BeatChronic a rencontré The Tangerines lors de leur passage au Botanique (BEL).
Originaire de Mons (BEL), ce groupe nous présente leur univers psychédélique, où les riffs d’un rock’n’roll épuré et contemporain s’entrelacent aux sonorités électriques.
Si je devais créer le panthéon de mes artistes préférés il est certain que Cassius détiendrait une place très haut perchée. Mais qui se cache derrière ce blaze rappelant un guerrier afro américain légendaire ?
Peu connu jusque ici, ce groupe s’est fait connaître essentiellement grâce à ses clip détonnants et créatifs. En écoutant leur musique, on est très vite transporté dans un univers joyeux et multicolore! Cover your eyes and listen to the music est une devise qui se prête très bien à leur musique.
Souvenez-vous de la ballade entraînante qui a fait le buzz sur toutes les ondes radios l’année dernière : ça commence par « Pumped » et ça finit par « Up Kicks ». Cette mélodie naïve et joyeuse fait en fait référence au massacre de Colombine, et c’est signé Foster The People.
Amis du soir et de la musique, bonsoir ! Ça faisait un bail. Si lors de mon retour vous m’avez aperçu atterrir dans une sorte de frisbee-jukebox rien de plus normal ! Les gars qui m’accompagnent aujourd’hui sont l’Electric Light Orchestra, laissez moi donc vous introduire …
Le nouvel album des Black Keys, El Camino, pave le chemin de leur évolution musicale, sans pour autant en modifier les fondations. Leur septième album est, très possiblement, le meilleur album Rock de 2011!! Une fulgurante évolution de ce groupe américain, depuis leur premier album au titre prémonitoire, The Big Come Up. Ce duo possède sa formule magique, bien basique: une bonne mélodie, un rythme poignant ainsi qu’un feeling inimitable. Le tout vous donne un sentiment de liberté incomparable. Ils sont en quelque sorte les descendants des White Stripes.
Dès la première chanson, Lonely Boy, un entrainant riff blues rock vous accroche et vous ramène dans les glorieuses années 70. Ne pas taper du pied devient difficile. Chaque chanson complétant l’ambiance laissée par la dernière.
Un autre poids lourd de l’album est sans conteste Gold On The Ceiling. Le puissant solo nous rend vite pantois. Vraiment un fragment d’or pour cet album qui est clairement au sommet.
Puis, Little Black Submarines. Le mélodieux début laisse difficilement indifférent. De ce son ambitieux et profond, traînant sur le territoire de Johnny Cash, retentit un breakdown électrique qui ne peut que nous laisser sur d’ardentes émotions. Après cette magnificence, prendre un instant de repos avant la poursuite de l’écoute est plus que recommandé.
Même les années 80 s’en prennent à nous. À travers un son plus pop et un rythme insistant, Sisters produit un effet dévastateur (“Wake up, gonna wake up to nothing/Breakup, the breakup is coming”)!!!
La dernière chanson de l’album, Mind Eraser, indique un retour à la base, ambiance country/glamour au rendez-vous. D’une rythmique efficace, l’attention est focalisée sur le chant et l’ambiance décontractée qu’il procure à la chanson.
Certes d’un son un peu plus pop que les précédants opus, il est toutefois d’une intensité redoublée. Son ancêtre tirant plus vers le country, ils recentrent El Camino un peu plus vers le ”old school rock’n roll”.
Depuis 10 ans, ces deux magnifiques musiciens de l’Ohio n’ont cessé de nous éblouir par leur originalité, matérialisée par des sons sans cesse nouveaux. Parions qu’ils continueront sur leur lancée.
El Camino (2011):
1- Lonely Boy
2- Dead and Gone
3- Gold on the Ceiling
4- Little Black Submarines
5- Money Maker
6- Run Right Back
7- Sister
8- Hell of a season
9- Stop Stop
10- Nova Baby
11- Mind Eraser
Il existe des groupes que l’on jette au placard dès la première écoute. La faute à la « wrong mood » dans laquelle on se trouve sur le moment et qui nous empêche de les apprécier à leur juste valeur, avoir le fameux coup de foudre musical tant attendu. Et puis, quelques temps plus tard, lorsque notre humeur nous le concède, on se surprend à les sortir de notre bibliothèque et les dépoussiérer à grands coups de chiffon.
Chers BeatChroniceurs, fervents admirateurs de rock indie tel que je le suis, c’est avec plaisir que je consacre mon article aujourd’hui à Stereo Grand, groupe alléchant, passionnant, qui a immédiatement attiré mon attention. C’est en écoutant les ondes de PureFm que j’ai eu la chance de découvrir ce petit bijou de la scène Belge, dont les premières notes m’ont agréablement accroché les oreilles.
Nombre d’artistes durant leur carrière ressentent, arrivés à un certain point, un déclic, un changement dans leur vision des choses et dans l’orientation que celle-ci donnait à leur musique. Mais plus rares, bien plus rares sont les artistes qui vous font ressentir ce déclic, vous donnent à vous aussi une nouvelle vision des choses. Vous ouvrent une porte latérale dans un couloir que vous pensiez à sens unique… Transforment un hublot crasseux en baie vitrée baignée de soleil.
Anathema fit, dans mon cas,partie de ces artistes.
2010 : le groupe, après un début de carrière balbutiant un doom metal glauque, violent, sombre et dépressif dans les années 90, atteint enfin sa plénitude. Comme une répugnante chenille devenue papillon, et passée par la longue phase de transformation via chrysalide – la période allant de la fin des 90ies à la moitié des années 2000 en l’occurrence, durant laquelle les natifs de Liverpool peaufineront leur musique petit à petit, sortant notamment un somptueux Fragile Dreams en 1998. Une perle de musique rock progressive, emplie de mélodies mélancoliques mais enfin débarrassée de la haine des débuts et s’offrant enfin aux oreilles d’un public plus large.
Toutefois, une certaine retenue reste bien présente, et l’épanouissement total est encore absent, malgré la qualité musicale bien réelle. Il faudra sept années, de 2003 à 2010, pour qu’Anathema déploie enfin ses ailes et devienne enfin le groupe qu’il devait être. Sept années vierges de tout album original (la compilation Hindsight en 2008 n’offrant que des relectures de morceaux déjà publiés), mais qui permettent aux Anglais d’offrir au public une oeuvregrandiose : We’re Here Because We’re Here.
Une renaissance musicale, une renaissance humaine
2010, voilà donc cet album We’re Here Because We’re Here. Un album qui annonce dès le visuel une musique lumineuse, positive ; et ces deux adjectifs sont en effet indissociables de l’heure de magie offerte par Anathema sur ce disque.
La voix, tout d’abord, de Danny Cavanagh, joue un énorme rôle dans cette impression de luminosité : longtemps voilée, emplie d’une mélancolie et d’une rage sous-jacentes, elle semble ici totalement libérée sur le morceau d’ouverture Thin Air, qui fait planer l’auditeur et emprunte des courants ascendants qui l’emmènent loin, très loin, via notamment des guitares aériennes.
Après les guitares, c’est le piano qui nous accueille pour Summernight Horizon, et la voix de Cavanagh se mêle à celle de la chanteuse Lee Douglas pour offrir une cavalcade traversée par un solo efficace, loin des démonstrations techniques habituelles du genre.
Suivons le piano jusqu’au troisième morceau, avant d’arrêter ce simple titre-à-titre, car il est impossible de ne pas s’arrêter sur celui-ci : Dreaming Light. Peut-être le morceau le plus représentatif de la paix qui règne sur l’album et dans l’âme des compositeurs, il peut être décrit par un simple mot : somptueux. Les paroles reflètent cette liberté ( « suddenly, all falls into place… suddenly, I don’t have to be afraid »), cet apaisement, et la font ressentir à l’auditeur subjugué…
La mélancolie semble bannie de cet album, jusqu’à ce morceau très intime, Angels Walk Among Us, où après une introduction sublime (ces arpèges…), Danny Cavanagh pose cette phrase : « only you can heal your life, only you can heal inside ». La voilà, cette ligne qui semble résumer absolument tout : vous seuls pouvez vous soigner, pouvez atteindre la paix intérieure, comme le groupe semble l’avoir fait durant ces sept années de mutisme. Rarement une phrase aura paru si intime, et m’aura tant touché dans une œuvre, qu’elle soit musicale ou autre ; et j’aime à penser que cette simple phrase, placée dans ce contexte artistique, puisse amener bien d’autres personnes à la paix intérieure qu’elle prône…
Le monologue qui suit durant l’interlude Presence amène parfaitement l’auditeur à la pièce centrale de l’album, A Simple Mistake, ; ce morceau, basé sur une montée en puissance subtile et véritablement prenante, est porté par cette voix fragile sur les couplets, et qui s’affirme sur le plus beau refrain de l’ensemble, avec ces symboliques paroles: “Rise, be a master”.
L’auditeur (parlons même ici de voyageur, tant l’album peut vous emmener loin pour peu que vous le laissiez faire) sortira du rêve initié une heure plus tôt via un dyptique, la première partie, Universal, intimiste, quasi introspective, se clôturant sur le magnifique instrumental qu’est Hindsight.
Voilà donc Anathema ressuscité, guéri, et paré pour un nouveau départ. Deux ans plus tard sortira une nouvelle merveille, Weather Systems … Un autre voyage, auquel vous êtes cordialement invités. Embarquement dans une prochaine chronique …