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Gan Gah, une oasis dans le désert

Issu d’une génération Y de la région du Souss, Gan Gah est probablement l’un des pionniers du courant musical Moroccan Bass, une musique quasiment inexplorée qui voyage entre rythmes maghrébins et musique électronique moderne. Perdu dans le désert dominical de nos tendres ruelles bruxelloises, on a trouvé refuge dans une oasis luxuriante qui n’échappera pas à votre curiosité. Suite à l’annonce de la sortie de son premier Souktronics EP le 28 novembre sur Low Up Records, on a décidé d’envoyer un typhon de lumière sur l’incroyable panel de productions que notre personnage garde en secret dans son studio.

BC: Avant on te connaissait sous le nom de Five’O, explique-nous cette transition vers Gan Gah ?

Gan Gah: Five’O, c’était pour les productions hip-hop. Les gens pensaient que c’était une dénomination que j’utilisais pour dire “flic” mais en fait c’est une référence à un trick de skateboard. Gan Gah, ce n’est pas un changement, c’est un nouveau projet qui n’a plus rien à voir avec le hip-hop. Gan Gah ça reflète mes origines, ça veut dire tambour de gnawa en berbère.

BC: Comment as-tu commencé à faire de la musique ?

Gan Gah: J’ai commencé à faire de la musique dans les rues d’Agadir (région de Souss) avec les carnavals de Gnawa. On construisait des tambours avec du plastique épais mais maniable, quasiment comme celui sur les caisses claires. Aussi, on prenait des grosses boîtes cylindriques du lait de la marque Nido ou sinon des grosses boîtes en aluminium de peinture. Après, on fixait le tout avec des cordes et notre “ganga” homemade était prêt. Du coup, on jouait comme ça dans la rue (il imite des percussions avec sa bouche) avec des chants qu’on connaissait depuis l’enfance, à force d’écouter ça on les a retenus naturellement. Des fois quand on avait pas les moyens, on traînait dans la rue et on reproduisait nos rythmes sur les capots des voitures. On s’amusait comme ça pendant l’enfance. J’avais jamais pris de cours, j’apprenais tout en autodidacte. Puis un jour, mon pote m’a demandé si j’étais chaud d’essayer le logiciel Ableton. Je l’ai installé et puis je me suis amusé un peu à la maison avec mes potes du quartier. J’ai créé énormément de trucs là-bas, mais en même temps je sentais que j’avais besoin de matos plus solide.

Ensuite, j’ai du arrêter la musique pour me consacrer à mes études. Par après, je traînais avec mon ordinateur au Floréo, c’était comme mon QG, c’est ma famille maintenant, c’est comme des vrais frères. Une fois, ils m’ont invité à mixer là-bas, c’était cool. J’ai continué à faire de la musique, j’ai passé un morceau à Crapulax, puis un autre et puis encore un autre. Après on a commencé à sélectionner les morceaux jusqu’à trouver le bon équilibre. Je suis rentré dans le crew Bunker (Crapulax, Lanceflow, Carlsberg Slim et DJ Proceed) en tant que beatmaker. Mais je voulais faire plus que du hip-hop, j’ai essayé la trap mais finalement j’ai jamais été fan de l’esprit commercial dans lequel cette merde est conçue. Mais je comprends quand même la galère de certains musiciens qui finissent par accepter des contrats bidons avec certaines maisons de disques.

BC: D’ailleurs, c’est quoi ton avis sur l’actuelle commercialisation de la musique ?

Gan Gah: Avec la découverte de Low Up et Pelican Fly, mes idées ont beaucoup changé. J’aime bien leur musique, c’est très underground. J’aime beaucoup leur manière de penser. Le label Low Up a une philosophie à laquelle il se tient complètement. L’important c’est pas la thune, c’est la musique. La thune elle vient après. C’est facile de se faire de la thune. Tu peux travailler et avoir blindé de thunes, c’est ce que je me suis dit.

 

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Photo: Julien Vanden Bussche

BC: Comment la connexion s’est faite avec Low Up Records?

Gan Gah: La première fois que j’ai vu le nom Low Up c’était sur un sticker que j’ai vu à Saint-Gilles. Puis j’ai fait la connaissance de Max Le Daron. En fait, on s’est connus via un pote, Marvy Le Pimp. Et après on a gardé contact Max et moi. Je l’ai invité une fois à une soirée au Zebra Bar pour mixer. Par après, il est venu me proposer un projet pour Joey Le Soldat. C’est un rappeur qui a participé à la révolution au Burkina Faso. C’est un bon gars, il a un bon fond même si je ne l’ai jamais vu je fais entièrement confiance à Max. En fait, on bosse sur un projet qui va s’appeler JoMaGa; Joey, Max et Gan Gah. Du coup, le projet consiste en un trio avec lequel on s’imagine jouer en live pour des festivals. Ça devrait sortir en 2016, c’est déjà enregistré mais on doit encore se pencher sur l’arrangement et tout ça. C’est un projet avec le label de Benjamin Lebrave, Akwaaba Music, tout a été enregistré là-bas. A part ça,  j’ai pu faire la connaissance de DJ Mellow lors d’une soirée Low Up où il m’a motivé à produire encore plus de musique. Depuis cette rencontre, je n’ai pas arrêté de composer. J’ai déjà 30 à 40 tracks de prêtes pour les sortir sur Low Up.

BC: Parle-nous un peu de ton premier Souktronics EP que tu sors sur Low Up Records le 28 novembre ?

Gan Gah: L’idée de l’EP, c’est surtout de montrer aux gens ce que je fais comme musique. Ça fait longtemps que je travaille là-dessus et c’est aussi un engagement envers Low Up. C’est un EP qui se colle à la philosophie de LowUp mais avec une nouvelle “touch” propre à ma personne. C’est aussi pour prouver qu’il y a de la musique électronique arabe qui peut percer.

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Tim Colmant

Sur le morceau Eywa, je me suis inspiré de la jersey. J’ai vu qu’au niveau BPM ça collait très bien avec la musique égyptienne et marocaine. Alors je me suis dis, “Ah mais pourquoi je ne mélangerais pas les deux?”. J’ai tenté de jouer le violon, sampler quelques trucs tout en les mélangeant avec des voix arabes. J’aime beaucoup créer ce qui est différent, c’est un défi pour moi. Pour le moment c’est la musique très groove qui me plait, les sons qui font danser tu vois ?

Kasbah, c’est l’époque où j’écoutais Tchaikovsky. Je respecte tellement ce type là. Ce genre de compositeur planqué au fin fond du monde en Russie en train de composer cette musique par écrit.

The Snake Dance, c’est un mélange de kuduro avec du UK. A un moment dans le morceau, j’ai cassé la rythmique avec un peu de trap on va dire. Je me suis dit pourquoi pas, ça pourrait vraiment bien donner. Comme quoi, j’aime quand même bien la trap même si j’ai jamais réussi à produire une track dont je serais fier. Mais en tout cas, le passage sur ce morceau passe bien. C’est le morceau club par excellence de l’EP.

Au niveau des arrangements j’ai travaillé avec DJ Mellow et Max Le Daron qui m’ont beaucoup aidé. Et pour le mastering, c’est l’anglais Almost qui a déjà fait du très bon taf pour les autres sorties de Low Up.

BC: Concernant les nouvelles technologies de mixage et de mastering comme Landr, est-ce que tu te verrais utiliser ce genre d’outil à l’avenir ?

Gan Gah: Non jamais, il faut toujours avoir une touche humaine selon moi. Un être humain est irremplaçable avec une machine quand il s’agit d’enregistrer ce type de musique. Tu peux programmer avec tout ce que tu veux mais il faut avoir l’erreur d’une milliseconde. Parce que le kick que je vais jouer sur cette séquence, je ne vais pas le jouer de la même manière sur l’autre séquence tu vois?

BC: Mis à part la musique, tu fais quoi pour pouvoir vivre tous les jours?

Gan Gah: Pour l’instant je ne travaille plus, j’ai beaucoup travaillé dans l’horeca. À un moment, il faut arrêter parce que c’est un monde à deux balles, trop d’alcool et tout. Mais je veux continuer des études après. Pour l’instant je mixe par-ci par-là et je vends mes morceaux.

 C’est grâce à ma femme en fait. J’étais très dispersé, je ne faisais que mixer, je ne composais pas et j’étais dans la déglingue. Depuis que je suis avec elle, je trace mon avenir.

BC: Est-ce que tu te vois entièrement vivre de la musique ?

Gan Gah: Je me projette, c’est pas difficile. Mais à un moment donné, il faut quand même travailler. J’ai pas envie de me retrouver comme DJ dans 30 ans, je vais apprendre le clavier et je vais me retrouver avec un jazz band puis surement apprendre le saxophone (dit-il en touchant le saxophone dans son studio).

BC: Est-ce que c’est facile de vivre de la musique en Belgique selon toi ?

Gan Gah: Non c’est pas facile. Regarde, tu t’achètes du matos de malade mental et t’as des bêtes rappeurs qui ne respectent pas le travail du beatmaker. Une fois, je me suis salement embrouillé avec un de ceux-là. Il m’a dit: “Passe moi 3 morceaux s’il te plait”. Ce gars a cru que j’avais besoin de faire de la promo pour ma musique, comme si j’étais une machine. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai arrêté de travailler avec n’importe qui et que je taffe qu’avec Bunker maintenant.

BC: Qu’est-ce que tu penses de cette nouvelle tendance de la bass music à se diriger vers des samples plus ethniques ?

Gan Gah: En fait Dengue Dengue Dengue par exemple, c’est des gens qui utilisent leur musique locale. Je vais pas être méchant avec Clap! Clap!, c’est bien ce qu’il fait, y a certains morceaux qui tuent mais y a beaucoup de samples qu’il ne transforme pas, il ne compose pas totalement au final, c’est très brut. Idéalement, il faudrait que les musiciens européens essayent de comprendre les rythmes des locaux. La facilité avec Ableton c’est que tu peux quantizer et tout mais ça ne marche pas comme ça, il faut vivre un peu avec le truc, là tu vas apprendre beaucoup de choses. Moi, je viens de là-bas alors je repère les erreurs plus facilement. Je ne vais pas dire que je suis parfait, moi aussi je fais des erreurs dans certaines compositions. Sauf qu’il y a ce manque de compréhension du rythme, il faut essayer de le jouer, il ne suffit pas d’avoir un ordi et d’avoir un logiciel. Il faut vraiment comprendre le truc, c’est ça l’erreur qui est répandue actuellement.

 

Photo: Julien Van Den Bussche

Photo: Julien Vanden Bussche

BC: Et toi, comment procèdes-tu dans tes compositions musicales ?

Gan Gah: Moi j’essaye de tout composer. C’est comme un compositeur blédard tu vois, il va prendre un clavier, il va chercher un rythme, il va tout faire de A à Z. Comme sur ce morceau là en fait (démonstration d’un rythme de moroccan bass). Je prends des loops de drumlines sur des forums, ça me facilite la tâche et puis après je les décompose et les rejoue à ma propre sauce. À l’avenir, j’aimerais retourner au Maroc et travailler avec des artistes de là-bas. J’ai envie de faire de la musique qui pourrait trouver un compromis entre les marocains et les européens.

BC: Qu’est-ce qui t’as motivé à produire de la musique ?

Gan Gah: C’est grâce à ma femme en fait. J’étais très dispersé, je ne faisais que mixer, je ne composais pas et j’étais dans la déglingue. Depuis que je suis avec elle, je trace mon avenir. Avant d’arriver à faire de la bass music, il m’a fallu 1 an de réflexion. Je produisais des trucs, genre des remixes future bass de Michael Jackson un peu trappy comme ça. J’ai jamais rien sorti de ça en fait, je ne sais pas pourquoi mais je ne le sentais pas trop je pense. C’est avec ma femme qu’on teste ma musique. Quand je finis un morceau, on danse ici dans le studio pour valider le son.

BC: Qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ère du téléchargement et du streaming musical?

Gan Gah: Dernièrement, Red Bull Elektropedia a balancé une de mes tracks en exclusivité. Au final, ils ont eu un problème de copyright avec Itunes. C’est vraiment une connerie à deux balles, leur mère avec SoundCloud et toutes ces conneries. Pour moi, la musique doit être créée pour tout le monde. Le prix que tu vas payer pour un morceau, ça ne va pas enrichir les artistes. C’est jouer dans des clubs qui va t’enrichir, c’est faire des tournées. Les gens ont besoin d’écouter de la musique, on créé pour partager. Les rappeurs des années 90 en avaient rien à foutre que leurs albums se vendent ou pas, ils voulaient juste partager leur art. La musique que je fais là, c’est comme ce qu’il s’est passé avec la transition de la funk au hip-hop. Moi je crée de la moroccan bass, à travers la musique populaire qu’on joue dans les mariages marocains. A chaque mariage, t’as plein de marakchia, des gars qui font des percussions, mais aussi de la nira, une sorte de cuivre.

Avant tout, je m’inspire de moi-même, je regarde ce qu’ont fait mes ancêtres, je ne vais pas très loin.

BC: Quelle est la scène musicale que tu suis le plus en ce moment ?

Gan Gah: Ce que j’écoute beaucoup en ce moment c’est la Durban House d’Afrique du Sud. Le crew Ghetto Boyz avec DJ Mujava et tout. Sinon hier, j’ai fait une track que je kiffe trop (intermède où on écoute sa track). Tu vois ça, c’est encore autre chose, ça vient du Portugal. Là-bas ils ont aussi développé un côté underground grâce à des gars comme DJ Nigga Fox ou encore DJ Firmeza. Je les connais pas bien, mais j’aime bien leur musique. En fait, j’ai remarqué que cette musique se rapproche beaucoup des percussions qu’on joue au Maroc. Chez les marocains, il y a beaucoup d’instruments, dans le reste de l’Afrique, les instruments sont construits d’une manière différente. Mais au niveau du groove, le swing reste très similaire.

BC: Qui t’a fortement marqué en Belgique pour le moment ?

Gan Gah: Avant tout, je m’inspire de moi-même, je regarde ce qu’ont fait mes ancêtres, je ne vais pas très loin. J’écoute tu vois. J’ai écouté Richelle, le dernier mix que Pelican Fly a publié. Mais aussi DJ Mellow parce qu’il a un groove de fou. Avec très peu d’éléments, il parvient à composer un morceau bien complet. C’est rare de rencontrer un gars pareil, il est très intelligent. Toute la clique de Low Up aussi, Max je kiffe bien ses mélodies, il a un côté très original. Dave Luxe aussi j’aime bien, il a un bon succès. Il fallait qu’il voyage, qu’il change de pays. Pendant la soirée de son départ, j’avais mixé avec lui au Floréo et il m’avait dit “Putain, maintenant que je sens que je suis entouré de bons potes, je vais bouger au Canada”. Et je lui ai dit : “Mec vas-y, change de pays, tu vas voir tu vas te mettre bien, tout va bien. Moi si j’ai quitté le Maroc c’était pour changer tout, recommencer un nouveau truc”.

BC: Où-est ce que tu aimerais vivre prochainement ?

Gan Gah: Maintenant je pense à m’expatrier soit au Maroc soit en Norvège. Mon meilleur pote Moe Chakiri est photographe dans le crew norvégien Mutual Intentions. On se connaissait du bled, c’est un marocain qui est né en Norvège. Selon moi, ils ont plus de respect pour la scène musicale, ils valorisent tout ce qui est artistique, ils donnent de l’importance à tout ce qui peut se faire de bon.

BC: Il est certain que les pays scandinaves ont une mesure d’avance sur nous. Parlons un peu de ton expérience en tant que Marocain en Belgique. Comment ça s’est passé? Quelles difficultés as-tu rencontré?

Gan Gah: Moi je trouve ça très facile mec! Le seul problème que l’on rencontre au début, c’est l’intégration sociale. Bruxelles c’est comme une pyramide, il suffit de connaître une seule personne pour pouvoir en rencontrer plein d’autres. Tu sais, en économie politique et sociale on a développé ce concept d’individualisme, on a créé une indépendance à tout le monde. T’as pas de boulot, t’as quand même le chômage et une maison. Moi je suis contre cette idée de ne pas travailler. Mais je comprends quand même certaines personnes qui veulent profiter de l’Etat. Car quand tu travailles on te taxe blindé et quand tu ne travailles pas on te taxe moins (rires). Il ne faut surtout pas être timide. Moi je ne suis pas comme ça, je suis né dans un endroit populaire. Même si je ne connais pas la personne avec qui je parle, je suis toujours prêt à aider mon prochain. Si il a besoin de manger ou de boire, je vais lui donner à manger et à boire si il toque à ma porte. Au Maroc, je laisse ma porte ouverte et je peux être sûr que personne ne va rentrer chez moi. Je suis né dans cette dynamique, du coup je peux dormir chez les voisins et les voisins peuvent dormir chez moi, tranquille quoi.

Le principal obstacle à l’intégration c’est la connaissance de l’autre. À force de fréquenter de nouvelles personnes, tu commences à améliorer ton vocabulaire et tu t’exprimes mieux en français. Il faut toujours faire en sorte que tout se passe bien, qu’il n y ait que de la bonne énergie. Il ne faut jamais parler de tes problèmes aux gens parce que ceux-ci s’intéressent qu’aux bonnes nouvelles. Sauf tes vrais potes, tu peux leur en parler et ils vont t’aider à les résoudre. Mais si tu commences à raconter ça à quelqu’un que tu viens de rencontrer, ça sert à rien, ils ont déjà leurs problèmes à régler. C’est comme moi, j’ai aussi envie de faire assistant social, j’ai déjà des problèmes à résoudre mais je vais quand même me prendre la tête à résoudre les problèmes d’autres personnes (rires).

 

La release party pour le Souktronics EP se passera le samedi 28 novembre au Beursschouwburg. Venez faire la fête avec nous, ça risque d’être mémorable ! On vous a d’ailleurs réservé une petite surprise à ce sujet.

 

L’Atlas du producteur Branko

Le label Enchufada Records recense la majorité de la nouvelle scène électronique lusophone. Animé par des percussions tribales mêlées aux sonorités électroniques occidentales, le label portugais est la première piste à suivre pour s’introduire dans cette jungle musicale. Cette fois-ci, Branko (co-fondateur du collectif Buraka Som Sistema) illumine la voie avec son nouveau projet international Atlas! qu’il sortira le 4 septembre.

La première track Let Me Go est déjà en écoute sur soundcloud. Vous aurez droit à une nappe de synthés galactiques avec quelques skillz du beatmakeur hawaïen Mr Carmack et de la chanteuse sud-africaine Nonku Phiri. Un nouvel Atlas se construit, et nous on attend ça avec impatience.

[fap_track url=”https://soundcloud.com/brankoofficial/branko-let-me-go-feat-nonku-phiri-mr-carmack” title=”Branko – Let Me Go (feat. Nonku Phiri & Mr. Carmack)” share_link=”” cover=”http://beatchronic.com/wp-content/uploads/2015/07/Branko.png” meta=”” layout=”grid” enqueue=”no” auto_enqueue=”no”]

Le grimoire d’Alexandre Francisco Diaphra

Aujourd’hui, la scène musicale électronique de Lisbonne rayonne somptueusement et développe une identité propre à elle. Le Portugal est un pays où se croisent un amas de cultures différentes provenant essentiellement du monde lusophone: le Brésil, le Cap-Vert, l’Angola, la Guinée-Bissau, Sao Tomé-et-Principe, le Timor Oriental, Macao ou encore le Mozambique. Un brassage de cultures qui a permis l’émergence de plusieurs styles musicaux dont le “kuduro” ou encore la “kizomba“.

Provenant de la Guinée-Bissau et vivant actuellement à Lisbonne, Alexandre Francisco Diaphra est un artiste plus qu’éclectique qui mérite entièrement le détour. Il commencera sa carrière en remportant la 1ère place de l’International Poetry Slam à Rio de Janeiro. Ensuite, il rejoindra le collectif Batida en tant que rappeur et tournera partout en Europe. Aujourd’hui il vous présente enfin son premier projet solo issu directement de son imaginaire cérébral.

Avec Diaphra’s Blackbook Of The Beats, il nous guide tel un marabout à travers une aventure épique parsemée de samples afro-spirituels caractérisés par les saccades propres à l’absence de quantization. Cet artiste a démontré une fois de plus sa pluridisciplinarité. Il alimentera sa musique d’une écriture percutante qu’il retranscrira oralement grâce à la poésie, au rap mais aussi au chant. Grâce au savoir-faire du label suisse Mental Groove Records, le projet a pu être diffusé mondialement avec une sortie digitale et une sortie physique. Mr Diaphra a réalisé un mini-film purement lo-fi pour les plus impatients d’entre vous. Une oeuvre audiovisuelle où il nous expose son univers atypique composé de sessions productions dans le tram de Lisbonne avec sa SP-404, de réveils enflammés, ainsi que l’écriture de ses vers poétiques sur un miroir.

Il vous aura prévenu grâce à cette phase de Kool Keith: “Now my helmet’s on, you can’t tell me i’m not in space”