Are you ready for them ? They are coming for you !

Habitants déjantés de la région liégeoise, James S. Brokenstring (Guitare/Voix), Marvin G. Flyingstick (Batterie/Voix), Bill C. Sputterman (Basse/ Voix Lead) ravivent un Garage Rock au son bien crade et atypique.
Inspirés par le Rockabilly, le Punk, le Blues et le Rock N’ Roll , ils transcendent les genres et créent des riffs tout à fait originaux, des paroles improbables. On les classe dans le style Rock Alternatif, alternative trop large pour moi qui ai tendance à décrire leur album “Do You Wanna Brock N’ Broll” comme pur Garage Rock (ce qui est aussi peu péjoratif que l’expression “ça troue le cul”, nous le verrons plus tard), ou peut-être même, comme ils vous le diront si bien ; du BROCK N’ BROLL !
Parlons avant tout des musiciens ; trois énergumènes bourrés d’humour autant que de ressources, se plaçant hors des conventions et des normes actuelles, créant à partir des cendres de ceux qui les inspirent un genre unique dans lequel ils voyagent avec une aisance aussi agréable à entendre qu’a voir.
Bill C. Sputterman, au chant et à la basse parvient à allier les deux arts, donnant de sa voix rauque et ses doigts sans retenue, sans que l’usage de l’un n’empiète sur la qualité de l’autre. Sa basse au son sec apporte une base solide aux parties guitare, permettant aux morceaux de ne rien perdre en intensité pendant les solos et de redoubler en qualité et en puissance lors des couplets et refrains où la voix domine.

A la guitare, justement, le fougueux James S. Brokenstring. Non content d’apporter des sonorités efficaces, originales, des rythmiques uniques à la formation, il place judicieusement des solos magnifiquement décalés, si justes dans l’univers du groupe. Loin de la norme et des règles musicales, sa guitare et lui colorent d’une manière particulière les compositions, les éclairant par des riffs inspirés ou les imbibant d’alcool bon marché dans des solos troubles et surprenants.

Le batteur, Marvin G. Flyingstick . C’est à lui qu’incombe la responsabilité de faire tenir ensemble des chansons à la conduite peu orthodoxe, et de leur amener l’énergie nécessaire. Car entendons-nous, du Garage Rock sans batterie, c’est comme une soirée entre potes au Coca. Il pose une rythmique stable et énergique sur chaque morceau, envoyant toute sa puissance au public sans pour autant prendre le dessus sur ses congénères à cordes (vocales ou non).
« We are young but we won’t last long » ; pas de prise de tête, de sérieux inutile, de futilités. Cet esprit jeune et désinvolte crée la cohésion, la cohérence de ce groupe de grands gamins. Il est donc nécessaire de se placer dans la bonne perspective pour les écouter.
Mais avant tout, revenons sur ce qu’est le Garage Rock…
Il s’agit de miser sur l’énergie avant tout. Le son doit être naturel, puisé à l’ampli, presque pas traité, défi que peu d’artistes actuels relèvent, à l’ère du son transformé, compressé où même l’authenticité est travaillée.
C’est en opposition à la mentalité propre et précise des studios que se placent nos amis Lupins ; au profit du vrai, du Rock N’ Roll qui tâche, quitte à se salir. Une culture du concert par conséquent, où tout se passe vraiment. Car sonner en studio est à la portée de n’importe quel Christophe Maé (et les stations radios nous abreuvent chaque jour de ces artistes insipides au style passe-partout) tandis que déchirer en live est une toute autre histoire. Dans cette optique, le Garage Rock sonne comme un enregistrement live, sauf qu’il n’a pas lieu en concert mais dans un garage (sans rire ?). L’idée ? Donner un aperçu de ses capacités sans tricheries, modifications, sans auto-tune ni compression. Bien-sûr, ce type de musique, de qualité d’enregistrement ne plaira pas à tous, c’est le but.
Rien de plus agréable que d’avoir sa griffe personnelle, ses sonorités, son style, quitte à attirer la critique acerbe des oreilles aseptisées. Dans ce genre en particulier, même si plaire apporte beaucoup, déplaire, provoquer, se jouer des règles, importe énormément.
Penchons-nous à présent sur l’EP. Pour moi, invitation à les voir en concert en tout point. Je ne critiquerai que le fait qu’il me laisse sur ma faim.
Sur ma faim ? D’abord de par sa durée (21 minutes), mais aussi parce qu’immanquablement, je ne retrouve pas la puissance présente en concert. Ce qui m’amène à cette fameuse impression d’invitation.
Dès le commencement on se sent plongé dans cette atmosphère suante et électrisante typique des Lupins, une seule chose manque : y participer ! Problème récurrent des album, en particulier dans le Garage Rock : votre sonorisation soit-elle de la meilleure qualité et de la plus grande puissance, le travail en studio soit-il parfait, vous n’êtes pas en concert.
C’est une critique bien lâche que je fais là ; un album n’est pas un concert, bien entendu, le travail est différent et le but aussi, je peux donc difficilement blâmer le groupe. Ces derniers ont en effet réussi le pari de prouver leur capacité en live sur album, exercice, quand on y pense, bien plus difficile que de le prouver en live, avec l’appui du public.
L’écoute de l’EP, pour moi, doit donc se construire en deux parties :
– L’écoute des 6 morceaux, la découverte du style et des musiciens
– Le coup d’œil sur leur site internet pour participer à un live quand ils passent près de chez vous et vous faire une idée de ce que leurs compositions valent sur scène !

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