Hanni El Khatib @ Botanique, 17/03/2015
20 Mar 2015

Hanni El Khatib @ Botanique, 17/03/2015

“Hanni El Khatib; un concert chanté par

20 Mar 2015

Hanni El Khatib; un concert chanté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et ne signifiant rien.” Certes il est facile de pomper Shakespeare, mais il l’est tout autant pour l’homunculus des Black Keys de surfer sur la vague de ses producteurs.

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Le chanteur gominé a beau s’agiter le bocal au point de détacher une mèche ou deux  de sa coiffure trendy, a beau agresser ses cordes vocales et faire vrombir les amplis, le résultat demeure franchement chiant. Autour de moi, une salle pleine de barbes qu’on imaginerait presque pouvoir s’acheter au rayon accessoire de Urban Outfitter entre une montre casio et un pendentif triangulaire. Un public déjà allègeant donc à ce brol easy listening.

Comme dans la version moderne des trains fantômes version walibi, je m’embarque dans le wagon et suis, sans surprise, le cours de cette attraction sur thème rock. Au détour d’un virage un riff et un cri en font réagir certains tandis que d’autres se pâment devant les gimmicks servis à la louche pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Beaucoup de fumée et d’effet pour masquer finalement que tout est bidon.

 

 

En milieu de concert le beau tatoué se fend tout de même d’une reprise de Human Fly des Cramps qui d’un côté demeure un incontournable de la meilleure tradition rockab, cette filiation qu’il essaye de faire valider, et d’un autre a le mérite d’avoir figuré sur la BO de The Hangover étant par conséquent bien connue de la génération Y. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est Coldplay qui chante Motorhead mais il ne reste quand même pas grand chose de l’esprit délicieusement dégueu du grand Lux Interior.

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Mon visage fouetté par une chevelure sentant bon le shampoing frais et une bière renversée par un spectateur tentant de filmer le show avec son smartphone tenu de cette même main porteuse de gobelet figurent parmi les événements les plus destroys de la soirée. A la sortie, les hipsters encanaillés par la musique de Satan (celui de South Park qui se fait enculer par Saddam) pourront s’acheter la cassette audio de l’album. Ainsi, en fermant très fort les yeux, ils s’imagineront l’espace de quelques dizaines de minutes qu’ils vivent vraiment dans les années 80, une décennie rêvée où on pouvait filmer un concert avec son iphone, porter des bonnets à l’intérieur d’une salle surchauffée et où les étudiants en web design pouvaient se faire des tatouages de durs en buvant du thé bio.

Ce concert ne mérite sans doute pas tant de fiel mais il paye pour les autres. Tel Holden Caulfield dans L’Attrape Coeur, moi aussi j’en ai marre des “phoneys”, et je refuse d’entrer dans l’âge adulte, surtout quand j’espère assister à un concert de rockabilly à la sauce transpi-cambouis.

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