Dr.Dre : Compton.
14 Août 2015

Dr.Dre : Compton.

Si on n’aura probablement jamais la chance

14 Août 2015

Si on n’aura probablement jamais la chance de jeter une oreille sur Detox, Andre Young AKA Dr.Dre nous gratifie cet été (et 5 jours avant la sortie de Straight outta Compton) d’un album qui respire la Californie.

Derrière les fourneaux de Compton, on retrouve une grande équipe de chefs du Game. Aussi bien des nouveaux venus qui savent apporter de la fraîcheur que des anciens qui amènent leur bonne vieille patte. Parmi ceux-ci, on retrouve à la production: Dj Premier sur Animals et en featuring:  Snoop dogg sur One shot one kill, The game impressionant sur Just another day, Eminem sur Medecine Man, Xzibit toujours pertinent, Kendrick Lamar, incontournable sur l’album, Marsha Ambrosius, Asia Bryant et Jill Scott au chant pour la touche Nu soul/RnB.

Ainsi qu’une petite brochette de nouveaux: Jon Connor, rappeur/producteur du Michigan révélé entre autres par sa couverture sur l’édition 2014 de la freshman class du Magazine XXL. King Mez qu’on retrouve tout de même sur 3 tracks de l’album. Anderson .Paak, sans aucun doute la révélation de l’album, Justus, chanteur Rnb, le moins connu du projet. Parmi toutes ces voix, on ne peut pas ne pas remarquer la grande absence de l’un des plus grands élèves de Dr.Dre: 50Cent. Mais peu importe, le casting semble à la hauteur du retour du Docteur le moins conventionnel de la west coast.

C’est sur une intro en fanfare que l’album débute, on y entend une voix digne d’un téléviseur monochromatique parler de Compton comme du rêve afro-américain des années 60. Talk about it lance réellement l’album, meublé efficacement par King Mez débitant un vers sentant la crise de jeunisme aigu, on retient un petit grincement de dents. Le Deuxième vers est assuré par Dre et naturellement on s’attend à mieux. Le patron de l’album débute avec une ligne qui risque de faire parler d’elle “I just bought California”, dans un flow venu tout droit du sud, on comprend l’intention et l’énergie, mais ça ne prend pas, l’exercice semble raté.

Kendrick est dans son meilleur karma sur Genocide avec l’anglaise Marsha Ambrosius efficace au chant, Candice Pillay dans une humeur ragga dance hall avec une fin de track en jam improvisée au chant et au beatbox. C’est précisément à partir d’ici que l’album prend de l’altitude en enchainant avec l’excellente It’s all on me produite par Dr.Dre et Bink. Justus au chant et Bj The Chicago kid qui en mènent large avec un refrain très accrocheur et une technique irréprochable pour Dr.Dre qui assure aussi bien à la production qu’à la plume, puisqu’il nous livre deux couplets convaincants.

All in a day’s work est un pur classique en devenir où Anderson .Paak trouve parfaitement ses marques et se révèle être un soulman en symbiose avec Dre sur une instrumentale co-produite par Dj Dahi. On remarquera le sample de la chanteuse turque Selda au début de Issues, déja entendu chez Mos Def en ouverture de son album The ecstatic. Deep Water voit King Kendrick lancer une ligne à Drake, soft mais qui vaut quand même le détour. Just another day laisse quasi tout le champ libre à The Game qui se fait un malin plaisir a débiter un double 16 particulier. Alors que le premier vers est rappé avec une voix qu’on connait bien à The Game, le deuxième vers est rappé à la manière d’un Kendrick ou d’une Minaj en égo trip qui prennent des voix plus haut perchées.

Animals est tout simplement le joyau de cet album. Pour la première fois en 25 ans Dr.Dre et Dj Premier sont crédités en tant que Co-producteurs sur la même track. Ce genre d’occasions ne se présentent qu’une seule fois dans une vie et cela Anderson .Paak l’a très bien compris, c’est probablement pour ça qu’on a droit à un sans fautes de sa part au couplet et au refrain.

La seule piste ou Dre rappe en solo est la dernière, Talkingto to my diary, où il se rappelle de ses débuts modestes et de aléas de sa vie de jeune artiste.

Un bon album de Dre, pas excellent, mais vraiment bon. Certains artistes sont comme des feux de camp, ca crépite fort au début et ca continue de chauffer jusque 3 ou 4h du matin. On n’attendait plus Detox tant ce fut long, d’ailleurs il semblerait que Dre l’ai jeté. Pas assez bon selon sa propre parole. Compton est une soundtrack (et non pas LA soundtrack du film Straight outta Compton) inspirée par le film qui retrace l’histoire de son groupe de rap, et de sa ville. D’ailleurs, l’argent des ventes servira à créer un centre artistique pour les gamins de Compton. Le businessman au milliards de dollars de fortune sait comment faire plaisir aux siens : projets et poésie. Ce qui est étonnant c’est que Dr.Dre, qui n’a jamais été aux rendez-vous niveau deadlines corporatives, a su cette fois-ci sortir un album d’une grande variété de sonorités, sans campagne de promo, à la Drake, avant la sortie de Straight outta Compton, à l’âge de 50 ans !

Tout le monde ne peut se targuer de venir de Compton, d’être quasi milliardaire, producteur, businessman, philanthrope, ainsi que rappeur humble et pertinent après plus 14 ans sans un album dans les charts. Le docteur le plus célèbre de Californie vient de signer avec Compton son diplôme honorifique, ça sent le final à plein nez mais qui sait pour le meilleur ?

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