Manu Chao La Ventura @ Esperanzah ! 2014
02 Août 2014

Manu Chao La Ventura @ Esperanzah ! 2014

Premier récit, premier jour : Comment réparer

02 Août 2014

Premier récit, premier jour : Comment réparer une tong.


C’est sous un soleil salvateur qu’Esperanzah commence. Salvateur parce qu’après avoir passé les Ardentes sous la pluie, je commençais à désespérer de revoir ses rayons. Bonne humeur donc pour cet article, première review du festival, Manu Chao (que demande le peuple?).

Eh bien le peuple ne demande pas plus, justement et il l’a montré ce jeudi 31 juillet. Avant même que n’entre en scène le phénomène de l’ex Mano Negra, le public était “chaud”. Je tiens particulièrement à m’arrêter sur cet aspect. Un concert de Manu Chao sans ambiance ne vaut pour moi pas vraiment le détour (désolé). Rappelons-nous que le répertoire de Manu Chao comporte quelques instrumentales recyclables (et recyclées à n’en plus finir) servant de base à des textes en espagnol variés, engagés et assez touchants pour la plupart. Seulement en concert le français mélange textes et musiques, recrée des arrangements pour servir ses
textes, ce qui rend assez ardu le rôle du public – reconnaître les chansons. Je l’admets, je suis resté un peu sceptique par moments devant la répétition des mêmes schémas musicaux, structures, accords. Sur deux heures et demi de temps, un demi heure suffit pour faire le tour de la richesse musicale de sa Ventura. Cependant, il n’est absolument pas dans les intentions de Chao de “faire compliqué”, le message doit passer, la foule doit bouger, des arrangements supplémentaires ne sont pas nécessaires.

Mais venons-en au fait, comment réparer une tong? Pas compliquée et nécessaire avec les tongs bon marché que je porte, l’opération s’est avérée urgente par deux fois durant le concert, me transformant en véritable cordonnier des pogos (j’en fais trop, je sais). Pourtant, le cœur du concert réside là. Ne pas mettre de tongs à un concert de Manu Chao. L’ambiance portée par les quatre compères est bien trop puissante pour les affreuses “barquettes”  rouges que je porte. Pas une minute pour s’ennuyer, les chansons s’enchaînent sans pause. Pourtant,        la communication avec le public est présente. Manu Chao ne se dé-chapeaute pas, mais son personnage (tous les musiciens, d’ailleurs) possède un aspect touchant et généreux qu’aucune barrière ne freine et qui atteint le public avec une efficacité fracassante. Il donne énormément d’énergie, à son band également, et en reçoit autant de leur part. La Ventura arrive d’ailleurs à déployer une puissance remarquable par quelques procédés simples.
Le bassiste, Gambeat (de Jean Michel Dercourt, ça ne s’invente pas), arrive gagnant dès son entrée sur scène, arborant un sourire large que je me permettrai de qualifier de “banane”. Malgré sa fâcheuse habitude d’appuyer sur la quasi totalité des touches de sa banque de son avant chaque morceau, il inspire une grande sympathie et affirme avec aisance les lourdes notes que portent son instrument.

 

 

Madjid Fahem (guitare soliste), en revanche, m’a impressionné, montrant une grande dextérité à travers les quelques styles explorés par Manu et sa Ventura. A la guitare élecrique et folk, il apporte beaucoup de force au groupe mais aussi beaucoup de fraîcheur, de piment, de saveur à des compositions parfois trop entendues. Son grand sourire et son style décontracté apportent un soutien au personnage de Chao, fort proche. Ce dernier reste d’ailleurs le fer de lance du concert, menant ses troupes (public et groupe) avec beaucoup de dynamisme. Il se laisse rappeler un nombre difficilement calculable (cinq?) de fois et ne fatigue jamais. Inépuisable, rebelle, touchant, une vraie découverte et un vrai plaisir quand il s’agit de baigner pieds à moitié nus dans la foule. Le concert se prolonge jusqu’à l’épuisement du public, toujours plus surpris de voir les artistes remonter sur scène, mais les rappelant à chaque départ. Les deux heures et demi de concert libèrent une foule sur les rotules mais chantonnant joyeusement les “Woyoyoyo” de Manu Chao.

 

Leave a comment
More Posts
Comments
Comment