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Le réveil de la force pour IAMX

L’Ancienne Belgique était en feu ce samedi 7 novembre aux alentours de 20h30. En effet “Metanoia”, sixième album d’IAMX (UK) sorti en octobre 2015, a réuni tous les fans inconditionnels autour de Chris Corner, chanteur emblématique. Son charisme sévit depuis 2004, année de sortie de son premier album Kiss + Swallow. Depuis lors, la sauce n’a fait que prendre de plus en plus grâce au second album, The Alternative (2006) dans lequel Spit it out et President ont fait l’unanimité quant au succès du style barré mais hypnotique d’IAMX qui arrive à mélanger de l’electro pointilleux avec du rock indie.

L’album sorti à peine une semaine après, “CCx” et ses trois musiciens (Janine Gezang, Sammi Doll et Jon Siren) tous aussi déjantés, annoncent leur Metanoia Tour qui débute des Etats-Unis jusqu’en Russie en passant par le Canada et autres grandes villes européennes. Autant dire que l’envie de se revoir est réciproque. La fosse, mais également les balcons et la tribune de l’AB étaient noirs de monde.

C’est évidemment sur l’arrivée sur scène de M. Corner qu’on se rend compte à quel point il nous avait manqué pendant deux ans. Et à chaque fois c’est la même émotion qui nous revient: l’extase. Tout simplement parce que ce n’est jamais “juste” un simple concert mais un show à lui tout seul. Toujours vêtu de noir, que ce soit pour un costume excentrique ou pour un sweatshirt “design-é” par ses soins (comme cette année), le personnage nous attire tel un aimant. Constamment accompagné d’un maquillage sombre ou de paillettes, avec un képi orné de plumes et de strass, il nous reflète le côté sombre de ses paroles mais aussi celui du showbiz dans lequel IAMX s’est vu être très vite confronté à ses débuts. Sa prestance et présence scénique nous animent à un tel point qu’on souhaite tous être ses fans préférés parmi ceux de sa tournée européenne. Toutefois, il aime se faire discret, jamais Ô grand jamais les spots ne lui éclaireront le visage couvert de paillettes. Mais on le lui pardonne puisqu’on sait que son excentricité légendaire représente le côté face du leader. En effet, il ne cesse de recentrer ses fans sur le fait que dans sa vraie vie (son côté pile), il n’est absolument pas ainsi, se promenant dans les rues comme tout le monde avec son chien blanc très poilu, sans maquillage ni paillettes et sans fans.

IAMX nous fait découvrir Happiness (premier single de Metanoia) mais également Mercy et Oh Cruel Darkness Embrace Me. Puis il nous gratifie des hits tels que I’m Terrified, I Come With Knives et entre autres After Every Party I die qui réjouissent les fans des toutes premières heures. Pour le rappel final, il fait monter une vingtaine de fans sur scène tout en buvant son champagne. Un vrai succès.

Cet album est nommé ainsi car “metanoia”, venant du grec, désigne un processus de changement fondamental dans la personnalité, incluant la remise en question de l’ego et de l’ouverture d’esprit. Ce terme a été choisi car Chris Corner a confié récemment que durant plusieurs années, il s’était senti piégé et vide de sens, malgré la musique qu’il produisait. Il a ainsi été en thérapie pendant un long moment pour pouvoir se reconstruire et vaincre ses émotions dévastatrices : “And I realized that it wasn’t the music that was hurting me, it was just that I had to reprogram myself to approach things in a different way, and it became very clear to me that I still wanted to make music more than ever” . C’est ainsi qu’avec ce dernier album, IAMX nous offre ses compositions les plus intenses et personnelles, un peu plus loin des thèmes de la décadence, de l’obsession et entre autres de la bisexualité dont on en avait l’habitude jusqu’ici. A déguster d’urgence.

 

Jamie Woon propose un cocon de chaleur avec Making Time

Depuis fin septembre, Jamie Woon nous tease des versions live de certains des titres de son nouvel album Making Time. Le chanteur né en Angleterre a baigné entre les racines sino-malaisiennes de son père et les racines irlando-écossaises de sa mère, qui n’est autre que la choriste Mae McKenna.

On commence sur les chapeaux de roues avec Message, un titre bien loin de ses succès Pop-House d’il y a 4-5 ans et dégageant un velouté chaleureux. On est clairement dans un groove jazzy qui suggère conjointement ceux des légendes Barry White, Bill Withers et Stevie Wonder. On y ajoute cette petite voix mielleuse à la tessiture large (la preuve avec Spirits) et le tour est joué. Le 2ème titre, Movment, surfe sur une vibe R&B avec une instru très proche du She wants to move de N.E.R.D. Sharpness, l’extrait suivant s’inscrit dans une lignée rythmique similaire. On a même parfois le sentiment d’écouter une co-production de Pharrell Williams. Arrivé au 4ème son, on tombe sur une voix rauque et gracieuse précieusement posée sur  la musique de ce qui semble être un ukulélé. On s’imagine alors immédiatement au coin d’un feu crépitant dans un chalet perché sur une montagne enneigée. Mais qui est donc cet homme qui apporte une nouvelle dynamique à l’album? C’est Willy Mason en personne. Et puis, il y a les kicks, aussi puissants et profonds que sur la demo 17 du groupe américain Abhi//Dijjon. Enfin, les trompettes et/ou les corps finissent de nous apaiser avant le début du prochain titre prénommé Lament.

https://twitter.com/jamiewoon/status/659173834763935744

Cette 5ème chanson est construite sur la base du crooning et c’est certainement la plus teintée de Jazz sur tout le projet. Elle rappelle également le titre de Justin Timberlake : (Another Song) All Over Again. Après Forgiven et Little Wonder, le titre Thunder nous fait faire un virage à 180°. On se retrouve complètement retournés par ce son qui semble un peu brouillon. Des effets sonores arrivent de tous les côtés, le rythme est déformé quasiment tous les 16 temps, on décèle quelques sonorités ethniques par moment. Il est très difficile de distinguer les couplets des refrains à la première écoute et l’outro du son, encore complètement différente, finit de nous chambouler. On arrive enfin sur Dedication, le dernier extrait de Making Time, qui commence comme une petite chanson de fin d’album. En réalité, c’est la track la plus longue de l’album, c’est une sorte de cadeau que Jamie nous fait avant de clore le projet. Sa construction rappelle le déroulement du coït, oui le coït. On commence tout doucement, on monte en chaleur progressivement jusqu’à atteindre l’explosion au 7e ciel, on reste planer quelques temps là-haut avant de redescendre et reprendre tous ses esprits. Pour ceux qui n’auraient que 6 minutes pour conclure leur affaire, ce son est un métronome idéal.

Mélange entre instruments et technologies électroniques, cet album ne sera pas celui sur lequel vous sauterez dans tous les sens pour vous défouler. Par contre, il est un bon compagnon pour les nuits froides. Making Time vous injectera une bonne dose de chaleur et de velours directement en plein cœur. Le projet aura aussi le potentiel de vous réconforter en cas de déprime pré-hivernale ou de flemme aiguë congénitale. Enfin, une chose est sûre, vous ne pourrez pas résister à la grâce que dégage le deuxième album de Jamie Woon. Pour les sceptiques, le chanteur sera au Botanique le 10 novembre prochain, ce sera l’occasion de se faire un avis définitif sur le bonhomme.

 

 

Abd al Malik s’est enfin mis au rap

La comparaison facile en hérissera plus d’un, mais le dernier clip d’Abd Al Malik surfe sur une énergie venue de la galaxie Yeezus, et ça fonctionne.

Extrait de Scarifications, son nouvel album, Daniel Darc est son dernier single. Avec Laurent Garnier à la production et Romain Cieutat de HK corp à la réalisation ça pouvait difficilement être un bide. La vidéo filmée en 3D offre un rendu futuriste, moderne, proche de ce qu’on a pu voir dans BLKKK SKKKN HEAD.

On se régale en 1080p.


Quelle est la formule magique du buzz musical?

Vous avez sans doute entendu parler du double buzz du moment. Adele et Drake se sont récemment imposés sur la toile, chacun à leur manière. Pourquoi leurs clips, sortis il y a deux semaines, sont toujours aussi présents sur nos écrans. BeatChronic décrypte ce séisme virtuel pour vous.

Drake nous a révélé son dernier clip Hotline Bling (le single est sorti en juillet 2015) via Apple Music, réalisé par Director X, lui-même inspiré de James Turrell. Clip musical pour lequel les réseaux sociaux se sont enflammés. La raison? La danse endiablée de Drizzy de 4 minutes qui a été qualifiée de mix entre bachata et salsa, de stanky leg, ou encore de danse à la Carlton. Certes, nous pouvons constater sa décontraction dans un décor minimaliste, mais peut-être un peu trop de freestyle sur le côté artistique. Nouvelle tendance? Probablement, vu les différents pranks qui ont déjà été réalisés par certains artistes, eux-mêmes amusés. Vous avez sans doute vu sur votre “newsfeed” pas mal (vraiment beaucoup, on se l’avoue) de gif, mèmes et parodies qui singent Drake en train de faire du basketball ou du ski. Il n’a effectivement pas fallu longtemps pour que les internautes détournent le clip. Enfin bref, le buzz est là ainsi que le son qui accompagne le fameux clip vidéo, car oui, notre canadien est avant tout un musicien et pas forcément un danseur. Toutefois, ces minis vidéos ont poussé Hotline Bling à la tête des charts. Mais est-ce un coup de génie ou tout simplement un flop? Ou peut-être qu’il essaie de se la jouer comme notre Stromae national, le king de la comm’?

Autre phénomène constaté: le Hello d’Adele. Vous n’avez certainement pas pu éviter son fameux clip, réalisé par Xavier Dolan. Depuis deux semaines également, elle atteint les sommets avec plus de 200 millions de vues. Ce clip nous raconte la fin de relation entre Adele et son ex. Tous les ingrédients y sont: l’amour, la séparation, le film réalisé en noir et blanc qui donne un côté dramatique mais romantique, les feuilles d’automne, les flashbacks, sa solitude, les larmes et bien sûr sa beauté incontestée (oui, elle a perdu du poids malgré son clash avec Karl Lagerfeld).

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Mais pourquoi avons-nous tous regardé ce clip? Car, on doit se le dire, tout le monde n’est probablement pas über fan d’Adele. Pourquoi tant de succès? Tout simplement parce que ça nous touche. La simplicité de cette vidéo nous ressemble. Elle est dénuée d’excentricité, pas de grosse voiture de luxe, pas de smartphone. Juste elle. Tout le monde a pu se reconnaitre, autant dans sa vidéo que dans ses paroles. Qui plus est, cette chanson colle parfaitement avec le “mood” actuel d’automne, un brin mélancolique, qui donne envie de s’emmitoufler juste un peu, avant l’hibernation. Mais encore, le clip raconte littéralement la chanson (ce n’est pas toujours le cas). Elle est torturée et pleine de remords, lui, ne répond pas, ou plus. Ce qui est reflété par les séquences où Adele pleure seule dans la cage d’escaliers, ou se retrouve face à elle même au bord du lac, le vent lui giflant le visage. Et enfin, on n’avait plus entendu Adele depuis 3 ans et son comeback était attendu au tournant. Même si elle est encore loin derrière les 2 milliards de vues du Gangnam Style de Psy, c’est déjà un retour très remarqué.

Pourquoi ces deux clips font alors un carton alors qu’ils n’ont rien en commun? On en parle toujours, on les voit toujours même après que 15 jours se soient écoulés depuis leur sortie.
Les styles musicaux sont bien différents, les styles artistiques également mais la formule reste la même et elle est simple. Primo, être attendu sur son premier single. Drake l’a bien compris en droppant d’abord la soundtrack pour faire mijoter son public sur le visuel. Secundo, personnaliser sa vidéo, étonner les fans tout en restant fidèle au personnage. En gros, montrer qu’on a évolué mais en mieux, vers l’imprévisible. Ensuite une dose de prouesse (que ce soit pour les dance moves ou au niveau vocal) qui fera sa magie lorsqu’on évoquera le buzz qui colle à l’artiste. Et pour finir, le timing joue beaucoup. On essaie tous de se délester de nos soundtracks d’été, et les hits tels que ceux de Drake et Adele nous permettent de faire la transition vers l’immersion des sorties en tous genres d’albums et compilations pour les fêtes de fin d’année. Pour un effet encore plus médiatique, ajoutez-y une chorégraphie endiablée comme pour le phénomène Whip Nae Nae, and that’s a wrap.

Vous connaissez désormais la recette pour une bonne et fructueuse couverture médiatique.

2×2 places places pour Badi, Soul’Art & Karavan @ Botanique – 14.11.2015

Le 14 novembre, le rappeur belge d’origine congolaise Badi présentera son nouvel EP Matongé à la Rotonde du Botanique. Entre rumba congolaise et instrumentales urbaines, celui-ci fêtera les 55 ans d’indépendance de la République Démocratique du Congo avec vous, son public favori. Afin d’ajouter du piment à cette prestation, les premières parties seront assurées par $oul’Art et Karavan.

Etant donné que nous aimons chérir nos chers lecteurs, nous vous offrons la possibilité de gagner 2×2 places pour témoigner de cette effervescence de talents belges.

Comment faire ?

1) Liker la page Facebook : BeatChronic 

2) Partager le lien avec le concours sur sa page Facebook

3) « Participer » à l’évènement sur Facebook

4) Envoyer un mail sur contact@beatchronic.com avec votre NOM + PRENOM

Le concours prend effet le 4 novembre et se terminera le 13 novembre. Un mail de confirmation sera envoyé aux gagnants.

 

Clip : Baloji – CAPTURE feat. Petite Noire et Muanza.

En attendant son concert au Botanique, Capture de Baloji avec le sud africain Petite Noire et le congolais Muanza continue de nous faire rêver.

Filmé à Kinshasa, le clip co-produit par Baloji emmène à la recherche de l’identité congolaise: paysages, caméo de Sam Lambert/ACF , portraits sur fond, silhouettes mécaniques et élégance punk.

64 Bits & Malachite est toujours disponible sur Itunes.

 

Service minimal pour Nosaj Thing

C’est dans une salle comble du VK que nous avons assisté au concert de Nosaj Thing. On se faufile au devant de la scène, les yeux grands ouverts pour assister au deuxième passage de l’artiste à Bruxelles. Retour sur cette soirée pleine de basses.

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Maybe Belgium #11 : rencontre avec SMODBT

Vous commencez à connaître le principe : un DJ et/ou producteur belge, une track list hybride et une mixtape inspirée, on parle ici de Maybe Belgium. Et c’est SMODBT A.K.A. Some Ol’Dirty Beats qui s’y colle pour la 11e édition. En accompagnement de cette mixtape, nous vous offrons une interview pour découvrir un peu plus le bonhomme qui se cache derrière cette bande sonore.

« La Musique est l’élément qui me connecte aux gens, à la ville où je vis, à la Mère Nature et à tous les éléments du Cosmos, du plus petit au plus large. La Musique a cette habilité à nous connecter en tant qu’Etres Humains, plus que n’importe quelle confession ou croyance du Monde. Quand je mets l’aiguille sur le disque et laisse le son caresser mes oreilles, je n’ai besoin de rien d’autre. Je suis debout, je ne bouge pas, j’écoute et me laisse envahir. Je pense que c’est une sorte de code acoustique de notre psyché. Il y a toujours une musique pour un moment que tu vis, pour l’état d’esprit dans lequel tu es, cette sorte de lumière qui traverse la fenêtre. La Musique m’apporte du positif et de la bonne énergie, je n’ai jamais essayé la méditation mais c’est un peu pareil, définitivement. »

BeatChronic presents “Maybe Belgium” #11 : Someol’Dirty Beats by Beatchronic on Mixcloud

INTERVIEW

D’où viens-tu, quel est ton parcours, depuis quand est-ce que tu mixes ?

Je suis né et j’ai grandi à Tunis dans une famille de mélomanes. Mon père est musicien amateur, il jouait du luth. Aujourd’hui il a une très bonne collection de vinyles et de cassettes, surtout de la musique arabe, orientale et jazz. J’étais donc baigné dans la musique depuis ma naissance. Et j’ai continué sur cette lancée en étudiant la musicologie, le piano classique et les techniques du son pour le cinéma et la musique. J’ai commencé à faire des sélections et les enregistrer sur des bandes magnétiques au milieu des années 90 avec une platine et deux magnétophones de mon père. J’avais aussi une vieille table de mixage empruntée à un ami qui ne s’en servait pas toujours. 

Qui t’a donné envie de faire de la musique ?
Mon père m’a fait aimer la musique mais il ne m’a jamais encouragé à faire un parcours musical. Il m’a toujours dit qu’on ne peut pas gagner sa vie en faisant seulement de la musique.

On se doute que ton blase fait principalement référence aux sons hip hop d’antan mais quelles sont tes 3 influences principales, les musts selon toi ?
Oui, j’étais un grand fan de Old Dirty Bastard (the craziest Mc of all time RIP !!!). Mais c’est aussi en opposition aux sons qui « brillent tellement ». Je m’explique : des sons qui sont traités et retraités au millimètre près, bourrés d’effets embellissants. De telle sorte qu’il n’y a plus aucune chaleur humaine dans la production finale. Moi ce que j’aime dans le travail artistique, c’est les petits accidents et les petites imperfections. Je trouve que ça rajoute de la valeur humaine, on sent que ce n’est pas une machine qui a fait le travail. Pour répondre à la question, le hip hop, le jazz et la musique orientale, sont mes 3 influences principales.

Je crois savoir que tu produis aussi, quelle a été l’impulsion qui t’a lancé là-dedans ?
En fait, je ne suis pas vraiment dans la production. J’ai essayé de faire quelques beats, oui, mais je n’aime pas ce que je fais, je préfère les productions des autres. En plus, je pense qu’il faut être dans un style ou genre musical bien précis pour produire. Ce qui n’est pas mon cas, j’aime plusieurs styles tellement différents. Le jour ou j’aurai fait le tour de toute la musique qui existe dans ce monde, peut-être que je pourrai y voir plus clair et me relancer dans mes propres productions!
  
Quel est, selon toi, le meilleur artiste belge de tous les temps ? 

Marc Moulin parce que je trouve que c’est un architecte de la musique. Il arrive à synthétiser énormément d’influences différentes pour faire un travail très abouti et esthétique, tout en gardant toujours une touche expérimentale. Ce qui est de l’ordre du génie musical selon moi. En plus, il est à l’aise aussi bien en jazz qu’en électro ou encore en pop.

Quel est, selon toi, le meilleur artiste belge du moment, celui qu’il faut suivre absolument ? C’est difficile à dire, il y en a un tas qui sont vraiment bons. J’aime beaucoup ce que fait Shungu, il vient de sortir un nouveau projet bien jazzy, il est jeune et je pense qu’il peut aller encore très loin. Après il y en a plein d’autres, l’Or du Commun, MonkeyRobot, LTGL ou encore Stuff qui est un band de jazz fusion. Je trouve que ce groupe est vraiment la continuation du travail de Placebo (le groupe de Marc Moulin). ll y a aussi Oyster Node, un nouveau groupe de Bruxelles, ils viennent de sortir leur premier EP, YEARN, un mélange de hip hop, de soul et d’électro qu’ils appellent la Cosmic R’n’b.

Quelle est le meilleur festival belge ou la meilleure salle/boite belge selon toi?
Il y a le Dour Festival, l’AB, le FUSE, Het Depot, le Vooruit. C’est surement parce que ce sont aussi les endroits où je sors souvent !

Et à quel endroit rêves-tu de te produire ?

C’est l’énergie du public et leur amour pour la musique qui compte le plus pour moi, peu importe le lieu. Ce qui compte c’est un bon sound system et de la bonne énergie humaine!! J’ai fait des sets dans des petits lieux pas connus du tout, mais qui m’ont inspiré et m’ont marqué par leur chaleur et l’énergie positive qu’ils dégageaient.

Est-ce qu’aujourd’hui ton activité musicale suffit à subvenir à tous tes besoins ? Si non, comment fais-tu pour joindre les 2 bouts ?
Non, la musique ça ne me suffit pas pour le moment, je gagne ma vie en tant qu’ingénieur du son sur les tournages de films.

Peux-tu nous dire 2 mots sur ton mood et tes intentions lorsque tu as fait cette mixtape ?
Je voulais provoquer une émotion chez l’auditeur, construire une atmosphère dans laquelle il peut voyager!

Quel est ton avis concernant la polémique sur les réfugiés qui retourne une bonne partie de l’Europe depuis quelques semaines déjà ?
Il y a quelques jours j’ai vu un dessin d’Ulystrations qui met en scène une discussion entre un demandeur d’asile et un politicien européen sur le bord de la frontière. Je pense que si l’être-humain réussit un jour à se débarrasser de sa peur animale, qui a été très utile pour sa survie au début de l’évolution, on pourra faire avancer beaucoup de choses et ce sera le début de la civilisation, à mon avis!    

Tracklist ID :

John Lee & Gerry Brown – Talkin’ ‘Bout The Right One
Bill Withers – Don’t You Want To Stay
The Main Ingredient – Summer Breeze
The Bar Kays – Attitude
Wale feat. Hit Boy – The Right One
TK – Alright [for E]
Ta-Ku – Trust Me
Trance Farmers – Lone Star
The Internet feat. Janelle Monáe – Gabby
Bizarre Ride – Double LieF
Lion Babe – Wonder Woman (Suff Daddy’s Remix)
MRR ADM – 013
Kamasi Washington – Miss Understanding
Poncho Sanchez – A Night In Tunisia
Joe Williams –  Get Out Of My Life Woman
JeanJass –  Mes Jambes
Inspectah Deck – Elevation
Notorious B.I.G. – Warning
Maayan Nidam – Merry Go Round
AME – I hope that I
James Asher – Robottom
J Dilla – Give Them What They Want
Aillacara 274323 – Cumbia Yerba Buena
Unreleased
L’Or du Commun – Trèfle d’Or
Michal Urbaniak feat. Urszula Dudziak – A Day In The Park
Noza – Routine Alexandra
Anderson  Paak – Miss Right
Bilal – Satellites
Ernie Hines – Our Generation
Sly And The Family Stone – Sing A Simple Song
Unreleased
Dego & Kaidi – Black is Key
SoulParlor – Ejectronic
Leon Vynehall – It’s Just (House of Dupree)

Toutes les transitions sont réalisées par SMODBT

Artwork par Sebastien Collet

 

Pause détente au Botanique avec YellowStraps x Le Motel

Mercredi, BeatChronic a assisté à la release party de Mellow, Le LP de YellowStraps et Le Motel. Ces 3 Brainois produisent un son particulier voyageant entre jazz, pop, rock, électronique, musiques ethniques,… Avant cela, Abrahamblue est venu nous enchanter en première partie. Cet Anversois écrit et interprète ses propres productions. Voici un rapport de la soirée pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’y participer.

Il est 20h pile et celui que l’on croit être AbrahamBlue se place derrière sa table de mixage. La musique commence et un autre gars se pointe: AbrahamBlue, le vrai ! Il nous transperce dès la première note avec sa douce voix posée sur Lovers. (sketch). Le public reste assis sur les grandes marches de la salle. Après quelques titres, le chanteur nous présente son frère derrière lui. On comprend mieux leur ressemblance plus que troublante. Il demande ensuite aux gens de se lever pour danser: « You don’t have to stay like this, you can stand up you know”. Il nous fait aussi savoir que les sons joués ne sont pas sur Soundcloud « I wanted to play new things that people don’t know tonight ». Le show arrive à sa fin et on se dit que le gars a de la bouteille. Contrairement à ce qu’il dit, on sent qu’il est à l’aise dans ses baskets et cette aisance, il la partage avec son frère qui s’éclate là-bas derrière. Il danse et envoie des signaux à Abraham pour qu’il en fasse autant. Ils terminent sur Lets escape après que le chanteur anversois nous ait exprimé son attachement pour ce titre.  Son heure arrivée, il nous remercie et alors qu’il pense quitter la scène, son frère le prend en traître : « I don’t think we’re done yet, you know that track we made earlier ? I think you can do it ! ». Abraham accepte sans trop se faire prier et son frère se joint à lui pour montrer ses talents de danseur. Un bémol reste à souligner, l’effet de reverb permanent sur sa voix laisse perplexe, c’est peut-être ça qui la rend si magique. En tous cas, il n’aura pas fallu plus de 30 minutes au chanteur anversois pour nous convaincre.

Photo : Thomas Geuens

Photo : Thomas Geuens

Il est maintenant 21h passée et nous sommes de nouveau plongés dans le noir. La musique se lance quand 3, puis 4, puis 5, puis 6 silhouettes se dessinent dans la pénombre. La lumière se fait voir très lentement et on découvre Yvan qui fait du son avec son sampler. Il fait encore très noir quand il se met à chanter mais on peut maintenant distinguer qui est qui, qui est où et qui joue quoi. On voit alors Ludovic sur la droite avec sa guitare et sa basse, Mr Comb à la batterie et un saxophoniste dont on ne connaît pas encore le nom, Yvan le chanteur et Alban le guitariste derrière qui se trouve Fabien A.K.A. Le Motel. Yvan se met à chanter et la scène est agrémentée de flashs lumineux apparaissant en concordance avec la musique. Ce qui donne un très bel effet visuel. L’intro se termine sur la scène pleinement illuminée et on remarque leurs chemises aux motifs wax assorties « Ça va botanique? ».

Le concert démarre sur d’Arpeggio, on s’imprègne du phrasé si particulier d’Alban et on écoute son anglais mâchouillé qui est devenu sa marque de fabrique. Le saxophoniste nous fait une petite prouesse sur la fin du morceau avant de laisser ses camarades continuer sur Pollen, un autre morceau que l’on connaît très bien. Alban nous invite donc à chanter mais personne ne se lance. Le public est excessivement mou et extrêmement dur à chauffer.  L’habituel « à vous » sur le refrain est un véritable flop. Il faut dire que leur musique ne se prête pas à la danse de la joie. Il reste que c’est une bulle de chaleur réconfortante en cette nuit froide. À 8 minutes de la fin, la formation nous joue une chanson qui voit enfin la foule s’emporter. Raphaël, le batteur se lâche et les gens se bougent. Du coup, personne ne veut vraiment partir quand sonne le glas. C’est donc sans surprise qu’ils répondent au rappel avec Mirror Lake. Les artistes partis, l’amertume nous envahit. C’est vrai, quand on voit “Release Party ” , on s’apprête à entendre des exclus de l’album en question. En réalité, les chansons sont sur l’album mais elles ne sont pas inédites. Ce projet est disponible sur iTunes et Spotify, à vous de l’écouter et de juger s’il est digne de votre playlist.