God is in the Black Music
10 Juil 2012

God is in the Black Music

De par leurs conditions de vie difficiles,

10 Juil 2012

McIntosh County Shouters

De par leurs conditions de vie difficiles, les Afro-Américains d’antan ont trouvé dans la religion une échappatoire, un sens, à leur existence. Ces hommes et ces femmes qui étaient, pour la plupart, analphabètes, n’avaient que la parole et donc le chant comme seul moyen d’expression. C’est pourquoi ils ont littéralement investi la musique religieuse américaine. Cette tradition musicale s’est transmise de génération en génération et est encore présente aujourd’hui. En voici la genèse.

A l’époque de l’esclavage
Alors que l’animisme, hérité de l’Afrique, continuait de jouer un rôle prédominant pour les premières générations d’esclaves, la religion chrétienne se généralisa rapidement à partir du XVIIIème siècle. Un mouvement religieux appelé “le grand réveil” enjoignit aux maîtres blancs d’œuvrer pour le salut de leurs serviteurs. C’est ainsi qu’un grand nombre d’esclaves furent convertis à la religion chrétienne. Malgré le contrôle que les maîtres tentaient de conserver sur cette part de leurs vies, les esclaves parvinrent à développer une “Église invisible” dont les pratiques différaient de celles des Blancs.
Lors de ces cérémonies, ils prêchaient en utilisant les chants et la musique, ce qui était interdit chez les Européens. L’épisode de l’Exode des esclaves du pharaon menés par Moïse tenait par exemple une grande place dans les chants.
L’accompagnement musical est tout d’abord rudimentaire, il est constitué de claquements de mains, de coups de bâtons et d’autres outils d’esclaves.
Inspiré d’une tradition musicale africaine, le “ring shout” est le parfait exemple des prémices de la musique religieuse afro-américaine. Ci-dessous, les McIntosh County Shouters, héritiers fidèles de ce genre musical.


(Si si, cela se passe bien aux Etats-Unis !)

Le Negro-spiritual
Après l’abolition de l’esclavage, les premières Églises Noires “officielles” ainsi que les écoles pour Noirs font leurs apparitions. Luttant contre l’oppression menée par le Ku Klux Klan, les Afro-Américains continuent d’interpréter des chants religieux pour faire face à la dure liberté mais aussi pour entrevoir un début d’éducation et d’enseignement. C’est ainsi que des groupes vont être créés par les universités.  On retiendra surtout les Fisk Jubilee Singers, de l’initiative de la première université afro-américaine, la Fisk University de Nashville, chantant “Swing Low, Sweet Charriot” en 1909.

Une des spécialités du négro-spiritual est le quatuor vocal, appelé aussi Male Quartet, les groupes chantent a capella ou accompagnés par un piano. Le plus célèbre, et le seul à être encore actif, est le Golden Gate Quartet qui joue ci-dessous “Joshua fit the battle of Jericho”.

Le Gospel
A partir de 1870, les instruments sont de plus en plus présents aux offices, en plus des claquements de mains et des mouvements du corps, c’est désormais l’orgue et les instruments à cordes qui accompagnent les chants religieux. C’est à ce moment là qu’apparait le père du Gospel que nous connaissons aujourd’hui : le Gospel Song. C’est un pasteur, Charles Albert Tindley, qui écrit  en premier ces Gospels Songs en 1916 dans un recueil intitulé “News songs of Paradise” dont l’extrait suivant en est tiré (Carolyn Disnew-Zameret – “I will overcome someday”)

On attribue généralement “l’invention” du Gospel, avec un grand “G” à Monsieur Thomas Andrew Dorsay vers 1930. Les principales différences avec le négro spiritual et les Gospel Song c’est qu’il y a beaucoup plus d’instruments et les textes parlent de Jésus et de ses Apôtres, contrairement aux prédécesseurs qui se concentraient sur l’Ancien Testament.

Nous pouvons nous extasier devant l’une de ses créations, “Precious Lord“, chanté ici par la magnifique Aretha Franklin en 1956.

Et enfin, comment parler du Gospel sans citer la maitresse du genre : Mahalia Jackson. Sa puissance vocale n’étant plus à décrire, je vous laisse apprécier.

Et aujourd’hui ?
La diversification des genres musicaux et la prise de distance des jeunes par rapport à la religion ont fait que la musique religieuse n’est plus au centre de l’attention des Afro-Américains. Mais elle reste néanmoins présente dans les styles musicaux plus “modernes”.
Il suffit de voir certains succès dans le rap chrétien, le “Hip-Christ” ou “Gospel Rap”, comme on dit aux USA.
A titre d’exemple :

 

Mais il y a aussi un regain d’intérêt pour la musique Gospel chez la jeune génération, le groupe “Harlem Gospel Choir” qui allie classique de la musique religieuse et art urbain, en est l’exemple parfait.

Quoi qu’il en soit, la musique religieuse afro-américaine a été à l’origine d’un nombre incommensurable de chefs-d’œuvres musicaux et que l’on soit croyant ou non, ceux-ci ne peuvent absolument pas nous laisser indifférents.

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