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Vers l’infini et au-delà du piano

Je ne pense pas prendre de risques démesurés en énonçant la vérité suivante : tout le monde aime le piano. Il ne dérange pas l’oreille du profane, il nourrit les séries américaines en moments d’émotions et arrache des larmes au cœur des mélomanes. Mais le grand public ne connait pas vraiment le piano, il n’en saisit qu’une infime parcelle de l’ampleur. Avez-vous déjà pensé à l’incroyable potentiel d’un seul instrument de musique ? Comme pour tant de choses, on évite la complexité de ce genre de réflexions, et très vite on catalogue; on dit “c’est beau” et on passe à autre chose.

Pyotr Ilyich Tchaikovsky

Le morceau que j’ai choisi pour mon 1er article musical à proprement parlé se veut donc un pourfendeur des idées reçues. Il s’agit de la sonate pour piano no. 2 de Pyotr Ilyich Tchaikovsky écrite en 1865, le compositeur n’avait alors que 25 ans.

Cette oeuvre que je vais m’employer à décrire le mieux possible explore au long de ces 4 mouvements*, les nombreuses merveilles du piano. Tout commence par quelques notes sèches et lourdes qui vous prennent directement à bras le corps pour mieux vous embarquer dans un flot mélodique intense emprunt d’une grâce phénoménale. La réapparition fréquente de la sécheresse originelle ajoute une profondeur dramatique, une certaine angoisse au charme de l’ensemble, avant de terminer la 1ere partie dans un calme mystérieux voire inquiétant.

Le deuxième mouvement s’ouvre avec une infinie délicatesse mêlée de joie enfantine, et se poursuit dans une ardeur assez solennelle, pour laisser place à la fraîcheur du 3e mouvement. Ce dernier évoque tout simplement l’hiver, les chutes de neiges, et le souvenir mélancolique du soleil. La fin du morceau est particulièrement complexe. Il semblerait que Tchaikovsky ait voulu rassembler toutes les émotions des 3 mouvements précédents pour en faire un tourbillon infernal de notes, de couleurs, de rythmes. L’écoute devient presque un effort physique.

vintage_piano

Toutes les sonorités possibles et imaginables se retrouvent dans ces ultimes minutes pour revenir à la brusquerie du début. Mais le génie du compositeur va plus loin. L’oreille attentive aura en effet l’impression que le morceau continue plusieurs secondes après la dernière note, comme s’il s’agissait d’une vague continue, d’un ras de marée musical.

N’hésitez pas à commenter cet article pour y laisser vos impressions.
A la prochaine !

*On appelle mouvements les parties d’un morceau classique de type instrumental