Ahmad Jamal, de son premier nom : Frederick Russell Jones est un pianiste et compositeur de Jazz, produit de Pittsburgh des années 30. Le futur “Prestidigitateur du piano” fonde son Trio « The Three Strings » dans les 50’s. Il trouve son bonheur dans cette structure musicale, à l’image de son idole Nat King Cole, mais “Le Maître” ne pense pas seulement son art, il en élabore également une nouvelle architecture aux desseins novateurs : le Trio Piano / Contrebasse / Batterie, qui fera partie intégrante de sa griffe perso.
D’ailleurs, le style lui-même d’Ahmad Jamal est évolutif, ainsi son premier album à succès « Ahmad Jamal At The Pershing (1958) » restera gravé dans les mémoires de l’époque grâce à l’enregistrement « Poinciana », lui permettant d’ouvrir son club de Jazz « L’Alhambra » et de se lancer dans l’auto-prod.
Il faudra attendre les 70’s et son album « The Awakening » qui, comme son nom l’indique, est une véritable résurrection, un tournant spirituel qui posera les fondements de son style propre et définitif.
Au regard de son manque de notoriété, la reconnaissance émanant majoritairement de ses pairs, l’on peut en déduire qu’ “Ahmad le Magnifique” n’a jamais été véritablement en phase avec son époque. Dès le début de sa carrière, il nous confiera : « J’étais un Ange parmi les Diables […] les boppers faisaient exploser les notes, Moi je les laissais résonner jusqu’au bout de leurs vies ».
Chaque morceau (de son âme) est une véridique explosion musicale d’une beauté intemporelle. Dès lors, ses albums deviennent des délices aux 1001 saveurs. Le “Monstre aux deux mains droites” possède ce petit grain de non-sens, que l’on retrouve chez les talentueux musiciens, et qui fait germer en nous l’idée que « c’est peut-être plus que de la musique ».
Ce génie de la sonorité vous prend par la main afin de vous mener à une introspection profonde. Pour cela, il plonge jusqu’aux tréfonds de la Nature Humaine, où se bousculent nos forces, nos faiblesses et nos folies,…Là, il y déverse ses envolées sublimes qui embrasent chaque minuscule parcelle malsaine de nos esprits, ne laissant place qu’à la sérénité, contribuant ainsi à notre harmonie globale.
Ses gimmicks addictifs viennent renforcer la densité sonore étant le fruit d’un travail rythmique assidu témoignant de son désir : Partager pleinement chaque sensation afin de véhiculer son message de paix universelle. Il déclarera à ce sujet : « La Quête c’est celle de la Paix, musicale et intérieure ».
Ahmad a le souci du détail; il pousse son art à son paroxysme. Dès lors, chaque silence tendant vers l’infini, devient tout aussi important que les sons qu’il sépare. Non-conventionnel à souhait, il se permet des écarts novateurs dont on ne peut lui tenir rigueur. Selon moi, le seul sort auquel on peut le condamner est d’être artiste à perpèt’.
Au-delà des notes, il fait frémir vos sens, fait réapparaître à la surface de vos consciences vos instincts les plus enfouis. Authentique Dealer d’air pur dans un horizon musical couvert d’un smog de ‘bruits’ prémâchés dont on veut nous gaver afin que les Majors engloutissent nos maigres porte-monnaies. Bienvenue dans l’ère de l’obscurantisme musical.
1- “The Awakening” – 6:19
2-“I Love Music”- 7:19
3- “Patterns” – 6:19
4- “Dolphin Dance” – 5:05
5- “You’re My Everything”- 4:40
6- “Stolen Moments” – 6:27
7- “Wave” – 4:25
“Poinciana” de l’album “Ahmad Jamal At The Pershing”
PS : les surnoms entre guillemets/ italiques n’émanent pas de ma plume mais d’éminents jazzmen pour qui Ahmad est une open-source d’inspiration.




Après avoir commenté un autre article sous le pseudo djkichi, je change pour celui-ci et je remercie l’auteur pour la découverte de cet artiste qui amène le jazz et la musique par extension à un niveau de lyrisme que je n’imaginais pas jusqu’à présent. Thanks
Je suis bienheureux que ce partage t’ai atteint.
Merci.
Moi ce que j’en dis …
Ou plutôt ce que JayD en dit
http://www.youtube.com/watch?v=NdTiX4QHBhw&feature=related