Quand il était petit, Father John Misty rêvait d’être pasteur pour pouvoir se produire sur scène. Heureusement en grandissant, Joshua Tillman a claqué la porte de Jesus Camp mais a gardé son sens du spectacle. Le pasteur qui officiait ce mercredi avait donc perdu la foi, et force était de constater que nombre de spectatrices l’auraient volontiers défroqué.
Dès son entrée sur scène, le ton est donné. Le ténébreux Misty entame sa superbe ballade ” I Love You Honeybear”. Dans le public, les yeux se ferment, les membres se relâchent et les têtes hochent. Lui, il occupe l’espace, déambule, se recroqueville, empoigne les mains d’une spectatrice et, un instant, chante rien que pour elle, à deux centimètres de son visage. Même le plus couillon des homophobes devra admettre que ce mec est très sexy (dreamy comme ils disent là bas). Silhouette élancée, tout de noir vêtu, il remue sa chevelure de mannequin “The Kooples” en dansant comme un Jarvis Cocker reconverti en strip-teaseuse. Sa voix chaude et intense enveloppe l’espace. L’audience est captivée. Pour peu certains se mettraient à parler en langue et à se convulser par terre.

© Alexandre Gubbelmans
En plus d’être charismatique et bon chanteur le beau FJM est bourré d’humour. Entre chaque chanson il fait poiler la galerie. Showman né, il désamorce l’émotivité de ses chansons par des échanges spirituels avec le public. Une spectatrice à l’excitation sexuelle joviale lui lance “shake your hips”! Lui, répond d’un air effarouché : “Ok, now that I’ve been objectified… Why don’t you shake your fucking hips? You people are insane! ‘Gonna burn this place down with enthusiasm”. Plus tard il vole le smartphone d’une nana en train de filmer le concert et ironise sur cette pratique avant de prendre un selfie avec son guitariste.

© Alexandre Gubbelmans
Côté musique, notre amoureux s’exécute avec zèle. Peu de différence entre le disque et le live. Le “plus” se trouve donc définitivement dans la performance visuelle. Grâce à son capital sympathie, le Père Jean Brumeux réussi à faire passer quelques chansons un peu chiantes sans qu’on puisse lui en tenir rigueur. Si on lui pardonne, c’est pour les moments de bravoures qu’ont été “I love you honeybear”, la plus country “I’m writing a novel”, une belle reprise de “I’m Your Man” de Leonard Cohen et celle découverte dans True Detective, et qui clôt le concert; “Every man needs a compagnon”.
Crédits photos: Alexandre Gubbelmans
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