Chroniques

Viewing posts from the Chroniques category

Fantaisie Ultime

On a souvent tendance à associer le terme “Original Soundtracks” uniquement à un film. Pourtant, il y a d’autres oeuvres audiovisuelles dont les compositions originales valent le détour : c’est le cas de la série de jeux vidéos Final Fantasy. Au coeur de celle-ci, un jeu se démarque parmi les autres de par la qualité des morceaux qu’on y trouve. Il s’agit de Final Fantasy 9, où Nobuo Uematsu aura su donner une nouvelle dimension au scénario d’un jeu déjà très élaboré. Laissez-moi donc vous conter cette histoire fantastique, en vous berçant l’âme grâce à des musiques mythiques tout au long de l’article…

Thème Principal :


final fantaisie

Précédemment, je vous expliquais que Nobuo composait ses musiques en fonction du ressenti du lieu dans lequel le personnage du jeu évolue. Dans FF9, nous sommes au coeur d’un univers médiéval peuplé de créatures de légende telles que des Chevaliers Dragon, des Kwe ou encore des Invokeurs. Djidane, membre d’un gang de voleur nommé les Tantalas, a pour mission d’enlever la Princesse Grenat, dans la ville d’Alexandrie. Les Tantalas sont aussi une troupe de théâtre, et c’est lors de la représentation d’une pièce de Shakespeare, Le Roi Lear, qu’ils vont commettre leur méfait. L’aventure commence alors que nos héros tentent d’échapper à l’armée d’Alexandrie à bord de leur Aérothéâtre (voir vidéo)… On peut aisément ressentir le côté marginal des Tantalas dans leur thème, ainsi que l’ambiance dramatique de la pièce de théâtre, magistralement représentative de la scène jouée dans le jeu.

Thème des Tantalas :


Musique principale de la pièce du Roi Lear :


Vidéo : Fuite d´Alexandrie  

Par la suite, Djidane va tomber amoureux de Grenat et va vouloir la protéger contre Branet, la reine d’Alexandrie. Elle tente en réalité

final fantaisy 2

de s’emparer des 4 perles magiques légendaires réparties à travers le monde, dont une est entre les mains de sa fille. Elles lui permettront de pouvoir invoquer des Chimères, sortes de créatures Divines surpuissantes pouvant détruire une ville entière en quelques secondes (vidéo). Djidane et Grenat, accompagnés de Vivi, Steiner, Freyja, Tarask, Eiko et Kweena, vont partir à l’aventure à travers Héra (leur planète), et découvrir des desseins encore plus maléfiques menaçant l’équilibre du monde entier. Ils vont découvrir que c’est Kuja, être maléfique semblable à Djidane (ils possèdent tous deux une queue de singe) qui est responsable de la quête de pouvoir de Branet, et qu’il la manipule pour arriver à ses fins. Je vous ai placé ci-dessous le thème de Kuja, qui instaure une atmosphère purement démoniaque lorsqu’on l’entend durant le jeu, ainsi que le thème de la carte du monde, pour voyager entre les villes comme celle de Clayra, présentée aussi. On se rend compte que Nobuo a parfaitement cerné l’esprit de FF9, pour avoir composé des oeuvres complétant à merveille le cadre magique du jeu.

Thème de Kuja :


Carte du Monde :


Thème de la ville de Clayra :


Vidéo : Destruction de la ville de Clayra :


On apprend par la suite que Kuja et Djidane viennent d’un monde parallèle, la planète Terra. Mais le but ultime de Kuja est de fusionner les deux mondes pour régner en maître sur la planète. Je ne vous en dirai pas plus sur le scénario car il serait criminel d’en dévoiler certains aspects, tant l’expérience de jeu de FF9 est fabuleuse. Je vous invite donc vivement à vous plonger au coeur de cet univers, si ce n’est pas déjà fait, en laissant simplement votre esprit s’évader dans les contrées merveilleuses que vous réserve l’équipe de Squaresoft (éditeur). Voici par exemple le thème de la planète Terra ainsi que celui de Branval, ville mystérieuse renfermant des secrets sur le passé de Djidane, qui deviendra finalement la véritable quête existentielle de ce personnage.

Thème de Terra : www.youtube.com/watch?v=8i6_i6vqYao

Thème de Branval :

 

Au travers de diverses histoires, se recoupant à un moment ou un autre, nous abordons ici des thèmes aussi importants que la mort, le sens de la vie, l’amitié, la trahison ou l’amour. Tous les sentiments extrêmes que provoquent en nous ces sujets sont donc présents dans l’oeuvre, en nous exposant face à nos propres états d’âme. Une expérience personnelle à vivre, mais à partager au moyen de la musique, qui au fond reste le langage universel que chacun de nous est capable de comprendre.

 

 

final fantaisy 3

 

Soyons FAUVE

« Pardon d’avance aux enfants qui sont dans la salle pour les gros mots » s’excusent-ils avant un live pour France Inter.

Read More

Série "un artiste – un concerto", no.1 : Beethoven magnifie le piano

Ce n’est pas un avis documenté, plutôt la sensation d’une expérience accumulée qui m’invite à commencer cette nouvelle série d’articles. Il m’est apparu que la manière dont un compositeur écrit un concerto capture avec justesse sa recherche artistique générale ou l’essence de son imagination. La forme en question met en avant un nombre limité d’instruments, le plus souvent même un seul, au sein de l’orchestre qui l’accompagne, il s’agit d’en explorer au maximum la moindre possibilité sonore. Un exercice comme celui-ci demande à la fois précision, originalité et profondeur. Pour moi, ces conditions font ressortir le caractère de l’auteur et son rapport avec tel ou tel outil musical. Quelle formidable occasion pour explorer trois sujets qui me passionnent : la signature délicieusement reconnaissable de mes compositeurs préférés, la richesse de style au coeur du répertoire classique et, enfin, les coutumes linguistiques de cet art exhaltant grâce à une seule catégorie d’oeuvres. Comme le suggère le titre, j’ai voulu commencer sans retenue par un très gros morceau, difficile de faire autrement avec Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) et encore moins quand on écoute son concerto pour piano no. 5, op. 73 “Empereur”, écrit en 1808. Contrairement à ses 4 prédécesseurs, le morceau ne fut pas interprété par l’artiste lui-même qui était, par ailleurs, un pianiste virtuose, pour la simple et bonne raison qu’en 1811, au moment d’inaugurer cette nouvelle production, Beethoven éprouvait déjà plusieurs graves symptomes d’une surdité complète à venir*, ce qui était particulièrement domageable pour une performance réussie. On le sait, ce compositeur est une des figures les plus importantes de l’histoire de la musique. Outre ses qualités techniques et son indéniable talent, il fut la principale transition du classicisme au romantisme dans ce domaine artistique exigeant. Si l’homme s’inscrit, bien sûr, au coeur d’une évolution continue, il occupe malgré tout une place à part, celle d’un véritable pionnier. En effet, une imagination géniale et un désir perpétuel de repousser, toujours plus loin, les frontières du monde musical, ont fait de lui un géant. Au cours de cette période surtout, entre 1803 et 1813, Beethoven affrimait avec chaque nouvel opus, une signature de plus en plus personnelle; ses maîtres mots : innovation, sentiments et variété. Il voulait tant révolutionner l’expression mélodique, tant perfectionner son style, y mettre du ressenti, oser l’experience de sonorités plus intimes à grande échelle, qu’inévitablement ses oeuvres, en plus d’obéir à une inspiration de base, portent la trace indélébile de ces différents aspects. Le concerto présenté ici comporte un grand nombre de nouveautés formelles dont je vous épargnerai la description, ne vous affolez pas; mais il reste pertinent pour vous de le savoir. Le matériel mélodique développé présente une grande étendue, motifs, thèmes, arrangements, variations, de nombreux changement de clefs, le tout formant un bloc compact et dense. Avec éclat, le morceau s’ouvre, pétulant, le piano effectue, d’emblée, une triple glissade soutenue par la stricte cadence de l’orchestre en contrepoids avant que l’exposition thématique du mouvement ne se dégage entre fraîcheur et robustesse. C’est une sorte de chevauchée gracieuse emprunte d’une tendresse admirable; les différents motifs sont installés puis donnent lieu à une exploration sans borne, chaque ensemble mélodique est trituré, changé, sublimé; flottant de l’un à l’autre sans la moindre anicroche, le premier mouvement s’étire ainsi pendant près de 20 minutes (ce qui était très rare à l’époque). Il en ressort un tel brio et, en même temps, une telle facilité, qu’on est véritablement submergé par ces notes opulentes, elles se poursuivent majestueusement vers un final limpide. La magnitude et la puissance héroïque de cette partie offre un contraste prodigieux avec la douceur qui s’ensuit. En effet, Beethoven enchaîne avec un adagio** qui sonne presque comme une friandise mélancolique, la transition est simple, divine. Je manque cruellement de superlatifs pour effleurer de mes mots la somptuosité attachante de pareilles minutes. Le mariage des instruments évoque la quiétude, une harmonie qui atteint son apogée lorsque tout l’orchestre reproduit une ambiance faite de murmures coulissants. L’oeuvre s’enchaîne, brillament, sans pause, avec le dernier mouvement. L’ingéniosité du compositeur est au zénith, il nous offre une explosion de classe étourdissante. Un court duo entre les timbales et le piano nous embarque enfin vers une conclusion triomphale. Ludwig van Beethoven voulait créer un nouveau dialogue avec la musique, il inventait de nouveaux codes pour ce langage universel avec passion; son zèle et son génie s’imposent dans ce concerto éblouissant, la magie opère et retentit, un accomplissement voué à l’éternel. A plus tard chers lecteurs.
* Les premiers signes de la surdité progressive de l’artiste sont apparus dans les années 1790.
** Un adagio désigne un mouvement de musique classique au tempo plus ou moins lent.

 

A Beatbox Story

Batteries, Platines, Mpc… Remballez votre attirail. Aujourd’hui, la musique à laquelle nous nous intéressons ne nécessite rien de plus qu’une bouche et un mic’ !

Longue est la liste des instruments de percussions existant et croyez le ou non ! Il suffit parfois de l’ouvrir pour les invoquer. Rassurez vous cantatrices ratées et rappeurs déchus, il vous reste une chance de briller micro au poing. Le Human Beatbox!

La plupart d’entre vous se souvient sans doute de Joseph le beatboxeur passé à la nouvelle star et ayant créé le buzz ( c’est d’ailleurs encore la première que l’on trouve sur youtube en tapant beatbox ). Grosse découverte pour le grand public, le ”5ème élément du hip hop ” comme certains l’appellent  se retrouvait ainsi remis au goût du jour pour une brève passe.. Les vrais savent bien de quoi on parle et penseront à d’autres noms tels que Doug E Fresh, Don Eliott, Eklips.. ou même Bobby McFerrin! Et la liste est immense. Mais d’où nous vient donc cet étonnant art buccal permettant de transformer son palais en orchestre ? N’ayons pas peur des postillons et intéressons-nous y d’un peu plus près…

Il est difficile de dater les origines de ce que nous appelons beatboxing. Après tout .. de tout temps tout bébé qui se respecte en pratique déjà une certaine forme dans le berceau! Toujours est-il qu’il y a 700 ans, dans le sud de l’Inde existaient déjà des formes de ” percussions vocales ”; ils utilisaient aussi ces sons comme moyens mnémotechniques pour certains rythmes complexes. Encore de nos jours certains artistes ont recours a cette méthode.

Plus récemment, au siècle passé, le Jazz proposait une forme de Beatboxing avec le ”Scat” que vous connaissez certainement tous grâce à Scatman John– Scatman que je vous laisse redécouvrir avec nostalgie … Le Scat était cette forme d’impro syllabique sans queue ni tête qui n’avait d’autre but que de faire claquer des doigts en plein morceau de jazz..

Illustration avec la douce Ella Fitzgerald

Plus proche de nous encore, le défunt roi de la pop était un fervent pratiquant de ces acrobaties linguistiques. Moult morceaux du King renferment d’ailleurs de pures beat qui en feront douter plus d’un sur leur origine buccale. ( Billie Jean, Stranger in Moscow…). Laissons-le vous en parler, en serrant les dents pour supporter la qualité du son..

Mais venons en au fait. S’il est bien un mouvement dont la totalité des beatboxeur se revendiqueront c’est le Hip Hop! Tout rappeur s’accordera à vous dire qu’il est bon d’avoir à ses côtés un compère beatboxer pour lui permettre de placer ses phases n’importe où, n’importe quand, et parfois n’importe comment! Bref, son aspect pratique, l’importance du rythme dans la musique de cet univers ou encore l’apparition des premières boîtes a rythmes bien trop coûteuses sont autant de critères ayant contribué a l’extension du phénomène jadis réservé a quelques initiés ou originaux ! Les paroles de Slick Rick ( Mc Ricky D à l’époque) illustrent d’ailleurs bien le fait que le beatbox est encore peu connu du grand public lorsqu’il produit avec Doug E fresh le morceau’ ‘la di da di’.

<<Okay party people in da house , you’re around to witness something that you never witness before. This is the original HUMAN BEATBOX >>

Aujourd’hui encore le beatbox continue à faire des adeptes et des épatés. Certains poussent toujours plus loin la performance, enchaînant les ”cover” de titres connus ou des compo où complexité (parfois seulement apparentes), technique et sons chelous s’emboîtent. D’autres l’utilisent simplement pour agrémenter leur chant ou le fait de jouer un autre instrument.Dub FX dont Primus vous parlait il y a peu réussit d’ailleurs a créer tout un univers en partant du chant et du Beatbox. D’autres encore expérimentent et associent carrément leur art à certains instruments pour obtenir des combos dont l’originalité surprend !

Yuri Lane avec l’Harmonica  :


Nathan Lee et sa Flute :


Jew’s Harp Box :


Tuba !? :


… et le net est empli de ces perles…

Pour finir cet article laissez moi donc révéler l’un de mes plus grands secrets à ceux que ça intéresse ! Beatbox tv a.k.a L’ultime tutorial de Beatbox !! (il y en a surement de bien meilleur sur le net mais c’est avec lui que j’ai appris donc .. valeur sentimentale oblige ! ) Et brisons au passage un mythe. Même si les premiers sons qui sortiront de vos bouches sonneront plus comme d’illustres pets que comme la batterie de vos rêves, sachez qu’à force de persévérance et de pratique, le Beatbox est plus qu’à la portée de tout le monde !

==> http://beatbox.tv/bbtv/beatboxing-tutorials

Je vous laisse avec une petite sélection de vidéos comme on les aime.
Hone pour la rédac’.
A toutes !

 

Un peu de belge pour la route ?

The Hours

Je me suis enfermé dans une idée fixe, vous parler de cette musique, celle du film “The Hours”.  C’est en 2002 que le réalisateur Stephen Daldry (1960) adapte le roman du même nom, Prix Pulitzer 1999, écrit par l’américain Michael Cunningham (1952). Je me suis convaincu avec enthousiasme qu’il fallait aborder ce film et maintenant que je m’y attèle, allez savoir pourquoi, aucun angle, aucune perspective particulière ne se présente à mon esprit. Pourtant les possibilités sont réduites : résumer le film, parler du compositeur, évoquer mon ressenti; le seul problème c’est qu’aucun ordre ne me semble plus adéquat, plus justifié qu’un autre, les différents points de vue ne se rejoignent pas dans ma recherche comme d’habitude. La plupart du temps je réunis un ensemble de détails pertinents pour construire mon avis personnel et en dégager une analyse pluridimensionnelle; j’explore les nombreux aspects qui conditionnent l’oeuvre finie et ce qu’elle me procure comme sentiments. Ici, les éléments ne collent pas, ils me paraîssent autonomes, indépendants… Je vais procéder sans méthode, écrire ce qui me vient. Si ça vous semble confus, incohérent, ne soyez pas trop durs avec l’auteur déstabilisé qui s’exprime en ces termes, il vous avait prévenu. Trois choses m’inspirent par-dessus tout, la beauté (féminine en particulier), le nature, la musique. Un poème s’est dicté à moi alors que j’écoutais ce soundtrack hypnotique; le voici :

   Il y a quelque chose, un ton inévitable

accroché au temps qui s’égraine en continu;

nous le traversons, une masse imperméable,

avec léthargie, et, soudain, il nous rattrape

cinquante ans plus tard, une sensation ténue

au fond du regard délavé qui nous échappe

sur le coin poussiéreux et triste d’un miroir.

 On regrette alors, nostalgique, les non-dits,

les trop-dits; d’avoir vécu par interdits,

d’être à présent un condensé de long tiroirs.

Quelle richesse une seconde et quel tourment

s’y cache, impérial, quand on peut la ressentir,

quand rien d’autre n’existe. Un enchevêtrement

mélangé de personnes et de couleurs surgit.

Les heures allongent en nous – il doit bien retentir –

ce baiser fugace aux consolations rougies

de la mort en marche. On se consume tout doux,

avec ou sans amour et plus ou moins de panache;

écoutons le temps qui passe et, serein, détache

les mots, les gestes, les images, mes yeux flous…

Ce n’est pas un chef-d’oeuvre mais je n’arrive pas à exprimer autrement mes pensées. Tout est là, il manque juste cette impression personnelle d’être en équilibre instable, comme un funambule sur un fil qui ne s’arrête jamais, sans origine et sans point d’arrivée. Le compositeur Philip Glass (1937) est un héritier du minimalisme et, par ailleurs, le film lui-même est plutôt épuré. Trois femmes, trois époques, trois instants de leurs vies respectives liés entre eux par un roman. En 1941 dans le Sussex, l’écrivain Virginia Woolf (1882-1941) remplit les poches de son manteau avec des pierres et marche dans un cours d’eau pour s’y noyer; Los Angeles, 1951 cette fois, Laura Brown a pris une chambre d’hôtel, dans son sac, plusieurs médicaments; enfin nous sommes à New-York en 2001 et Clarissa Vaughan regarde son ancien amant au bord d’une fenêtre ouverte, il se décide, est-ce que je me laisse tomber ? “The Hours” a reçu de nombreux prix, le casting est magistral : Meryl Streep (1949), Nicole Kidman (1967) qui obtint pour sa performance l’oscar de la meilleure actrice, Julianne Moore (1960) et Ed Harris (1950). Le son, une mélodie sans fin, est somptueusement nécessaire à la réussite de ce film, à tel point qu’on oublie sa présence. Arrivé au bout de mon écriture, j’éprouve le besoin de faire participer un second rédacteur de la team pour ajouter une nouvelle sensibilité à cet article; je veux illustrer la richesse de cette musique, ses nombreuses facettes. Laissons quelqu’un d’autre conclure, sans transition, ma presque-analyse. J’ai attribué cette tâche à Alexis Lutters (alias L.A.) : “On ressent un sentiment de lourdeur mais à la fois de légèreté. On entend le temps s’écouler, sans pouvoir l’appréhender, en s’y perdant. On est suspendu à la mélodie au-dessus d’une sorte de vide brumeux, et l’énergie transmise par le morceau apparaît intemporelle. Les notes suggèrent un destin tragique aux abîmes de la folie. L’apogée lumineuse et haletante de la fin du morceau nous laisse dans une impression de rêve dont on a gardé des souvenirs précis, en nous faisant nous remettre en question : était-ce vraiment un rêve ?”

JusMoni & WD4D – le duo futur R&B de Seattle

L’été approche à grands pas ! C’est le moment de s’en aller au soleil ou de s’évader dans les meilleurs concerts et festivals. Mais cette fois-ci je vous emmène à Seattle, où un véritable élan de collaboration s’est fait entre deux artistes :  JusMoni & WD4D.

Read More

Les fameuses rockeuses de notre ère
 !

Le rock est un genre musical apparu à la fin des années 50’ aux U.S.A et au Royaume-Uni. Il prend ses racines dans le rock ‘n’ roll, qui est lui-même influencé par le rythm, le blues et la country.
Bref! Je ne vous explique pas tout ca, vous connaissez bien… Je voulais vous parler de ces femmes rockeuses dans l’âme qui ont marqué mon univers musical durant toutes ces années.
Oui, le rock n’est pas seulement une affaire d’hommes !

70’s :
Je parlerais en premier de Janis Joplin, connue comme étant la “Reine du rock and roll et de la soul psychédélique”. Janis Joplin est une chanteuse de rock psychédélique, blues, folk qui a marqué les esprits dans les années 60-70, et encore maintenant très adulée. Sa voix très maîtrisée, puissante et nuancée, avec un timbre de voix particulièrement rocailleux, diffère notablement des styles folk et jazz de l’époque. Elle a bouleversé le monde du rock, jusque là dominé par les hommes, en imposant une façon rageuse de s’exprimer au féminin.

A la même époque, La chanteuse punk/rock Patti Smith, marqua elle aussi le monde de la musique ! Elle est considérée comme la marraine du mouvement punk vers la fin des années 70.
Ambitieuse, anticonformiste, et stimulante, la musique de Patti Smith était considérée comme la plus excitante fusion de rock et de poésie depuis l’apogée de Bob Dylan.

80’s :
Sonic Youth est un groupe de rock avant-gardiste américain fondé à New-York en 1981 et considéré comme l’une des figures majeures du rock alternatif. Lié à l’éthique et à la culture punk, Sonic Youth a été associé à différents courants musicaux depuis le début des années 80. Ils étaient connus pour leur usage d’une variété d’accordages de guitare peu orthodoxes ainsi que pour l’usage des guitares préparées et des tournevis ajoutés pour modifier le timbre. La musique de Sonic Youth peut être considérée comme une tentative de déstructuration de la pop par l’emploi récurrent de dissonances et de distorsions dans des chansons fondées sur des mélodies pop.

90’s :
PJ harvey est une chanteuse, auteure et compositrice britannique de rock alternatif qui a débuté dans les années 90. Elle joue également du piano, orgue, basse, saxophone, harmonica, et plus récemment de l’autoharp. Cette chanteuse extraordinaire qui est l’une de mes préférées, a une voix charismatique. On peut voir en elle, toutes les influences des années 70-80’s. Elle dégage une énergie forte lors de ses concerts, et ses clips sont totalement dirty et rock! Elle a pu influencé toute la génération des années 90 avec Courtney Love, The Distillers et Bikini Kill, Le Tigre et bien d’autres encore.

 

A partir des années 2000 :
Le rock n’est plus seulement un mouvement musical ! Les bases sociales du mouvement sont la rébellion face à l’ordre établi. La culture rock met bien en évidence les contrastes et les ambiguïtés de notre monde. Les jeunes musiciens apprennent que par la création d’une musique “pure et authentique” et par la confrontation au monde du spectacle avec le sens de la ruse, ils parviennent à dompter ce système ! Le rock qui a émergé au début des années 50 et qui était interdit, est maintenant complétement présent. Plus précisément, le rock a pu s’établir dans notre société, et est devenu un mouvement très ouvert avec différents genres tels que : garage rock, glam rock, grunge, hard rock, heavy metal, punk rock, rock alternatif, surf rock, rock progressif, etc…
Grâce à ces fameuses rockeuses et féministes, les mentalités et l’univers de la musique ont pu évoluer vers une ère nouvelle : tout le monde a maintenant la chance de pouvoir s’exprimer par le biais de la musique.

L’intimité du chaos

1896 marque l’apparition d’un nouveau mot dans tous les dictionnaires, c’est aussi le début d’une révolution scientifique qui continue de fasciner et de susciter le débat aujourd’hui. Je veux, bien entendu, parler de la psychanalyse, invention, tout au moins dans le sens sémantique du terme, attribuée à un certain Sigmund Freud (1856-1939). Le concept fondateur de cette discipline est le subconscient, elle se concentre sur l’investigation du psychisme pour soigner les pathologies mentales. On cherche chez l’individu des réponses à ses problèmes par l’analyse dans le but de pouvoir interpréter l’insu, les voluptes insondables de l’esprit humain. Là, en principe, c’est le moment où vous vous dites : “pourquoi parle-t-il de ça ?”, et vous n’avez d’ailleurs pas forcément tort. Quels sont mes motifs ? Je me prépare en ce moment à vous livrer une explication tordue mais justifiée; en plus d’être, à présent, devenue capitale afin de ne pas trop passer pour un imbécile. C’est que la psychanalyse a un rapport plus ou moins direct avec le morceau traité dans cet article. Il s’agit de la Symphonie no. 4, op. 63 écrite par le formidable compositeur finlandais Jean Sibelius (1865-1957) au cours de l’année 1911; ce morceau est souvent considéré comme le plus énigmatique jamais écrit par l’artiste. A cette époque, après un démarrage tonitruant et controversé sur la scène des maladies psychologiques, les concepts du docteur Freud connaissaient une immense popularité, mais plus encore que la discipline proprement dite, c’est toute l’ambiance idéologique de cette période qui jouèrent un rôle déterminant pour l’écriture de cette œuvre singulière. Dans l’ombre du romantisme, cette nouvelle approche individualiste de l’être, prologue des excès que nous connaissons actuellement, allait, en effet, se matérialiser dans la société par une nécessité active d’expression de soi, par un besoin grandissant d’introspection. En art, c’est le courant expressionniste, dans lequel s’inscrit l’objet de notre étude, qui représente au mieux cette tendance. Dans ce cas de figure, commenter le morceau doit s’établir sur une recherche de ce que l’auteur a essayé de dire; il faut le comprendre et donc se poser la question suivante : quels sentiments a-t-il voulu transmettre par l’utilisation de son propre dialecte musical ? Pour y répondre, je me suis plongé dans le chaos indescriptible qui rôde au cœur de l’intimité secrète de chaque artiste, grâce, d’une part, à plusieurs analyses professionnelles et, d’autre part, à mon interprétation du contexte général de la composition via quelques commentaires de Sibelius lui-même. Le début du 20e siècle fut évidemment marqué par la première guerre mondiale, une explosion sanglante conditionnée par les tensions du nationalisme exacerbé qui grouillait partout en Europe; un climat angoissé, radical, traduit en art par toutes sortes de nouvelles tendances orientées vers l’extrême et le conceptuel, parfois au mépris de la simplicité; une recherche d’idées qui se terminait bien souvent sur des productions sans âmes. Face à cette loi de la monumentalité, du neuf catégorique, le compositeur Jean Sibelius, se sentait probablement  un peu victime, ébranlé, perdu au milieu d’une gigantesque cacophonie. Outre cet aspect purement artistique, la vie du compositeur avait été menacée au même moment par une tumeur à la gorge qui nécessita une chirurgie importante. C’est donc un homme tourmenté qui s’est mis au travail en Novembre 1910 ; il voulait se surpasser, combiner le modernisme avec une structure musicale strictement parfaite; être original en conservant les règles de son art. On peut donc en déduire que sa composition procède de plusieurs besoins personnels : s’exorciser de la maladie, vaincre ses doutes et faire une déclaration esthétique complexe, opposer une résistance au vacarme gesticulant qui l’envahissait. A la première, public et critiques furent incapables d’exprimer la moindre opinion sur cet ovni et la même réaction se répéta encore et encore à chaque performance. Son auteur était satisfait, ajoutant des années plus tard : “ce travail représente une part importante de ma personnalité”. De nos jours, la  Symphonie no. 4 de Sibelius est considérée comme une réussite majeure et un point crucial dans l’histoire de la musique au 20e siècle. Tout commence par une plongée lugubre vers des profondeurs inconnues et plutôt inquiétantes, un violoncelle articule le thème principal du premier mouvement, une plainte étiolée reprise par l’ensemble des cordes. Peu à peu l’orchestre s’anime en plusieurs développements du motif avec une évidence remarquable sous la menace des cuivres; le morceau prend une tournure plus apaisée, une sorte de flottement indéterminé entre calme et tension. Le jeu sur les antonymes musicaux et les impressions opposées assure un effet d’incertitude qui est habillement employé à travers un assortiment d’harmonies majestueuses, comme une idylle naturaliste instable qui s’emballe pour mieux être subitement écrasée par une force ténébreuse; s’éteignant par après sur le motif altéré des quatre notes initiales. Le second mouvement prend une tournure beaucoup plus enjouée, s’ouvrant sur un dialogue naïf entre un hautbois et les cordes à l’unisson, cette section prend ensuite le contrôle du morceau, une mélodie innocente qui progressivement s’enfonce dans une tonalité plus grave, une noirceur subtile perturbant la joie apparente qui régnait jusque là. Encore une fois, Sibelius installe une opposition entre ombre et lumière; il précisa d’ailleurs à son beau fils, lors d’une conversation privée, que le thème du second mouvement était comme perverti, diabolisé par les échos sous-jacents de l’orchestre. Pas le temps de s’acclimater car, déjà, l’artiste enchaîne avec la troisième partie du morceau; la plus lente et originale de l’ensemble. Un thème y est révélé progressivement, on dirait presque le résultat d’une improvisation brumeuse; un long chemin de mystères ondoyants qui soulève chaque groupe instrumental par des vagues incertaines; une émotion dramatique est distillée plus ouvertement au fur et à mesure sans qu’on puisse jamais en comprendre toute la signification; le tout s’achève en catimini avec pudeur et simplicité. Le dernier mouvement s’élance avec la même impression bucolique et enfantine exposée dans le second. Mais ici, le tempo augmente et, avec lui, les différentes sections de l’orchestre se répondent l’une à l’autre avec une intensité croissante. La couleur s’assombrit à nouveau. Un retour au paradis perdu de l’innocence oubliée est-il possible ? Il se maintient quelque peu dans la musique avant de se faire consumer par l’angoisse comme un cancer de l’âme qui gronde et, tordu, se contracte. Le final est une descente abattue, une route vers le néant. Les bois, les cordes, un souffle. Et puis, plus rien. C’est une œuvre grandiose par son économie de moyens, dépouillée, sans excès inutiles et cependant emprunte d’une sensibilité touchante. J’y trouve du sens, une texture ciselée emprunte de philosophie ; fatale, résignée mais indispensable. Alors que voulait-il dire ? Plusieurs mois après avoir fini son écriture, dans une conversation avec le peintre, écrivain et dramaturge August Strindberg (1849-1912), Sibelius évoqua la  Symphonie no. 4 en une simple phrase : “qu’il est misérable d’être humain”; rien d’autre…

DEEP IN HOUSE | 21.06.13 |

“DEEP IN HOUSE” ça vous dit quelque chose? Ca ne m’étonnerait pas que vous en ayez déjà entendu parler.. mais qu’est-ce que c’est exactement ? “Deep in House”, c’est un collectif de chez nous, un collectif bruxellois créé par une bande de passionnés d’une vingtaine d’années. Le projet voit le jour en juin 2012 dans le but de partager leur passion commune pour la “House Music” à ses origines, dans les années 80 et 90 aux Etats-Unis, sans oublier les différentes variantes auxquelles elle a donné vie!

Read More