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Maybe Belgium #12: Peter Clinton

C’est au Skatepark du centre ville, lieu qu’il apprécie tout particulièrement, que Peter Clinton nous a donné rendez-vous Dimanche dernier. Le producteur a accepté de se livrer à BeatChronic et voici ce qu’il nous a dit entre deux interruptions du classique “Drari maigrichon avec un peau de pêche venant gratter des feuilles et du feu”.

BeatChronic presents “Maybe Belgium” #12 : Peter Clinton by Beatchronic on Mixcloud

Pourquoi avoir choisi Peter Clinton comme pseudonyme ?

En fait, c’est pas compliqué, ce sont mes deux autres noms. Alors la petite histoire est chouette c’est que ma mère était… bon ça fait un peu baraki de le dire comme ça mais elle était fan de Clint Eastwood. Du coup elle voulait m’appeler Clint et mon père quand il a entendu ça, il a fait « ah non ça ressemble à un cliquetis de verre », tu vois, il fait « non, tu peux faire Clinton au pire ». C’était avant le président et il est arrivé juste 2 ans après donc ça venait même pas de lui.

Comment est-ce que tu résumerais ta musique si tu devais le faire en 3 mots : un artiste, une émotion et une chanson ?

Un artiste, Shungu, une émotion (longue réflexion), je dirais l’émotion elle-même. Et la chanson, c’est compliqué comme question, mais si je devais dire un style de chanson, je dirais le Boom Bap (rires). Une chanson précise, c’est difficile. J’en ai tellement.

Tu as choisi ce lieu pour le skate on l’imagine, mais tu dois avoir pas mal de souvenirs ou un ressenti particulier ici, qu’est-ce qu’il représente pour toi?

Bah ouais, j’ai quand même passé quelques moments ici, en général toujours avec mes amis, on skatait, on faisait un peu de tout, on chillait. C’est aussi un endroit qui regroupe beaucoup de gens de Bruxelles. Parce que je crois que c’est ce qu’il inspire aussi, c’est quelque chose de positif ou tout le monde peut être ensemble malgré sa personne. L’idée me plait bien parce que je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’endroits comme ça à Bruxelles.

Donc tu dirais que c’est ton endroit préféré à Bruxelles ?

Ouais pour chiller en tout cas, peut-être pas pour manger etc mais pour chiller ça me plaît bien, c’est déjà ça.

Justement, en parlant de tes lieux phares, est-ce que tu as un disquaire préféré en Belgique ?

J’ai envie de dire internet (rires). C’est celui qui a de tout. Les vinyles, c’est plus quand mon pote Louis (ShunGu) en achète, je me pose avec lui. Je suis pas encore vraiment au stade où je me fais une collection de vinyles, c’est plus un truc que je ferai quand je n’aurai plus d’autres choses pour chiller. Ou sinon ça ne m’empêche pas de digger quand même (sur internet).

Photo : Romain Scaillet

Photo : Romain Scaillet

Raconte-nous un événement marquant dans ta vie

Avec le temps je tourne ça un peu à la rigolade: en menuiserie, je me suis scié un pouce une fois. J’ai fait une mauvaise manœuvre avec une scie circulaire et mon doigt y est passé. Les médecins ont bien recousu, ils ont refait un pouce avec ce qui restait. Ça me fait tripper mais c’est un peu un gros truc dans ma vie qui m’a marqué. Sinon à part ça, la vie me marque en général (rires).

Depuis quand est-ce que tu produis?

Un peu moins d’un an et demi. (ça ne fait pas bcp plus ?). Non mais pendant presque 3 ans je suis resté posé à côté de ShunGu à l’écouter faire ses beats et donc j’ai envie de dire que mon oreille a aussi beaucoup travaillé.

Et comment tu l’as connu en fait ShunGu ?

(rires). Alors ça! C’était dans notre quartier à Schaerbeek, près d’Helmet. J’étais avec des potes qui avaient été au festival de Dour mais moi j’y avais pas été. Ils m’ont dit : “ouais viens, on va chez un type, il habite à Schaerbeek, il s’appelle Louis” Donc j’y suis allé et il était posé avec son cousin. Seulement j’avais pas directement tilté que c’était lui parce que je savais pas que le mec était métis. Et j’ai cherché Louis pendant quelques temps jusqu’au moment où je me suis mis trop à l’aise et on m’a fait comprendre que c’était lui, c’était drôle (rires).  Après ça, ça a commencé par aller se poser vite fait dans le quartier puis de fil en aiguille, passer à la maison, puis lui il a acheté sa MPC et ainsi de suite. C’est devenu un très bon ami.

C’est donc principalement lui qui t’a poussé vers la prod ?

Ouais voilà, j’étais à un moment ou ça n’allait pas trop, c’était un peu stagnant et il m’a dit « mais qu’est-ce que tu attends » ? Et voilà. Ça m’a défoulé en fait, autant que le skate, j’ai trouvé ça pas mal.

Encore une fois, y a pas de limites. La musique c’est sans limites et pour tout le monde.

Est-ce qu’il y a d’autres choses, d’autres personnes qui t’on poussé la-dedans ?

Ben j’aime beaucoup le groupe Odd Future, et j’avoue qu’ils m’ont bien inspiré. Vraiment je dirais qu’eux et Flying Lotus c’est un peu la musique que j’adule.

À l’écoute de la tape, on sent une très grosse influence beats mais on s’imagine que tu n’écoutes pas que ça. Quels sont les autres genres de sons que tu aimes écouter, sampler, produire?

En samplant, j’écoute un peu de tout et pour le coup j’écoute quand même pas mal de Soul, Funk, j’adore vraiment les samples Soul en tout cas. Parfois je suis dans des trucs un peu trip mais qui donnent bien ensemble, qu’on peut tourner, flipper différemment. Sinon ouais, j’écoute pratiquement que ça et du Jazz. Ce qu’on entend dans mes samples et le style aussi un peu dans le même genre, les Knxwledge, Iman Omari et Mndsgn m’inspirent exagérément aussi.

Justement, c’est quoi ton matos/logiciel de prod ?

Je suis sur un logiciel là, Ableton. Sinon je suis sur un simple contrôleur pour l’instant, j’essaye de m’habituer à ça avant de passer à une machine. Je prend le temps, à mon avis ce sera une MPC, reste encore à voir laquelle (rires).

Après un an et demi, tu n’as pas encore l’impression d’avoir fait le tour de ce que tu as?

On en apprend tout le temps et je pense qu’il n’y a pas de limites, il faut pas mettre une limite à l’apprentissage. C’est quelque chose qui ne s’arrête pas et faut le faire chacun à sa vitesse. Moi je le fais et j’espère qu’il y a pas de fin quoi. Non, il y a encore beaucoup de chemin à faire, c’est sur, c’est que le début.

Certains artistes appréciant le Hip Hop font un lien entre le skate et leur musique, est-ce que c’est ton cas ?

J’écoute de tout à la base, mais beaucoup de hip hop c’est vrai et jamais beaucoup d’artistes à la fois, en général, je suis braqué sur les mêmes. C’est peut-être un défaut. Sinon je dirais pas que les deux soient liés. Au contraire, ça m’a permis d’un peu faire quelque chose de nouveau aussi. C’est ce qui était bien aussi.

En parlant de skate, Tony Hawk a scotché tout le monde avec son looping horizontal, qu’est-ce que ça t’a fait de voir ça?

Ouais j’ai vu. Déjà je suis menuisier donc le premier truc que j’ai vu c’est la construction de dingue. Ensuite je me suis dit: “on arrête pas d’innover et pour le coup, c’est pas un jeune mais c’est bien un ancien qu’il l’a fait et il a bien fait ça”. J’avais jamais imaginé ça possible, c’est too much (rires).

https://www.youtube.com/watch?v=rjL95XgSyO8

Est-ce que tu as ou as déjà eu une muse ?

Ma copine déjà, Pauline. Ça fait 6 ans que je suis avec. Du coup c’est vraiment une personne quotidienne qui m’apporte tout ce dont j’ai besoin d’une personne humaine. Je dirais qu’à côté de ça, j’ai encore ShunGu et ses frères qui sont une autre bonne compagnie.

En parlant de ShunGu, on t’associe beaucoup à lui, qu’est-ce que tu en penses et comment tu l’interprètes ?

De toute façon, c’est lui qui m’a appris vraiment. Déjà à utiliser mon oreille, après j’ai appris juste en l’écoutant faire. Il m’a donné en plus de ça des notions du groove et des logiques de batterie etc. Ce que j’aime bien, c’est que dans son apprentissage, il ne m’a pas ancré dans son truc, je veux dire une fois qu’il a vu que j’étais lancé, il m’a laissé vraiment faire mon truc. Et je pense que si on est honnête avec soi-même, en écoutant, on peut quand même distinguer des choses qui sont différentes (entre lui et moi), même si ça ne fait qu’un an et demi que je produis. Mais bon voilà, il y a aussi pleins de choses que je n’ai pas sorties et je parle aussi en fonction de ça. Par exemple, j’ai un EP qui va sortir sur Hot Record Société, c’est Radio Futuro 2 parce qu’on a chillé aussi avec le gars du label cet automne. C’était pas mal, c’est un bon gars. En fait, il m’a proposé gentiment et j’ai pas pu refuser, d’ailleurs je suis flatté. Il y a pas vraiment de deadline, c’est une vingtaine de tracks donc je prend le temps de bien travailler ça. Il y a aussi une cassette qui va sortir sur UKNOWY, un label de Munich sur lequel ShunGu a déjà sorti aussi une track. C’est la cassette n°2 aussi, Pacifics Vol. 2. et c’est soutenu par Acie, un gars de Munich aussi.

Les tracks sont prêtes donc ?

Ouais ouais ouais, pour UKNOWY, c’est emballé, c’est pesé, ça dort et pour Hot Record Société, je dirais que c’est une affaire d’un petit mois pour que ce soit clôturé et envoyé. 

Parmi tes collabs, laquelle as-tu préféré ?

J’ai bien aimé les petites collabs avec Gi Tori parce qu’on était posés et en général on communiquait bien. J’en referais bien à l’occasion, on a toujours remis ça à plus tard mais faut qu’on le fasse parce qu’il y a vraiment un bon rapport entre nous deux, il y a bon un équilibre, on partage le même genre de trips.

Avec qui est-ce que tu rêverais de collaborer ?

Odd Future (rires). Y a pas de limites hein!

C’est qui le meilleur artiste belge du moment pour toi ?

Il y en a un dont on parle peut-être pas encore beaucoup mais c’est Mehbian, c’est un Liégeois, et franchement, il est comme moi, il a pas énormément de matos mais le gars a quelque chose, c’est sur. J’aime bien ce qu’il fait. J’aime bien aussi Fris, un Gantois.

Comment te vois-tu dans 15-50 ans ?

(Longue hésitation). Dans 15-20 ans, j’aurai déjà fait beaucoup de choses, je crois. Dans tous les sens du terme. Je sais même pas dire, à mon avis, j’aurai déjà des enfants (rires)… au Canada ça me plairait bien.

Qu’est-ce que la théorie de la “Black Music” ( les styles Soul, R&B, Funk, Hip Hop,… seraient “réservés” aux noirs ) t’inspire?

Moi je pense que la musique c’est pour tout le monde. C’est pas une question de couleur, c’est avant tout une question de partage. Y a des types en Europe de l’est dans les années 70 qui produisaient des grooves à te faire zooker toute la nuit (accent qui va avec). Ou alors même des Japonnais, y a pas de limites. Encore une fois, y a pas de limites. La musique c’est sans limites et pour tout le monde.

Dans quelles dispositions voudrais-tu que les gens soient quand ils écouteront ton mix ?

Je dirais posés, pour bien capter les informations.

Il y a un message particulier à faire passer dans cette tape ?

Avec des choses simples on peut se faire plaisir.

 

Tracklist ID :

Peter Clinton – Unreleased
GRiMM Doza – Inhale [Prod. Ricky Reasonz & GRiMM Doza]
Peter Clinton – Unreleased
Peter Clinton – Or_nah
Mehbian – Body t’Body
Gi_T0ri – Oooh
ShunGu – Cookiness
Peter Clinton – You on point phife ?
Knxwledge – Haveitall[TWRK]
Noex – The Craft
Mike G & Pyramid Vritra – November (Prod. BigCat)
Devilish Kontra – Kontradiction (Prod EMP)
Psymun & Chester Watson – Dead albatross
Mellowhype – 65/Breakfast
Knxwledge – Trshwng[TWRK]
Peter Clinton – Shame
Iman Omari  I’ll do anything for you
Iman Omari – Go DJ [FLIP]
Peter Clinton – Wrk_it
Peter Clinton – Wish
Peter Clinton – Unreleased
Un asticot – Flocon chaud (Prod. ShunGu)
Peter Clinton – Unreleased
Vince Staples – Super
Kali Uchis – Table for two
Kali Uchis – T.Y.W.I.G.
Un asticot – Mort la vie (Prod. ShunGu)

Toutes les transitions sont réalisées par Peter Clinton

Artwork par Sebastien Collet

Clip : Dan San – America

 

Après deux ans de silence, les liégeois de Dan San nous présentent America, le premier single issu de leur prochain album. On y retrouve la folk douce et délicate qui les avait fait connaitre il y a quelques années. L’album sortira dans le courant de l’année prochaine et on vous donne rendez-vous le 8 mai aux Nuits du Botanique pour leur premier concert dans la capitale !

Clip: JeanJass – Pippo Inzaghi

Après un très réussi Jean Jass Goldman LP, le rappeur/producteur carolo JeanJass décide de rendre une éloge à son morceau consacré au vécu footballistique d’Inzaghi. Jactant des constructions de phrase façon second degré belge, il nous confesse qu’il est comme la meilleure table, dans le fond, il est réservé. En somme, un très bon groove d’hiver composé par Le Seize accompagné de Pep Roméo à la basse, Antoine Roméo à la guitare et Vince Roméo aux cuivres, le tout sur des images d’Olive & Tom qui raviveront vos plus tendres souvenirs d’enfance.

27/11/15 – BEATCHRONIC × TROPICÁLIA • 4 YEARS ANNIVERSARY •

FR : BeatChronic s’allie au collectif Tropicalia pour la dernière soirée de la saison 2015. Venez remuer vos fessiers dans cet immense espace sur le son tropical des DJ sets, venez vous adoucir la gorge avec une multitude de cocktails et n’oubliez pas de vous imprégner des oeuvres visuelles qui y seront exposées pour célébrer en bonne et due forme les 4 ans du webzine BeatChronic.

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Gan Gah, une oasis dans le désert

Issu d’une génération Y de la région du Souss, Gan Gah est probablement l’un des pionniers du courant musical Moroccan Bass, une musique quasiment inexplorée qui voyage entre rythmes maghrébins et musique électronique moderne. Perdu dans le désert dominical de nos tendres ruelles bruxelloises, on a trouvé refuge dans une oasis luxuriante qui n’échappera pas à votre curiosité. Suite à l’annonce de la sortie de son premier Souktronics EP le 28 novembre sur Low Up Records, on a décidé d’envoyer un typhon de lumière sur l’incroyable panel de productions que notre personnage garde en secret dans son studio.

BC: Avant on te connaissait sous le nom de Five’O, explique-nous cette transition vers Gan Gah ?

Gan Gah: Five’O, c’était pour les productions hip-hop. Les gens pensaient que c’était une dénomination que j’utilisais pour dire “flic” mais en fait c’est une référence à un trick de skateboard. Gan Gah, ce n’est pas un changement, c’est un nouveau projet qui n’a plus rien à voir avec le hip-hop. Gan Gah ça reflète mes origines, ça veut dire tambour de gnawa en berbère.

BC: Comment as-tu commencé à faire de la musique ?

Gan Gah: J’ai commencé à faire de la musique dans les rues d’Agadir (région de Souss) avec les carnavals de Gnawa. On construisait des tambours avec du plastique épais mais maniable, quasiment comme celui sur les caisses claires. Aussi, on prenait des grosses boîtes cylindriques du lait de la marque Nido ou sinon des grosses boîtes en aluminium de peinture. Après, on fixait le tout avec des cordes et notre “ganga” homemade était prêt. Du coup, on jouait comme ça dans la rue (il imite des percussions avec sa bouche) avec des chants qu’on connaissait depuis l’enfance, à force d’écouter ça on les a retenus naturellement. Des fois quand on avait pas les moyens, on traînait dans la rue et on reproduisait nos rythmes sur les capots des voitures. On s’amusait comme ça pendant l’enfance. J’avais jamais pris de cours, j’apprenais tout en autodidacte. Puis un jour, mon pote m’a demandé si j’étais chaud d’essayer le logiciel Ableton. Je l’ai installé et puis je me suis amusé un peu à la maison avec mes potes du quartier. J’ai créé énormément de trucs là-bas, mais en même temps je sentais que j’avais besoin de matos plus solide.

Ensuite, j’ai du arrêter la musique pour me consacrer à mes études. Par après, je traînais avec mon ordinateur au Floréo, c’était comme mon QG, c’est ma famille maintenant, c’est comme des vrais frères. Une fois, ils m’ont invité à mixer là-bas, c’était cool. J’ai continué à faire de la musique, j’ai passé un morceau à Crapulax, puis un autre et puis encore un autre. Après on a commencé à sélectionner les morceaux jusqu’à trouver le bon équilibre. Je suis rentré dans le crew Bunker (Crapulax, Lanceflow, Carlsberg Slim et DJ Proceed) en tant que beatmaker. Mais je voulais faire plus que du hip-hop, j’ai essayé la trap mais finalement j’ai jamais été fan de l’esprit commercial dans lequel cette merde est conçue. Mais je comprends quand même la galère de certains musiciens qui finissent par accepter des contrats bidons avec certaines maisons de disques.

BC: D’ailleurs, c’est quoi ton avis sur l’actuelle commercialisation de la musique ?

Gan Gah: Avec la découverte de Low Up et Pelican Fly, mes idées ont beaucoup changé. J’aime bien leur musique, c’est très underground. J’aime beaucoup leur manière de penser. Le label Low Up a une philosophie à laquelle il se tient complètement. L’important c’est pas la thune, c’est la musique. La thune elle vient après. C’est facile de se faire de la thune. Tu peux travailler et avoir blindé de thunes, c’est ce que je me suis dit.

 

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Photo: Julien Vanden Bussche

BC: Comment la connexion s’est faite avec Low Up Records?

Gan Gah: La première fois que j’ai vu le nom Low Up c’était sur un sticker que j’ai vu à Saint-Gilles. Puis j’ai fait la connaissance de Max Le Daron. En fait, on s’est connus via un pote, Marvy Le Pimp. Et après on a gardé contact Max et moi. Je l’ai invité une fois à une soirée au Zebra Bar pour mixer. Par après, il est venu me proposer un projet pour Joey Le Soldat. C’est un rappeur qui a participé à la révolution au Burkina Faso. C’est un bon gars, il a un bon fond même si je ne l’ai jamais vu je fais entièrement confiance à Max. En fait, on bosse sur un projet qui va s’appeler JoMaGa; Joey, Max et Gan Gah. Du coup, le projet consiste en un trio avec lequel on s’imagine jouer en live pour des festivals. Ça devrait sortir en 2016, c’est déjà enregistré mais on doit encore se pencher sur l’arrangement et tout ça. C’est un projet avec le label de Benjamin Lebrave, Akwaaba Music, tout a été enregistré là-bas. A part ça,  j’ai pu faire la connaissance de DJ Mellow lors d’une soirée Low Up où il m’a motivé à produire encore plus de musique. Depuis cette rencontre, je n’ai pas arrêté de composer. J’ai déjà 30 à 40 tracks de prêtes pour les sortir sur Low Up.

BC: Parle-nous un peu de ton premier Souktronics EP que tu sors sur Low Up Records le 28 novembre ?

Gan Gah: L’idée de l’EP, c’est surtout de montrer aux gens ce que je fais comme musique. Ça fait longtemps que je travaille là-dessus et c’est aussi un engagement envers Low Up. C’est un EP qui se colle à la philosophie de LowUp mais avec une nouvelle “touch” propre à ma personne. C’est aussi pour prouver qu’il y a de la musique électronique arabe qui peut percer.

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Tim Colmant

Sur le morceau Eywa, je me suis inspiré de la jersey. J’ai vu qu’au niveau BPM ça collait très bien avec la musique égyptienne et marocaine. Alors je me suis dis, “Ah mais pourquoi je ne mélangerais pas les deux?”. J’ai tenté de jouer le violon, sampler quelques trucs tout en les mélangeant avec des voix arabes. J’aime beaucoup créer ce qui est différent, c’est un défi pour moi. Pour le moment c’est la musique très groove qui me plait, les sons qui font danser tu vois ?

Kasbah, c’est l’époque où j’écoutais Tchaikovsky. Je respecte tellement ce type là. Ce genre de compositeur planqué au fin fond du monde en Russie en train de composer cette musique par écrit.

The Snake Dance, c’est un mélange de kuduro avec du UK. A un moment dans le morceau, j’ai cassé la rythmique avec un peu de trap on va dire. Je me suis dit pourquoi pas, ça pourrait vraiment bien donner. Comme quoi, j’aime quand même bien la trap même si j’ai jamais réussi à produire une track dont je serais fier. Mais en tout cas, le passage sur ce morceau passe bien. C’est le morceau club par excellence de l’EP.

Au niveau des arrangements j’ai travaillé avec DJ Mellow et Max Le Daron qui m’ont beaucoup aidé. Et pour le mastering, c’est l’anglais Almost qui a déjà fait du très bon taf pour les autres sorties de Low Up.

BC: Concernant les nouvelles technologies de mixage et de mastering comme Landr, est-ce que tu te verrais utiliser ce genre d’outil à l’avenir ?

Gan Gah: Non jamais, il faut toujours avoir une touche humaine selon moi. Un être humain est irremplaçable avec une machine quand il s’agit d’enregistrer ce type de musique. Tu peux programmer avec tout ce que tu veux mais il faut avoir l’erreur d’une milliseconde. Parce que le kick que je vais jouer sur cette séquence, je ne vais pas le jouer de la même manière sur l’autre séquence tu vois?

BC: Mis à part la musique, tu fais quoi pour pouvoir vivre tous les jours?

Gan Gah: Pour l’instant je ne travaille plus, j’ai beaucoup travaillé dans l’horeca. À un moment, il faut arrêter parce que c’est un monde à deux balles, trop d’alcool et tout. Mais je veux continuer des études après. Pour l’instant je mixe par-ci par-là et je vends mes morceaux.

 C’est grâce à ma femme en fait. J’étais très dispersé, je ne faisais que mixer, je ne composais pas et j’étais dans la déglingue. Depuis que je suis avec elle, je trace mon avenir.

BC: Est-ce que tu te vois entièrement vivre de la musique ?

Gan Gah: Je me projette, c’est pas difficile. Mais à un moment donné, il faut quand même travailler. J’ai pas envie de me retrouver comme DJ dans 30 ans, je vais apprendre le clavier et je vais me retrouver avec un jazz band puis surement apprendre le saxophone (dit-il en touchant le saxophone dans son studio).

BC: Est-ce que c’est facile de vivre de la musique en Belgique selon toi ?

Gan Gah: Non c’est pas facile. Regarde, tu t’achètes du matos de malade mental et t’as des bêtes rappeurs qui ne respectent pas le travail du beatmaker. Une fois, je me suis salement embrouillé avec un de ceux-là. Il m’a dit: “Passe moi 3 morceaux s’il te plait”. Ce gars a cru que j’avais besoin de faire de la promo pour ma musique, comme si j’étais une machine. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai arrêté de travailler avec n’importe qui et que je taffe qu’avec Bunker maintenant.

BC: Qu’est-ce que tu penses de cette nouvelle tendance de la bass music à se diriger vers des samples plus ethniques ?

Gan Gah: En fait Dengue Dengue Dengue par exemple, c’est des gens qui utilisent leur musique locale. Je vais pas être méchant avec Clap! Clap!, c’est bien ce qu’il fait, y a certains morceaux qui tuent mais y a beaucoup de samples qu’il ne transforme pas, il ne compose pas totalement au final, c’est très brut. Idéalement, il faudrait que les musiciens européens essayent de comprendre les rythmes des locaux. La facilité avec Ableton c’est que tu peux quantizer et tout mais ça ne marche pas comme ça, il faut vivre un peu avec le truc, là tu vas apprendre beaucoup de choses. Moi, je viens de là-bas alors je repère les erreurs plus facilement. Je ne vais pas dire que je suis parfait, moi aussi je fais des erreurs dans certaines compositions. Sauf qu’il y a ce manque de compréhension du rythme, il faut essayer de le jouer, il ne suffit pas d’avoir un ordi et d’avoir un logiciel. Il faut vraiment comprendre le truc, c’est ça l’erreur qui est répandue actuellement.

 

Photo: Julien Van Den Bussche

Photo: Julien Vanden Bussche

BC: Et toi, comment procèdes-tu dans tes compositions musicales ?

Gan Gah: Moi j’essaye de tout composer. C’est comme un compositeur blédard tu vois, il va prendre un clavier, il va chercher un rythme, il va tout faire de A à Z. Comme sur ce morceau là en fait (démonstration d’un rythme de moroccan bass). Je prends des loops de drumlines sur des forums, ça me facilite la tâche et puis après je les décompose et les rejoue à ma propre sauce. À l’avenir, j’aimerais retourner au Maroc et travailler avec des artistes de là-bas. J’ai envie de faire de la musique qui pourrait trouver un compromis entre les marocains et les européens.

BC: Qu’est-ce qui t’as motivé à produire de la musique ?

Gan Gah: C’est grâce à ma femme en fait. J’étais très dispersé, je ne faisais que mixer, je ne composais pas et j’étais dans la déglingue. Depuis que je suis avec elle, je trace mon avenir. Avant d’arriver à faire de la bass music, il m’a fallu 1 an de réflexion. Je produisais des trucs, genre des remixes future bass de Michael Jackson un peu trappy comme ça. J’ai jamais rien sorti de ça en fait, je ne sais pas pourquoi mais je ne le sentais pas trop je pense. C’est avec ma femme qu’on teste ma musique. Quand je finis un morceau, on danse ici dans le studio pour valider le son.

BC: Qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ère du téléchargement et du streaming musical?

Gan Gah: Dernièrement, Red Bull Elektropedia a balancé une de mes tracks en exclusivité. Au final, ils ont eu un problème de copyright avec Itunes. C’est vraiment une connerie à deux balles, leur mère avec SoundCloud et toutes ces conneries. Pour moi, la musique doit être créée pour tout le monde. Le prix que tu vas payer pour un morceau, ça ne va pas enrichir les artistes. C’est jouer dans des clubs qui va t’enrichir, c’est faire des tournées. Les gens ont besoin d’écouter de la musique, on créé pour partager. Les rappeurs des années 90 en avaient rien à foutre que leurs albums se vendent ou pas, ils voulaient juste partager leur art. La musique que je fais là, c’est comme ce qu’il s’est passé avec la transition de la funk au hip-hop. Moi je crée de la moroccan bass, à travers la musique populaire qu’on joue dans les mariages marocains. A chaque mariage, t’as plein de marakchia, des gars qui font des percussions, mais aussi de la nira, une sorte de cuivre.

Avant tout, je m’inspire de moi-même, je regarde ce qu’ont fait mes ancêtres, je ne vais pas très loin.

BC: Quelle est la scène musicale que tu suis le plus en ce moment ?

Gan Gah: Ce que j’écoute beaucoup en ce moment c’est la Durban House d’Afrique du Sud. Le crew Ghetto Boyz avec DJ Mujava et tout. Sinon hier, j’ai fait une track que je kiffe trop (intermède où on écoute sa track). Tu vois ça, c’est encore autre chose, ça vient du Portugal. Là-bas ils ont aussi développé un côté underground grâce à des gars comme DJ Nigga Fox ou encore DJ Firmeza. Je les connais pas bien, mais j’aime bien leur musique. En fait, j’ai remarqué que cette musique se rapproche beaucoup des percussions qu’on joue au Maroc. Chez les marocains, il y a beaucoup d’instruments, dans le reste de l’Afrique, les instruments sont construits d’une manière différente. Mais au niveau du groove, le swing reste très similaire.

BC: Qui t’a fortement marqué en Belgique pour le moment ?

Gan Gah: Avant tout, je m’inspire de moi-même, je regarde ce qu’ont fait mes ancêtres, je ne vais pas très loin. J’écoute tu vois. J’ai écouté Richelle, le dernier mix que Pelican Fly a publié. Mais aussi DJ Mellow parce qu’il a un groove de fou. Avec très peu d’éléments, il parvient à composer un morceau bien complet. C’est rare de rencontrer un gars pareil, il est très intelligent. Toute la clique de Low Up aussi, Max je kiffe bien ses mélodies, il a un côté très original. Dave Luxe aussi j’aime bien, il a un bon succès. Il fallait qu’il voyage, qu’il change de pays. Pendant la soirée de son départ, j’avais mixé avec lui au Floréo et il m’avait dit “Putain, maintenant que je sens que je suis entouré de bons potes, je vais bouger au Canada”. Et je lui ai dit : “Mec vas-y, change de pays, tu vas voir tu vas te mettre bien, tout va bien. Moi si j’ai quitté le Maroc c’était pour changer tout, recommencer un nouveau truc”.

BC: Où-est ce que tu aimerais vivre prochainement ?

Gan Gah: Maintenant je pense à m’expatrier soit au Maroc soit en Norvège. Mon meilleur pote Moe Chakiri est photographe dans le crew norvégien Mutual Intentions. On se connaissait du bled, c’est un marocain qui est né en Norvège. Selon moi, ils ont plus de respect pour la scène musicale, ils valorisent tout ce qui est artistique, ils donnent de l’importance à tout ce qui peut se faire de bon.

BC: Il est certain que les pays scandinaves ont une mesure d’avance sur nous. Parlons un peu de ton expérience en tant que Marocain en Belgique. Comment ça s’est passé? Quelles difficultés as-tu rencontré?

Gan Gah: Moi je trouve ça très facile mec! Le seul problème que l’on rencontre au début, c’est l’intégration sociale. Bruxelles c’est comme une pyramide, il suffit de connaître une seule personne pour pouvoir en rencontrer plein d’autres. Tu sais, en économie politique et sociale on a développé ce concept d’individualisme, on a créé une indépendance à tout le monde. T’as pas de boulot, t’as quand même le chômage et une maison. Moi je suis contre cette idée de ne pas travailler. Mais je comprends quand même certaines personnes qui veulent profiter de l’Etat. Car quand tu travailles on te taxe blindé et quand tu ne travailles pas on te taxe moins (rires). Il ne faut surtout pas être timide. Moi je ne suis pas comme ça, je suis né dans un endroit populaire. Même si je ne connais pas la personne avec qui je parle, je suis toujours prêt à aider mon prochain. Si il a besoin de manger ou de boire, je vais lui donner à manger et à boire si il toque à ma porte. Au Maroc, je laisse ma porte ouverte et je peux être sûr que personne ne va rentrer chez moi. Je suis né dans cette dynamique, du coup je peux dormir chez les voisins et les voisins peuvent dormir chez moi, tranquille quoi.

Le principal obstacle à l’intégration c’est la connaissance de l’autre. À force de fréquenter de nouvelles personnes, tu commences à améliorer ton vocabulaire et tu t’exprimes mieux en français. Il faut toujours faire en sorte que tout se passe bien, qu’il n y ait que de la bonne énergie. Il ne faut jamais parler de tes problèmes aux gens parce que ceux-ci s’intéressent qu’aux bonnes nouvelles. Sauf tes vrais potes, tu peux leur en parler et ils vont t’aider à les résoudre. Mais si tu commences à raconter ça à quelqu’un que tu viens de rencontrer, ça sert à rien, ils ont déjà leurs problèmes à régler. C’est comme moi, j’ai aussi envie de faire assistant social, j’ai déjà des problèmes à résoudre mais je vais quand même me prendre la tête à résoudre les problèmes d’autres personnes (rires).

 

La release party pour le Souktronics EP se passera le samedi 28 novembre au Beursschouwburg. Venez faire la fête avec nous, ça risque d’être mémorable ! On vous a d’ailleurs réservé une petite surprise à ce sujet.

 

Huun Huur Tu, une belle bande de mongols

Ce vendredi 27 novembre, le groupe Huun-Huur-Tu nous fera l’honneur de débarquer à Bruxelles pour un concert exceptionnel. La magie mongole va-t-elle transformer la peur qui règne en Belgique actuellement ?

Venus tout droit de la république de Touva, à la frontière entre la Russie et la Mongolie, Kaigal-ool Khovalyg, Sayan Bapa, Radik Tyulyush et Alexei Saryglar se sont réunis il y a plus de 20 ans pour faire connaître la musique traditionnelle mongole à travers le monde. La particularité du groupe réside dans le fait qu’ils pratiquent exclusivement des instruments provenant de leur région, ainsi que dans leur utilisation impressionnante de la technique du chant diphonique…

Cette façon particulière de chanter est typique de la Mongolie. Elle consiste à produire deux à trois voix en même temps, en positionnant sa langue et sa trachée d’une certaine façon. Le résultat est stupéfiant. Celui-ci inspire à l’intériorisation  et à l’écoute profonde… Démonstration :

Les instruments utilisés sont quant à eux très divers et particuliers : on peut y retrouver entre autres le Doshpuluur, sorte de guitare traditionnelle à trois cordes ou encore le Dazhaaning khavy, un hochet en testicule de boeuf contenant des osselets de mouton. Et quand on voit les tenues dans lesquelles le groupe a l’habitude de faire ses concerts, on se croirait l’espace d’un instant transportés dans les steppes d’Asie centrale…

Les morceaux réalisés par Huun-Huur-Tu représentent leur propre interprétation mélodique de certains phénomènes, comme le chant de la montagne, les chevaux gambadant dans les plaines ou encore la présence de l’Esprit en chacun de nous. La spiritualité est une part importante de la vie dans les régions d’où ils sont originaires, et ils arrivent à nous le transmettre brillamment à travers leurs prestations.

“If we are together, we have some power from the inside, from the heart, from the soul” – Huun-Huur-Tu

C’est au Bozar que le groupe se produira ce vendredi en exclusivité. Beatchronic vous y donne rendez-vous. En cette période de troubles dans toute la Belgique, un peu de magie et de spiritualité vont nous peut-être apporter la sérénité dont nous avons tous besoin…

Odezenne, dernier concert avant le couvre-feu culturel…

En cette dernière nuit bruxelloise placée sous le niveau d’alerte 3, un petit public fougueux s’est rassemblé sans crainte, en ne s’attendant pas que ce concert était l’un des derniers à se jouer au Botanique, avant le passage au niveau 4. Pourtant, les groupes prévus ont su faire honneur à cette soirée.

La soirée fut ouverte par Mochélan, présentant son bijou sorti en 2014, Image à la pluie. « Des trombes de pictogrammes tombent sur nos tronches » nous dit-il, après quelques transitions un peu timides. Sur quelques-unes de ses intonations, on semble entendre un Féfé qui nous chante ses héros. Mais ce qu’on retiendra de ce compatriote venu de Charleroi, c’est une innovation certaine. Des textes et des enchaînements qui sont réfléchis, cohérents.

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Photo: Alexandre Gubbelmans

Les quatre lascars d’Odezenne débarquent ensuite sur scène, entamant leur titre Saxophone sans prendre de détours, testant par la même occasion la réactivité du public. Cela va sans dire, ils ont déclenché l’euphorie par leurs enchaînements de mots. Ils continuent avec Un corps à prendre, dont les envolées musicales au clavier sont un peu semblables à celles de Sébastien Tellier, poursuivant avec des tonalités quelque peu electroswing et des paroles qui se révoltent avec Dedans. Chie, crève, bouffe, dors…

Ils nous chantent ensuite Rien, sobrement, poursuivant leur douce envolée avec Novembre. Et c’est dans ces paroles formulées comme une critique de la société actuelle, qu’un Paris nous glace soudain le sang… « De l’accumulation naît la révolution, une étincelle brille entre deux explosions, réveille les instincts de tes morbides pulsions, les gens bien pensants vont quitter leurs fonctions ». Dans cette lancée de morceaux qui se posent en critiques du monde, ils nous chantent Chimpanzé, où le ton adopté est parfait pour nous raconter le goût amer qui traîne dans la gorge du chanteur. Une dernière sérénade chantée, Cabriolet, où la voix utilisée pour ce refrain, « je ne crois pas que je t’aide », nous ramène un peu de Bashung…

Toujours dans cette envolée lyrique, « Allons plus loin, en autarcie » nous dit l’un, pendant que les sons au clavier semblent miauler… Et la flamme dans les yeux des personnes du public se rallume petit à petit, lorsqu’ils entonnent Je veux te baiser, puis Tu pu du cu, et pendant que l’ambiance se réchauffe lentement, les médias annoncent (à tort ce soir-là) que le niveau d’alerte à Bruxelles monte au niveau 4. Mais personne dans la salle ne s’en soucie, dans cet espace-temps particulier où Odezenne lance Vodka, pendant qu’on s’enivre de leur musique…

La soirée se conclut sur un jeu de mot pourri, où ils nous proposent de la Duvel et de la Bush, pour lancer leur chanson Bûche. Car s’ils étaient des super-héros, J’serais mélomane… Le public sort lentement du Botanique, et dites-moi, quoi de plus beau en ces temps affreusement apeurants que de profiter d’un moment de culture? Une culture qui use d’instruments et de mots pour nous rappeler qu’on peut crier autrement qu’avec du feu et du sang.

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Photo: Alexandre Gubbelmans

Phat Kat et Guilty Simpson dans le District de Da Bluefunk

Si vous vous demandez ce qui se cache derrière l’appellation Da BlueFunk District cet article vous parle. Tendez l’oreille car la “Selection of innovative artists from eclectic prism of hip hop, jazz, soul, electronic, reggae, funk included most underrated ones”  n’a pas fini de faire parler d’elle.

Après avoir Witness Da Fitness à plusieurs reprises notamment au BlueFunk Apartment ou encore au London Calling auprès d’artistes tels que Black milk ou encore Moka Only, on se sentait comme “obligés” de faire circuler l’info. Les soirées Da Blue Funk c’est cette ambiance intimiste si particulière, c’est le genre d’évent où les barrières entre la foule et l’artiste ne sont plus. Pour cette édition, Phat Kat et Guilty Simpson se chargent d’exporter la mixture originaire de Detroit. Mais qui sont ils au juste?

Le rappeur Guilty Simpson, Byron Simpson de son vrai nom, est né à Détroit (Michigan). Il est membre du collectif The Almighty Dreadnaughtz et fait également partie de la scène hip-hop locale aux côtés d’artistes tels que Slum Village, Obie Trice et Proof. Mais c’est en 2001 qu’il est remarqué par le défunt producteur J Dilla. Espérons que Guilty Simpson n’hésitera pas à passer les titres phares de certains projets dont il a le secret tel que Highway Robbery (avec Small Professor). Phat Kat (aka Ronnie Cash) est aussi un rappeur de Detroit qui à également eu l’occasion de travailler avec Jay Dee (Rest in Beats) ainsi que plusieurs autres loustiques de la Motown City. Vous l’aurez compris, le but ici sera de découvrir ce que Detroit à de plus sincère à offrir au niveau du hip hop undergorund  ainsi que de préserver la mémoire du défunt J Dilla. SiKa sera également là en tant que guest pour pimenter la soirée qui s’annonce déjà flambante.

Bref, Beatchronic à signé et vous attend pour ratifier le contrat. À vos agendas donc, la date de votre  prochain eargasm n’est autre que samedi 28 novembre à 21:00 et ça se passera à The Corner.

J’ai cliqué sur : City Nights vol.1

Cela fait maintenant 2 ans que le premier volume de la série City Nights à été “dropé” sur Youtube par les créateurs de la Chillop Music channel. Pour l’instant la City Nights Collection est composée de 8 volumes d’une heure environ (la dernière vient de sortir du four). Les mix se composent de différentes tracks pouvant passer d’un Dj Withesmith à du Pro Era sans oublier d’en placer une à notre Shungu national.

Ces sets très “chill” dans l’ensemble pourront vous accompagner dans vos croisades contre ces montagnes de syllabi ou tout simplement lorsque vous vous rendrez vers votre lieu de travail. Les time lapse accompagnant les prods tout au long de votre dégustation ne manqueront pas de vous procurer ce sentiment d’évasion dont nous avons tous besoin de temps à autre… On vous mâche une partie du travail en vous dropant quelques liens qui nous ont particulièrement bien ambiancés…

 

City Nights vol 1

  • Jesse James – 50’s Manhattan
  • A Tribe Called Quest – 1nce Again (Je$u$ Remix)

 

City Nights vol 2

  • The Dopplegangaz – Barbiturates
  • De La Soul – Get Away

 

City nights vol 6

  • ShunGu – All.Love
  • Jalal Salaam – As Above So Below

A-Trak sort un mix spécial Rap français en hommage aux parisiens.

Pharrell Williams avait demandé un mix de rap français au Dj canadien A-Trak pour son émission intitulée OtherTone diffusée sur la radio online Beats1.

Entre temps on a tous eu le cœur noirci par des événements qui touchent le monde entier, mais plus particulièrement Paris la semaine dernière. Assorti d’une illustration exprimant son amour pour Paris, il l’a dévoilé hier sur son compte Soundcloud .

Titré “Rap Français Minimix d’Amour” on y retrouve des classiques du genre avec 113, IAM, Busta flex, Scred Connexion, Beat 2 Boul, Mafia k’1 fry mais aussi des artistes actuels comme Nekfeu, PNL et même Hamza. Un excellent mix qui nous laisse sur notre faim.