The Flaming lips au Cirque Royal ou comment j’ai frôlé la crise d’épilepsie
28 Mai 2014

The Flaming lips au Cirque Royal ou comment j’ai frôlé la crise d’épilepsie

Si comme moi tu n’avais encore jamais

28 Mai 2014

Si comme moi tu n’avais encore jamais assisté à un concert des Flaming Lips, prépare toi au récit faramineux et bourré de superlatifs du joyeux bordel qui s’est déroulé au Cirque Royal samedi dernier. Wayne Coyne ouvre la cage aux fauves.

The Flaming Lips© Photo: Camille Loiseau

Une fois n’est pas coutume, je suis arrivée en retard. J’ai donc loupé la première partie et ne vais pas pouvoir vous bassiner sur à quel point les Young Knives étaient merveilleux. De toute façon, les cris d’enfants au début de Sick Octave m’avaient déjà bien dissuadée d’écouter l’album jusqu’au bout.

Je manque les Jeunes Couteaux donc mais le quart d’heure de retard règlementaire me laisse le temps d’observer l’armée de petites mains du Cirque Royal s’affairer devant et derrière la scène. Depuis les premiers rangs, mini détonations et bruits de ballons qu’on gonfle me laissent deviner qu’il se trame quelque chose.

Wayne Coyne fait finalement son entrée sur scène – tignasse ébouriffée et costume de corps humain façon Il Etait une Fois la Vie – bientôt suivi de ses musiciens à perruques vertes et de son armada de vers géants et autres mascottes gonflables en tout genre. Le tout sous une pluie de confettis qui recouvrent rapidement le sol et me font regretter de ne pas avoir fini ma bière plus vite. Alors que le chanteur continue d’alterner les câlins entre le vers géant et le soleil gonflable, j’ai l’impression d’assister à un spectacle de Chantal Goya sous LSD.

The Flaming Lips 2© Photo: Camille Loiseau

Pour aller toujours plus loin dans l’absurde, Wayne Coyne annonce qu’il veut commencer son show par la fin. « She don’t use » et « Do you realize » – ouvrent donc le bal. Un petit côté provoc’ qui me plait bien, coupe court aux spéculations sur le rappel et permettent à ceux venus uniquement pour chantonner les deux tubes du groupe de finir leur samedi soir ailleurs. Seul problème : le reste du spectacle en prend un coup et malgré une discographie boulimique – 16 LPs et 5 EPs – le set peine à décoller, trainé par des chansons un peu trop mollassonnes et un chanteur toujours à la limite de la justesse. Et pour cause, pas évident de tenir sa voix, moulé dans un costume en sky bleu électrique (changé entre temps) et juché en haut d’un cube lumineux à plusieurs mètres de la scène. The Flaming Lips nous assèneront quand même les quelques très efficaces morceaux extraits de Soft Bulletin (« Feeling Yourself Disintegrate », « Race for the Prize » et « Spoonful weighs a Ton ») et le chef d’œuvre « Yoshimi Battles the Pink Robots » qui, à lui seul, me donne une bonne raison de m’être déplacée jusque là.

 

The Flaming Lips 3

Ici, on ne vient pas seulement pour la musique mais aussi, et surtout, pour le show. Et en ce sens-là, difficile de faire mieux. Rivières de lumière, projections psychédéliques et cube géant, The Flaming Lips voient les choses en grand. Tellement grand que le crew arrive systématiquement un jour avant chaque show pour pouvoir tout préparer. Une journée qu’ils ont également mise à profit, comme le raconte le chanteur, pour déguster la fameuse Westvleteren, élue meilleure bière du monde et approuvée par le groupe, comme le laissent deviner les sourires en coin des musiciens.

 

 

 

© Photo: Camille Loiseau

The Flaming Lips 4

Et si l’alcool a disparu du sang des Américains, ses effets, eux, ne semblent pas s’être dissipés totalement. Face à un public belge un peu mou du genou, Wayne Coyne n’hésite pas à insulter la foule à coup de « Come on Motherfuckers ! ». Une stratégie qui finira par payer. Alors que les premiers cris hystériques commencent à retentir et que le show se termine, le public, pas tout à fait rassasié, en redemande. Fidèles à leur réputation, the Flaming Lips, après les Pink Floyd, reprennent un autre dinosaure. « Lucy in the Sky » des Beatles marque la fin de ce joyeux bordel. Je quitte la salle heureuse, éblouie et reconnaissante que le groupe n’ait pas invité Miley Cyrus sur scène pour ce dernier morceau.                                                                                                                                                                                         © Photo: Camille Loiseau

 

Apogée du concert : « Feeling Yourself Disintegrate » sur lequel même les membres du groupe s’étonnent et le mythique « Yoshimi Battles the Pink Robots. »

 

The Flaming Lips 5© Photo: Camille Loiseau

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