Wille and The Bandits : UK meets Gouvy
13 Mai 2013

Wille and The Bandits : UK meets Gouvy

Ferme de La Madelonne, Gouvy : un

13 Mai 2013

Ferme de La Madelonne, Gouvy : un trio exceptionnel de musiciens humbles, ultra talentueux que je vous fais découvrir aujourd’hui et dont je croisais la route par un heureux hasard alors qu’ils enregistraient leur album live !

Wille Edwards (Guitare, Chant), Andrew Naumann (Batterie, Percussions), Matthew Brooks (Basse, Contrebasse) apportent chacun une contribution particulière à la formation, le dernier membre les ayant rejoint il y a seulement un an et demi. La fusion du talent individuel donne ici un résultat surprenant, un ensemble parfaitement homogène qui peut circuler à travers les couleurs musicales et les styles avec tant d’aisance qu’on s’en croirait presque capable à les entendre.

 

Wille and The Bandits

C’est donc à la Ferme de la Madelonne, à Gouvy que j’eu l’occasion d’assister au concert qui apparaitra sur leur album live. Mais laissez-moi d’abord vous présenter cet endroit formidable, une ferme réaménagée il y a de cela plus de vingt ans et qui connait une renommée mondiale depuis maintenant environ dix ans. Les plus grands musiciens, bluesmen, jazzmen se rassemblent pour le Jazz and Blues festival en ce lieu magique où la musique flotte et où l’ambiance est conviviale, les gens sympathiques et, par dessus tout, amateurs de bonne musique.

Le concert de Wille and The Bandits prenait place à l’intérieur même de la ferme, et quelle ne fut pas ma surprise de rentrer dans une salle qui pouvait accueillir au maximum 300 personnes ! Je pénètre donc dans cet endroit magique dont les murs sont couverts de décorations musicales, où l’escalier qui mène à l’étage est l’ouvre d’un artisan et prend la forme d’une contrebasse aux dimensions surnaturelles. Mes yeux se promenant de détail en détail de la pièce, des panneaux, photos et affiches murales au feu de bois en plein centre de la salle, le concert commence.

La première chose qui me saute aux oreilles est l’acoustique de la salle, une des meilleures jamais rencontrées, et je comprends alors pourquoi le lieu est tant aimé et respecté par des musiciens du monde entier, pourquoi cette ferme est si petite et permet une si grande proximité avec les musiciens. Le show dure plus de deux heures. Wille, assis avec sa guitare et le micro fixé devant lui enchaîne les morceaux alternant la guitare acoustique et slide, jouant avec les pédales d’effets (première fois que je voyais quelqu’un se servir avec autant d’efficacité d’une pédale de disto sur une guitare acoustique), le rock le reggae et le folk. Sa voix rauque entraîne, envoûte les oreilles comme les esprits, l’effet du slide est saisissant et permet d’installer une ambiance qui se lie avec celle, douce et caressante de la ferme. Avant même le début de premier morceau, le groupe est intriguant, le batteur et le chanteur arborent des dreads longues et le chanteur les fait dépasser de son chapeau, un style inédit et original, le bassiste a des airs de gentil garçon et ne cache pas sa joie d’être là. La base rythmique du morceau, le duo basse batterie, est redoutable de précision et de clarté dans le jeu. De styles en styles, de la puissance à la douceur la plus totale, le groupe est totalement crédible et joue avec son public, l’emmène avec lui, sans avoir recours à un jeu de scène particulier.

Wille and The Bandits 2

Impossible donc de détacher son regard ou ses oreilles du groupe, excellent du début à la fin (c’est à dire après 3 ou 4 rappels). Leur reprise de Black Magic Woman est saisissante, celle de Money For Nothing électrisante, de quoi rentrer chez soi changé. Happé par le jeu des musiciens et leur efficacité en groupe, il est impossible de résister à la musique, ils font danser, émeuvent, parviennent à toucher les gens au plus profond, des magiciens.

Après le concert, réveil doux et paisible, je reste stupéfait et incroyablement en phase avec moi même, heureux. J’ai la chance d’intercepter le bassiste, de lui poser quelques questions sur la musique en général, de récolter quelques infos sur le groupe.

Personnage extrêmement amical et sympathique, il m’explique que le groupe s’est formé de musiciens qui buvaient dans le même pub, à Londres. Il me précise aussi comment dans cette ville les gens sont peu enclins à se bouger les fesses pour entendre de la bonne musique: “A l’époque, je jouais dans un nightclub avec un groupe, on animait la soirée pendant trois, quatre heures. Pourtant les gens, à l’entrée, quand on leur demandait 5 livres pour l’entrée faisaient demi-tour. Nonsense ! Ils allaient quand même les débourser pour leurs deux premières consommations ailleurs ! Les gens, ici sont prêts à se déplacer de centaines de kilomètres pour aller découvrir de nouveaux artistes, de nouveaux groupes, pas chez nous. Les artistes sont connus dans certaines parties de la ville, là où ils ont pour habitude de jouer.” Il explique comment il a rejoint Wille and The Bandits il y a de cela un an et demi maintenant et qu’ils sont en tournées pour environ 250 concerts par an! “That’s My Job, that’s what I like and yes, I’d do it all my life“. Quand je le questionne sur son niveau de basse et sur comment on arrive à une telle précision et dextérité il réplique, le plus humblement du monde : “Il suffit de jouer sur scène ! Jouer dans sa chambre, c’est chouette, mais ça ne mène aucun réel progrès alors que jouer devant un public, ça pousse à s’améliorer ! ” Nous discutons encore pendant une petite heure puis je le salue et il rejoint les deux autres membres, qui boivent un verre avec les derniers habitués et quitte, presque à regret la Ferme de la Madelonne, où je me promets de revenir le plus vite possible : ce lieu est tant empreint de magie et de douceur que seule la beauté musicale peut y habiter.

Amis Amateurs de musique, j’espère que vos pas vous guiderons un jour jusqu’à la Ferme de la Madelonne.

– Merci à S. Hauseux pour l’interview-

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