’t be told if I didn’t tell it. I thought this was a great point in time in the 1990s in [New York City] that needed to be documented and my life needed to be told.”

Pour ceux qui ont séché les cours d’anglais, ça donne approximativement :

“Quand le rap de ma génération a commencé, le but c’était de t’ amener à l’intérieur de mon appartement. Le but n’était pas de devenir une star du rap, c’était quelque chose d’autre. Je veux que tu saches qui je suis, le goût des rues, leurs odeurs, et ce qu’elles te font ressentir. La manière dont les flics parlent, marchent, et pensent. Ce que les accros au crack font – Je voulais que tu le sentes, que tu le ressentes . C’était important pour moi de raconter l’histoire de cette manière parce que je pensais qu’elle n’aurait pas été racontée si je ne l’avais pas fais. J’ai pensé que les années 1990 étaient un moment important [à New York City]qui avait besoin d’être expliqué, et ma vie avait besoin d’être racontée.”

– Nas, à propos d’Illmatic.

Un des joyaux du regretté Golden age du hip-hop East coast, qui plus de 20 ans après sa sortie continue toujours de déchaîner les passions. Et ça, it ain’t hard to tell !

“Peace yo, I’m out”

Paul Lafargue

G is for Giraffe ?!

Parfois, le destin fait en sorte que l’on rencontre les bonnes personnes au bon moment. Mais le hasard a pour habitude d’agir lorsque l’on s’y attend le moins. Laissez-moi donc vous conter l’histoire de ma rencontre avec deux des membres du groupe G is for Giraffe…

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Salif Keita @ Cirque Royal : 02/04/2014

N’en déplaise à ce bon vieux Philippe, il n’était plus seul à régner ce mercredi 2 avril. Car oui, c’est avec un immense honneur que le cirque « royal »  accueille un autre roi, auto-proclamé cette fois. Sa majesté Salif Keita. De ses mots lors de son entrée: « Je suis votre roi, ce sont mes fous (les musiciens) et vous êtes ma cour ». Ce soir-là, il nous ouvre les portes de son royaume au cours d’une tournée acoustique qui se veut intimiste et épurée.

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